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Contes et nouvelles - L'arbre qui chante
L'arbre qui chante
Ce titre me rappelle un livre pour enfants...
Voici les paroles " Le bûcheron " interprétées par Yves Duteil : http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I07261171/yves-duteil-le-bucheron.fr.html Il a fallu qu'un jour un bûcheron se lève, Abatte un beau cyprès pour vendre à la scierie, Qu'un amateur de bois, pour faire sécher la sève, Attende patiemment la moitié de sa vie. Il a fallu qu'un jour un bateau le transporte Et qu'un vieil artisan le préfère au sapin, Que je m'arrête enfin sur le seuil de sa porte Et qu'avec un sourire, il m'ait serré la main. Voilà comment, ce soir, je joue sur ma guitare L'incroyable voyage à travers les années D'une graine emportée par un vent dérisoire Pour devenir guitare au fond d'un atelier. C'est la chaîne sans fin des détails innombrables Qui fabrique nos jours et ressemble au destin, Qui fait tomber la pluie sur les déserts de sable Et s'épanouir les fleurs au cœur de mon jardin. Chacun n'est qu'un maillon de cette chaîne immense Et ma vie n'est qu'un point perdu sur l'horizon Mais il fallait l'amour de toute une existence Pour qu'un arbre qui meurt devienne une chanson Dont les mots, par hasard, par des sentiers bizarres Vont trouver leur bonheur au bout de nos chagrins Et le temps, peu à peu, s'endort dans nos mémoires Pour nous faire oublier qu'au début du chemin C'est la chaîne sans fin des détails innombrables Qui fabrique nos jours et ressemble au destin, Qui fait tomber la pluie sur les déserts de sable Et jaillir la musique aux doigts des musiciens. Je n'étais qu'un maillon dans cette chaîne immense Et ma vie n'est qu'un point perdu sur l'horizon Mais il fallait l'amour de toute une existence Pour qu'un arbre qui meurt devienne une chanson. Mais il fallait l'amour de toute une existence Pour qu'un arbre qui meurt devienne une chanson. Paroles et Musique: Yves Duteil ![]() Les enfants regardaient par la fenêtre. Leurs yeux un peu tristes fixaient au milieu du jardin l'arbre mort qu'on ne s'était pas encore décidé à couper. L'arbre aujourd'hui abandonné avait été le témoin de leurs confidences et de leurs jeux, et maintenant papa et tonton allaient le couper. Les oiseaux eux-mêmes ne se percheraient plus sur ses branches désormais sèches. - Dis tonton ? Tu vas le couper l'arbre mort ? Les enfants incrédules se sont tus. Le temps passa. La neige se mit à fondre et les pluies de printemps lavèrent sur le flanc de la colline les dernières traces de l'hiver.
![]() Par contre, par amour des arbres, une vocation était née. Le visage décidé G. murmura un jour : Je consacrerai ma vie à sauver la nature. La nature ne peut pas mourir. Elle se renouvelle et nous devons l'aider. Je planterai des arbres que l'humidité fera grandir et frémir même sur le Causse. Ils auront seulement besoin de ma volonté et de mes soins. Je construirai avec le bois de beaux objets grands et petits... Par un matin d'hiver de l'année suivante. Un de ces matins glacés, blancs et secs où le givre, les rares plantes pétrifiées, pétillent, étincellent sous le soleil les enfants se précipitèrent aux fenêtres. Il avait neigé toute la nuit et les flocons moins serrés voltigeaient encore comme de rares et légers papillons blancs. Tout semblait endormi et la terre environnante éclatait de lumière, de pureté et de blancheur dans le grand silence pétrifié. Le soleil froid et lumineux jouait avec le paysage. La paix environnante enveloppait la maison de mystère et de réconfort. La mère songea avec tristesse à la nudité des oiseaux et des arbres, à la solitude de certains hommes symbolisés par l'arbre mort du jardin que les hommes ne s'étaient pas encore décidés à couper. ![]() Par contre, dans la maison une douce chaleur émanait du feu de bois qui crépitait de bien-être. Le front appuyé contre la vitre, les enfants eux songeaient aux joies nouvelles que leur apportait l'hiver, à l'approche des jeux dans la neige, des fêtes de Noël et du nouvel an. Leur regard malicieux, perdu dans la buée dont ils couvraient la vitre pétillaient comme le givre au soleil au-delà de la vitre. Soudain les yeux des enfants s'assombrirent. Ils s'aperçurent qu'il manquait quelque chose au paysage. C'était le vieil arbre mort. A sa place il n'y avait plus qu'une large souche assez haute cependant et quelques grosses branches dénudées dont on se demandait à quoi elle pourraient servir !... Sur le sol demeuraient de l'ancien vieux géant, quelques brindilles et un petit tas de sciure. C'était l'écroulement de leur rêve. Papa et tonton les avaient bel et bien trompés. Dans le salon, la chaleur soudain leur parut moins douce et l'odeur du feu moins réconfortante. Au fil des jours pourtant, les enfants finirent par oublier leur vieil ami disparu et alors que les beaux jours avaient entouré de soins un nouvel arbre planté par G, les enfants avaient haussé les épaules. Il en faudra du temps avant qu'il ne soit grand comme leur ancien compagnon de jeux ! - Je sais sourit G, mais celui-ci sera géant, et il poussera vite; c'est un séquoia ! L'année suivante amena un nouveau matin de noël. Le séquoia dressait déjà avec vigueur ses jeunes pousses, mais... appuyé sur ses branches toujours vertes, agitées par le vent et, à cheval sur la vieille souche une grande cabane attendait les ébats et la joie des jeunes. L'arbre était bien mort, il ne chantait plus, mais il servirait encore. Aussi lorsque les enfants rentraient de l'école, ils abandonnaient au plus vite les sacs de classe et se précipitaient chaque soir, chaque jour de vacances dans les branches offertes. Le temps passa..Les neiges successives, les pluies de printemps, les orages d'été lavèrent les flancs de la colline pendant toutes les années d'adolescence des enfants. Ils avaient grandi, les jeux dans les arbres étaient moins récréatifs, moins turbulents. Certains allaient y lire les soirs d'été. L'école prenait plus d'importance, on apprenait la musique...
Une fois encore le paysage s'était endormi dans un grand silence glacé. Et la lumière qui filtrait partout était plus blanche que celle des autres matins. Un paysage d'hiver dans sa nudité hostile les environnait encore. Le front appuyé contre la vitre malgré le feu craquant dans son dos, la mère, un peu plus âgée, songeait " tout ce qui arrive ", le mal, l'angoisse, la mort, c'est toujours l'hiver qui l'apporte. Date de création : 14/03/2012 @ 11:35
Dernière modification : 16/03/2012 @ 21:16
Catégorie : Contes et nouvelles
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