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Les couleurs du temps
 
Guy Béart
 


La mer est en bleu entre deux rochers bruns.
Je l’aurais aimée en orange
Ou même en arc-en-ciel comme les embruns
Étranges

{Refrain:}
Je voudrais changer les couleurs du temps
Changer les couleurs du monde
Le soleil levant la rose des vents
Le sens où tournera ma ronde
Et l’eau d’une larme et tout l’océan
Qui gronde

J’ai brossé les rues et les bancs
Paré les villes de rubans
Peint la Tour Eiffel rose chair
Marié le métro à la mer
Le ciel est de fer entre deux cheminées
Je l’aurais aimé violine
Ou même en arc-en-ciel comme les fumées
De Chine

{au Refrain}

Je suis de toutes les couleurs
Et surtout de celles qui pleurent
La couleur que je porte c’est
Surtout celle qu’on veut effacer
Et tes cheveux noirs étouffés par la nuit
Je les voudrais multicolores
Comme un arc-en-ciel qui enflamme la pluie
D’aurore

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde
Les mots que j’entends seront éclatants
Et nous danserons une ronde
Une ronde brune, rouge et safran
Et blonde

 

 

 

 

Ecrire des romans - Tome 3

 

Quitte ou double



Ce roman va bientôt être publié.

"J'aime ceux qui ne savent vivre qu'en sombrant, car ils passent au-delà " Nietzsche

 

Chapitre  1

Rétrospective d'un vieux pionnier


 

Le salon moderne, meublé de fauteuils en étoffe fleurie, communiquait avec la salle à manger. La plupart des objets anciens que l'on pouvait y voir avaient été rapportés du C, la ferme d'origine familiale : des vases, une pendule Comtoise française, des carafes, des piles d'assiettes en porce­laine de Limoges... la pièce au sol de planches, lambrissée à hauteur d'appui, les parois tendues d'un papier peint resplendissaient du soleil matinal qui dardait aussi ses rayons sur les bahuts et la cheminée en pierre dont le foyer toujours  propre attestait qu'il ne s'y faisait du feu que dans les grandes occasions. Par la fenêtre, on apercevait un coin du parc, les toits et les grands immeubles de San Francisco.
Un vieillard entra. Il portait un costume clair et une cravate à carreaux, une grosse chaîne d'or barrait son estomac. Il se déplaçait, traînant la jambe, un bâton à la main. Les yeux du maître de ces lieux, semblaient globuleux, petits, derrière les lunettes.
Chacun préparait son anniversaire. La veille, alors qu'on sortait les verres, la vaisselle, son vieux cœur de 102 ans, dilaté d'orgueil et de plaisir, à la perspective du lendemain avait failli oublier de battre.
Puis le moment d'angoisse passé, sa dame de compagnie lui décrivit les apprêts de la fête et ils rirent  ensemble.
- Nous avons commandé les menus chez l'imprimeur. Il y aura une cérémonie comme vous les aimez, et ceux de France vous enverront du courrier.
Survolté par les souvenirs et comme étranger à l'instant, A. s'installa devant la longue table couverte d'une toile cirée et parce qu'il commençait un peu à perdre la mémoire, il réclama les albums de photos. Muni d'une loupe, il retourna longuement les différents clichés, l'un après l'autre, pour retrouver les dates, les lieux. Ju., un de ses frères, au volant de sa voiture, lui-même fumant sa pipe dans le hall de son hôtel, sa fille Y. à dos de mulet, en France, quand elle était enfant...
C'est à l'âge de 92 ans, qu'il avait vu pour la dernière fois sa maison paternelle. Sa nouvelle jeune femme le menait par le bras, il marchait, la silhouette voûtée, alourdie. Au moment du départ, en serrant longuement la main calleuse et ridée, chacun pensait à juste raison qu'il allait formuler un adieu sans lendemain.
- Je mourrai là-bas, mais je ne pourrai jamais au fond de moi-même, oublier mon pays, précisa-t-il, ému.
Le plus vieux membre de la colonie française, hôtelier à San Francisco pendant près de quatre-vingts ans, trouvait que tout s'était vite écoulé, bien qu'il eut connu un destin hors du commun : " Je n'étais ici que de passage " soupira-t-il. " Mourir n'a aucune im­portance, l'ennuyeux est de cesser de vivre ".
A. abandonna son album. Au loin, les bateaux, sillonnaient la baie. Après un ciel radieux qui avait blanchi la ville, le jour descendait en brume colorée. A. parcourut d'un œil rêveur la rue, en bas de son immeuble où pendant des années, il avait fait sa promenade quotidienne. Il avait abandonné depuis peu  cette activité digne d'un grand vieillard. Il y marchait alors à petits pas bien réguliers, passant lentement, appuyé sur sa canne, devant l'échoppe du coiffeur, de la manucure, devant le cireur de chaussures; il rasait les maisons, les boutiques et saluait d'un geste de la main car il connaissait presque tout le monde. Au coin, il s'arrêtait un instant devant le petit crieur de journaux qui se faisait arracher les dernières éditions. Puis, suivant invariablement les mêmes itinéraires, il traversait, et prenait la direction du parc au gazon vert, sans cesse arrosé par un jet tourbillonnant.
Aux heures d'affluence, les funiculaires tirés par un câble souterrain, gravissaient les pentes. Au centre de la machine, un mécanicien manœuvrait d'énormes leviers, à l'avant, un wattman entrait en action quand, en terrain moins accidenté, le véhicule bruyant, redevenait tramway. Ces engins gênaient la circulation mais ils faisaient faire les plus agréables promenades à l'intérieur de la ville et la foule les prenait d'assaut dans l'agitation du soir. A. se perdait dans les murmures du carrefour, le bruit des téléviseurs qui animaient les bars, des avertisseurs sonores, le hurlement des voitures de pompiers...Tout cela commençait à devenir du passé.
Le facteur sonna. Déjà, les cadeaux commençaient à affluer, les hommages également. La femme d'A. déposa sur la table différentes missives, quelques mots personnels du directeur de la Sécurité Sociale, Robert Ball : de G.R.Moscone, représentant San Francisco et chef du Parti Démocrate, de Milton Mark et de Tom Carrel, tous trois sénateurs... Le lieutenant Gouverneur Ernest Mobley félicitait A. pour ses années gagnées sur la mort :" Vous avez vécu une vie longue et en pleine mutation. Vous avez été un des pionniers de l'Ouest et vous avez également connu le premier homme qui a marché sur la lune ".


Pour lire la suite, allez dans mon journal

 

Date de création : 04/01/2008 @ 08:32
Dernière modification : 07/03/2013 @ 07:13
Catégorie : Ecrire des romans
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Réaction n°1 

par Monediaires le 20/05/2013 @ 11:48

Les grands éditeurs se spécialisent et rarement dans les romans... Les éditeurs régionaux utilisent des lecteurs bénévoles pour leur choix et ne publient pas les gros ouvrages. " A l'heure actuelle, les frais pour un tel ouvrage sont tels que nous n'en avons pas les moyens pour que cela puisse se vendre à un prix raisonnable. "

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