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Les couleurs du temps
 
Guy Béart
 


La mer est en bleu entre deux rochers bruns.
Je l’aurais aimée en orange
Ou même en arc-en-ciel comme les embruns
Étranges

{Refrain:}
Je voudrais changer les couleurs du temps
Changer les couleurs du monde
Le soleil levant la rose des vents
Le sens où tournera ma ronde
Et l’eau d’une larme et tout l’océan
Qui gronde

J’ai brossé les rues et les bancs
Paré les villes de rubans
Peint la Tour Eiffel rose chair
Marié le métro à la mer
Le ciel est de fer entre deux cheminées
Je l’aurais aimé violine
Ou même en arc-en-ciel comme les fumées
De Chine

{au Refrain}

Je suis de toutes les couleurs
Et surtout de celles qui pleurent
La couleur que je porte c’est
Surtout celle qu’on veut effacer
Et tes cheveux noirs étouffés par la nuit
Je les voudrais multicolores
Comme un arc-en-ciel qui enflamme la pluie
D’aurore

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde
Les mots que j’entends seront éclatants
Et nous danserons une ronde
Une ronde brune, rouge et safran
Et blonde

 

 

 

 

Ma vie - Mon passé ( suite )

Ma vie : mon passé  ( suite )

Pour connaître ce qui précède, cliquez sur le lien suivant :
 

Ma vie - Mon passé

 

Seuls face à un désert, à l'immensité d'un paysage brûlé, aride... On est comme face à son destin. J'ai éprouvé ce sentiment en Inde...

 

Souvenirs du Maroc dans les années 70

 

 

Les souvenirs de vie passée se parent souvent de douceurs ou de rejets inventés suivant l'humeur au moment du retour des images...
Nous avons donc vécu plusieurs années, au Maroc, mon mari et moi. Mon mari y était allé pour son service militaire. Il devait deux ans d'enseignement. Finalement il y est resté 12 ans. Je l'ai rejoint et j'y ai vécu 8 ans. L'été lorsqu'il commençait à faire chaud nous allions en France. La chaleur y devenait étouffante pour nous. A 30° les français se plaignent !!! Chez eux, l'été, il peut y avoir 45° voire 50° dans le désert; heureusement c'est une chaleur sèche. Pour avoir beaucoup voyagé dans le monde, je sais faire la différence entre une chaleur sèche et la moiteur étouffante !!!

Je m’habituais peu à peu à ma nouvelle vie. Avec R. je  faisais des photos, surtout des photos des enfants, mon mari faisant les photos touristiques, des films super huit et des diaporamas. Lui s'occupait davantage de la technique, moi des idées. Nous faisions aussi des animations de jouets. J'avais gagné un concours pour l'une de mes photos qui était un reflet sur l'eau et qui ressemblait à une peinture. Mon mari en avait gagné plusieurs, mais la mienne était dans les premières places.

 

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Meknès en 1971

 

 

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Le thé à la menthe, très sucré, délicieux, qu'on vous offre si facilement, même dans les souks. Le pain...


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Les billets de dirhams avec la tête de Hassan 2 et la main de fatma, la main protectrice en bijou...


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Les épices et les fruits secs du souk...


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Le panneau stop sur les routes et le drapeau du Maroc



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La belle porte Bab Mansour de la médina de Meknès et des sigles divers


Si chaque façon d’aborder une œuvre est un choix et si l’œuvre d’art révèle toute sa richesse à celui qui est attentif, alors, la maternité, l’éducation, me paraissent comme des œuvres d’art.
Mes filles sont nées à Béziers ( je voulais qu'elles naissent en France ) parce que nous avions à l'époque un appartement au Cap.


 
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- Hier on est allé au Cap, le temps était superbe et la visibilité parfaite, on voyait clairement la côte espagnole et les Pyrénées depuis la Grande Conque.



L'angoisse pour les enfants,

Je me souviens de certaines remarques : Un tel apprendra plus vite à lire que votre fils. Alors qu'il savait déjà lire et je n'ai rien osé dire... !  Il n'est pas plus intelligent. Je n'ai jamais prétendu le contraire ! Mais mes enfants avaient des maîtres à la maison en permanence. Et ils ont tous les trois fait des études non pas brillantes, mais tout à fait honorables. Si notre fils avait eu un an d'avance comme notre fille, peut-être aurait-il pu aller plus loin dans ses études car seule la maladie l'en a empêché dès 20 ans ? Je ne comprendrais jamais pourquoi les enseignants du primaire sont si acharnés contre les parents qui ont des compétences et veulent aider leurs enfants d'un point de vue scolaire. Un sportif apprend son sport à son fils, un artiste communique son art, un chausseur choisit de beaux souliers. Pourquoi un enseignant ne peut-il aider ses enfants sans attirer les foudres des enseignants du primaire. Au nom de l'égalité qui n'existera jamais  ? Pour éviter l'ennui de ceux qui savent plus de choses et pourraient s'agiter ?

Le bac a toujours été une rude épreuve, pour eux, comme pour nous, les parents.
Et pourtant ils ont tous bien réussi un bac " s ".

Maintenant je sais qu'on ne peut rien faire pour les enfants. Leur avenir est entre leurs mains et j'ai du mal à faire partager ce constat aux enfants eux-mêmes, devenus parents à leur tour. L'expérience ne se communique pas. Chacun doit vivre sa vie, suivre son chemin.

 J'ai revu un de mes élèves. Je n'ai pas osé m'approcher. Il est paralysé depuis l'âge de 18 ans, à la suite d'un accident de voiture. Il doit en avoir 40 ? Je ne sais quoi dire dans ces cas-là. Ma collègue et amie a été plus courageuse et il l'a reconnue. Je pense souvent à lui quand je passe dans son quartier : une vie gâchée en une seconde dans les virages.
Le temps qui passe bien sûr transforme nos émotions, nos regrets, nos désirs.

C’est sans trop d’espoir que nous rechercherons nos premières impressions sur les lieux que nous avons connus autrefois ou aimés, pensait Proust, mais c’est la même chose pour les sentiments éprouvés ou les instants de bonheur, nous ne les éprouverons jamais plus exactement de la même façon ,parce que le temps qui modifie l’apparence des paysages et des décors modifie aussi les sentiments que nous éprouvions, parce que l’adulte, le vieillard qui les recherchera ne sera plus le même, l’effet de surprise n’agira plus et l’enthousiasme ou la déception s’émousseront. Les souvenirs sont des images évanescentes, comme les années.

La joie, la tristesse, la volonté que nous avons alors éprouvées ont déjà un passé.

Hélas, c’est quand ces moments deviennent rares ou lorsqu’ils risquent de ne plus se reproduire, que tout fuit, même notre besoin d'aider... qu’ils commencent à nous manquer. Et c’est aujourd’hui que je réalise toute l’horreur de la maladie de mon fils, que je pense à nos escapades dans les bois...

Tous ces moments de bonheur étaient situés à la fois dans l’espace, dans le temps et dans une pensée fugitive.

- 33 ans ( now 42 !!!) ensemble ton mari et toi !!! et sans coup de canif dans le contrat, c'est vraiment admirable, hélas, je ne pourrais en dire autant mais je ne regrette rien.

- Je n'ai pas dit sans petits heurts, mais jamais rien de bien grave. Chacun a son caractère bien affirmé. Mais bon, c'est la vie.


Confiance simple et spontanée qui faisait partie de moi où es-tu passée ?... Chaque drame de la souffrance et de l’angoisse nous transforme un peu. Mais dans la souffrance rayonne parfois encore le sourire d’I, la spontanéité de C, le calme placide, affectueux et moqueur de G. Grâce sans doute à l’amour de la nature, des petits enfants, à notre besoin de sincérité : symboles d’une société qui s’écroule, nous arriverons toujours à nous retrouver.
Si comme le pensait Proust le passé ne meurt pas à jamais, s’il reste enfoui dans les profondeurs de l’inconscient, il ne faut pas pour autant le regretter en permanence. Le temps s’écoule mais nous ne devons pas passer à côté du présent et les projets d’avenir sont comme les assises de la stabilité morale. Les impressions évanouies sont non seulement prêtes à reparaître, mais chaque instant peut apporter son lot de sensations. Si du passé rien ne subsiste après la mort des êtres, après la destruction des choses, ces sensations fugitives renaissent frêles, immatérielles mais bien réelles. C’est notre pensée plus profonde qui leur redonne vie.

Avec l'âge, dans notre vaste maison sans les enfants, je me rapproche des cheminées. Elles réchauffent mon corps et un peu mon ennui, lorsque les petits ne bourdonnent pas alentour...Lorsque la maison est solitaire surtout, il m'a toujours semblé que même les plus fortes canicules étaient incapables de réchauffer les nombreuses pièces. Quand je n'agis pas physiquement, j'y ai toujours froid. Peut-être est-ce un froid intérieur ?  Des êtres  qui ont su supporter la maladie, la peur ont parfois des rebonds tardifs dans la soudaine inaction. Parfois maintenant, je ne sais plus où je suis bien... Marseille, G. ??? Sans les enfants, suis-je devenue étrangère en tous lieux ? Je n'ai jamais été de nulle part. Je suis bien au milieu des petits enfants, des animaux, des oiseaux, dans les paysages chauds et ensoleillés aux vastes horizons, dans les coins intimes comme des nids douillets, dans les soirées tièdes remplies du chant des cigales et embaumées par la nature? Contradictions ? Peu importe... Je retrouve mes forces ou mon allant grâce à eux. Mais quand je pense aux malheurs possibles, alors je me sens bien. L'homme est ainsi fait qu'il lui faut le pire pour reconnaître le meilleur.


Notre petite famille a connu la période mystérieuse entre deux siècles celle qui nous situe comme au confluent de deux fleuves. Que m’apportera la rive inconnue ? Et surtout qu’apportera-t-elle à nos enfants?

 


Date de création : 15/07/2010 @ 20:24
Dernière modification : 03/02/2013 @ 18:10
Catégorie : Ma vie
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Réaction n°1 

par PLV le 08/01/2011 @ 15:06

Toujours bon de vous retrouver chère Mireille.

Parmi vos souvenirs et vos ressentis.

Une précision cependant : selon moi, un curé n'est pas toujours de mauvais augure ... Et les psychologues, pas toujours délicats. J'en connais même qui devraient se faire soigner ...

Non bien sûr...Mais je sais que ce curé, bien qu'il fût sympathique, de même que la psychologue d'ailleurs , ne seraient venus me soir s'ils n'avaient eu pitié d'une jeune femme, à l'hôpital, avec un cancer qui se guérit rarement !!! L'un venait pour le salut de mon âme, l'autre pour celui de mon esprit avant que je ne meure ! C'est pour cela que je les ai qualifiés d'oiseaux de mauvais augure. Ils étaient sans doute sincères, mais moi je croyais en ma guérison possible, eux non !!

Amitiés Mireille


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Une des devises des compagnons : ni se servir, ni s'asservir, servir.

 

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