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Guy Béart
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Ma vie - Mon caractère
Mon caractère ?
Ce qui vous arrive vous marque à jamais. Si quelque chose a été tué en vous quelque chose d’autre doit surgir également de l’expérience... Nous sommes au cours des ans toujours les mêmes et pourtant toujours différents. Nous connaissons tous l'assertion de Nietzsche : " Deviens ce que tu es ". C'est ce que j'ai toujours souhaité, en toute simplicité. Notre être est orienté sur une sorte d'aiguillage universel, mais sans aiguilleur. Nous sommes nos propres aiguilleurs. Le doute est une interrogation. Il peut être le pressentiment, l'impression d'une réalité différente. Il s'oppose à la certitude... Le doute après tout, peut être une démarche raisonnée, c'est le doute méthodique. Je chemine dans un état de conscience qui est celui du témoin impartial. Ce doute suspend la crédulité de l’opinion, il contrarie la propension du mental à croire enfermée toute vérité dans une formule définitive. Il empêche de croire aveuglément et incite à la vérification. Si en effet ce qu’un autre me dit est juste, je n’ai pas besoin de la persuasion. Il ne s’agit pas de croire, mais de comprendre. J'ai vu le jour à Marseille dans une famille sans plus de problèmes que les autres et surtout à l'horizon très limité ( quoique moins que d'autres ! mon père était Suisse, ma mère née loin de la France métropolitaine, )... mais j'ai beaucoup voyagé depuis, beaucoup lu, j'ai souvent été confrontée à des opinions diverses, j'ai vécu au Maroc, dans le Sud Ouest... Je ne serai plus jamais celle que j'étais autrefois. Ma mère me semble souvent étrangère depuis que j'ai appris d'autres leçons, d'autres façons de voir... J'ai parfois besoin de retrouver le passé ( à quoi se raccrocher ? Aux livres aimés ? à tout ce qui rappelle l'autre partie de nous depuis longtemps enfouie ) et ce passé ne m'appartient plus et pourtant il m'aide à ne pas tout accepter du présent. Mes goûts changent avec le temps, je me lasse de tout ce qui correspondait en fait à un rôle que je jouais en société. Je suis assez discrète, modeste, je ne sais pas. Mais c'est vrai que nous sommes tous réduits, dans l'opinion des autres à ce que nous révélons de nous-mêmes devant eux. J'adore ma petite famille. J'ai encore une âme d'enfant et j'apprécie toujours certains films d'aventure, historiques, policiers... Comme notre fils j’aime la rêverie, la nature, le charme de l’exotisme, des séjours riants et champêtres, des lieux pittoresques. Même les mousses flétries du Causse derrière la maison ont un charme que notre fils adolescent a su me faire apprécier. Le petit oiseau né sous le pilier de la terrasse qui sortait pour la première fois de son nid, osant déjà contempler le vaste ciel, la cime ondoyante du pin, du cèdre et des autres arbres tout comme les abîmes de verdure au- delà du tilleul familial... restent en moi comme un souvenir chaleureux. Je suis tour à tour tendre, humaine, fière ou agressive. Mais plus je vieillis, plus je me sens humaine et tolérante, plus aussi je réalise que nous avons du mal à sortir de certaines idées fixes et parfois préconçues. Pourtant, je sais aujourd'hui que les malheurs, les fléaux ne sont pas à la mesure de tout homme. Certains s’étonnent, paraissent abattus, d’autres assument le problème et réagissent. Ce n’est pas parce qu’ils oublient. Comme dans la peste de Sartre, les hommes touchés par le destin doivent continuer à vivre, à préparer des voyages, à avoir des opinions. Si parfois le bonheur remémoré et embelli du souvenir peut se confondre avec l’instant présent, il enrichit alors l’émotion ressentie. Le bonheur d’un rêve ou d’une évasion peut aussi nourrir la banalité de la vie. Un instant d'évasion donne de l’audace, de l’assurance, deux forces qui adoucissent le caractère, qui égaient le quotidien. Je reste une femme du présent. Il faut vivre chaque instant, car très vite le présent vous échappe. Un instant de bonheur court, même lié à de la fatigue, comme la garde d'un enfant, est un instant merveilleux qui vous échappera très vite. Alors quand on le vit, il faut le vivre à fond... Ce qui vous arrive vous marque à jamais. Si quelque chose a été tué en vous quelque chose d’autre doit surgir également de l’expérience. J’ai parfois perdu ma confiance en la vie, mais j’ai appris à lutter, à fermer les yeux sur certains défauts, à mieux connaître les miens, à pardonner. Pour en savoir plus, allez dans " Pages persos : Mon journal
Date de création : 01/01/2008 @ 07:53
Dernière modification : 03/02/2013 @ 18:02
Catégorie : Ma vie
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