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Civilisations anciennes, disparues ou étouffées

des pays que nous avons visités
et brassages de populations au cours des siècles


Il y a dans les grandes civilisations même disparues, une sagesse qui vaut bien la nôtre...

Afrique
Afrique australe : Namibie
 

Les Himbas

 
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Le nord-ouest de la Namibie, abrite le peuple Himba, le “ peuple rouge”, un des derniers peuples d'Afrique qui a su conserver ses traditions et son mode de vie. Les populations Himbas vivent dans la savane prédésertique. Ces tribus rassemblent plusieurs milliers d'éleveurs de bétail qui ont conservé une grande fidélité envers leurs traditions ancestrales. Les femmes ont conservé leurs tenues traditionnelles en peau de chèvre et s'enduisent le corps et les cheveux d'une crème composée de pierre, de piments rouge et de graisse de chèvre. Elles se parfument avec les senteurs dégagées par le bois de certains arbres, l'usage de l'eau pour la toilette est proscrit. Souvent de grandes tailles avec un port altier, les femmes Himbas en particulier avec leurs coiffures et vêtements traditionnels ont belle allure dans leur environnement. Les hommes portent une tresse sur le haut du crâne, recourbée vers l'arrière dont la forme et la position varient selon l'âge.
      
C'est un peuple semi-nomade qui vit de l'élevage de vaches et de chèvres. Les huttes sont construites en branchages, parfois recouvertes d'un mélange de bouse et de terre. Le campement n'est jamais très important, de une à quelques familles seulement.
Hélas, la civilisation moderne avance à grands pas sur les terres et dans les esprits. Dans leur principale ville fleurissent désormais station-services et supermarchés, la vision anachronique des femmes Himbas faisant leurs courses, le corps enduit de graisse rouge et vêtues de “jupes ” en peau de chèvres laisse présager un avenir plutôt sombre pour ce magnifique peuple africain.

Afrique du Sud



Dans une petite grotte ( Blombos ), proche du Cap des Aiguilles, à environ 300 km à l'est de la ville du Cap en Afrique du Sud, se trouve un site préhistorique.
Les découvertes faites en Afrique du Sud dans cette grotte ont permis de remettre les pendules à l’heure.
En effet, comme le confirme le journal " Le Monde " du 15/01/2002, les chercheurs occidentaux étaient jusqu’en 2002 convaincus que l’intelligence humaine avait émergé lors de l’arrivée des Homo Sapiens Sapiens en Europe. Ils se basaient sur les peintures rupestres des grottes du type Lascaux datant de 35 000 ans avant J. C. ( NB. datations revues à la baisse en 2004 ).
Avec les découvertes faites ( pierres gravées, coquillages ayant servi de colliers et de bracelets...), cette thèse vole littéralement en éclat car la grotte remonte à près de 80 000 ans avant J. C. Elle est donc deux fois plus vieille que celles trouvées en Europe, ce qui atteste que les hommes modernes africains ont fait émerger leur intelligence près de 50 000 ans avant l’arrivée en Europe.
Ce qu'il y a d’exceptionnel dans cette découverte de la grotte, c’est que l’on constate que les hommes modernes africains ont gravé vers 80 000 ans avant J. C. des figures géométriques régulières en forme de triangles. Ce sont les premières de l’histoire de l’humanité et chose particulière, le triangle est l’une des formes qui demeure inexistante dans la nature. Il s’agit donc de réflexion pure !
L’essence même de l’esprit mathématique est déjà là : le tracé, la forme, la surface, la rigueur du trait et l’imagination.


Le premier homme aurait existé à Gauteng.  Le Gauteng est une province d'Afrique du Sud

C'est à Gauteng qu'ont été faites les découvertes majeures ayant changé la paléontologie ( science des fossiles ). Parmi ces découvertes, le squelette d'homme-singe avec l'ensemble le plus complet des os des pieds et des jambes, dont l'âge fait toujours l'objet d'une estimation allant de 2.2 à 4 millions d'années.

Tout a commencé  dans ces années-là quand des australopithèques sont apparus en Afrique ( On se souvient de Lucie, découverte en Éthiopie en 1974 ). Ensuite, jalonnant l'évolution, se succèdent les homo-erectus, les homo-sapiens, les chasseurs-cueilleurs...

Petit lexique ethnique :

Les Bochimans -  Bushmen en anglais - ou Sans à l'origine

Les Sans vivaient dans l'actuelle province du Cap.


 
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Cérémonie du souvenir dans un centre chez les bushmen  de Namibie
 

Les Sans, sont la plus ancienne communauté d' Afrique Australe et ils ont occupé entièrement la zone comprise entre la corne de l'Afrique et le cap de Bonne Espérance. Ce peuple de chasseurs-cueilleurs, occupe toute la région  depuis déjà plus de vingt mille ans. Ils y vivent alors en harmonie avec les Khoïs, un peuple ethniquement assez proche mais semi sédentaire.
Les Sans : " ceux qui font la cueillette " sont appelés aussi "Bojschiman" ( hommes de la savane ) par les hollandais. Ce sont les premiers occupants de l'Afrique Australe, ils sont d'un type plutôt asiatique.
  Ils étaient donc chasseurs-cueilleurs, utilisateurs de l'arc...Ils seraient les héritiers directs des populations néolithiques qui ont laissé un peu partout dans cette région quantité de peintures et gravures rupestres : art qu'ils ont d'ailleurs perpétué jusqu'à la fin du XIXe siècle, époque à laquelle leurs derniers artistes ont été assassinés par les Européens, ainsi d'ailleurs que la quasi totalité des représentants.


Les Hottentots.

Les Khoïs - " Hommes des hommes " - Proches des Sans, ils parlent aussi une langue dont les hollandais ne retenaient que les sons " hot " et " tot " aussi les ont-ils appelés les " Hottentots ". Ils élevaient du bétail en habitat semi-groupé. Leurs descendants s'appellent aujourd'hui les Nams.
Les Khoï-Khoïns avaient adopté l'élevage de bovidés, de moutons et de chèvres. Ils sont peut-être arrivés plus tard. En fait, leur origine n'est pas claire. Ils pourraient être issus du métissage des Bochimans et d'un premier groupe bantou, ou autre, apparu dans la région  au cours des tout premiers siècles de notre ère. On les rattache parfois aux populations qui pratiquaient l'extraction et le travail du fer et du cuivre dès le IVe siècle. Mais là encore, rien n'est sûr et il faut attendre une époque beaucoup plus récente pour que leur histoire se clarifie. Une  partie de la population hottentote aurait émigré vers le Nord à partir du XVIIIe siècle. et ont été absorbés par d'autres ethnies.
Les premiers Européens qui visitèrent la région du cap de Bonne-Espérance y découvrirent des populations différentes des Noirs africains qu’ils avaient l’habitude de côtoyer le long des rivages de l’Afrique occidentale.
Certains de ces indigènes étaient éleveurs de bovins et de moutons à grosse queue, notamment ceux que les Portugais rencontrèrent le 3 février 1488 dans la baie de Mossel.


Le Khoisan : langue parlée par les deux peuples précédents.

Koisans en Afrique du Sud sont toutes les sociétés qui subsistent grâce à la cueillette et à la chasse.
Le mot " khoisan " est une création des anthropologues pour désigner les deux populations les plus anciennement implantées au Sud de l'Afrique. Les Khoï-Khoïns ( Hottentots ) et les Sans (  Bochimans ).
Les uns et les autres ont en commun une civilisation matérielle très rudimentaire, et parlent des langues dont le seul point commun est de comporter un son appelé clic ( effet de la langue sur le palais ).

Au cours du premier millénaire ils ont été confrontés à la migration de Bantous ( X e) groupes d'agriculteurs, venus du nord,  des savanes congolaises et qui s'établissaient peu à peu au nord du Zambèze. Ensuite ils ont eu affaire à de nouvelles tribus - zoulous et tswanas - et enfin ils ont dû faire face à l'arrivée des Européens dont les premiers contacts ont été dès le XVe siècle plutôt rudes. L'arrivée des Hollandais, au XVIIe siècle a marqué un tournant. Il ne s'agissait plus pour eux, comme cela avait été le cas pour les Portugais, d'implanter simplement des relais sur la côte, mais bien de s'approprier les terres. Fortement implantés dans la région, dès le XVIIe siècle, ils ont pratiqué à l' encontre des Khoïsans une politique de génocide.  Les Khoïsans, jadis déployés sur des territoires giboyeux et accueillants, ont été déstabilisés et appauvris. On leur a même volé du bétail. Ils se sont trouvés peu à peu  relégués, repoussés et isolés dans les contrées les plus hostiles, telles les déserts du Namib et du Kalahari moins convoités.
Lors du Protectorat Allemand, un général ordonna même :
    " N’épargnez aucun homme, aucune femme, aucun enfant, tuez-les tous."
Ce nouvel environnement les a contraints à modifier leurs traditions de vie, ils sont désormais largement sédentarisés, la chasse a pris le dessus sur l’agriculture et ils sont devenus célèbres dans toute l’Afrique australe pour leur qualité de traqueurs d’animaux. Aujourd'hui, ils seraient environ 100 000 dans toute l'Afrique australe. Ils ont essayé de transmettre les variantes de leur langue d'origine. mais c'est un échec car cette langue n'est plus parlée couramment que par une femme centenaire.


Les Zulus ( = gens du Ciel ).

Les Zulus ( Zoulous ) se sont érigés en tant que nation à partir de 1807 sous l'autorité d'un chef de guerre : Chaka ( Tchaka )
.


  * Depuis 500 ans avant l'année commune, quelles furent les premières personnes, venues de territoires hors d'Afrique, pour s'installer en Afrique du Sud.

Les « lettres d’amour » sont des broches, des bijoux en général de petites tailles,  plaques de perles, dont l’assortiment des couleurs signifie les intentions de la jeune fille. Elles véhiculent une émotion, une inclination favorable ou défavorable à des avances. Les couleurs ont des significations différentes, ainsi que diverses formes. Ils utilisent un maximum de sept couleurs. Le blanc est signe d’amour et de pureté, il a toujours un sens positif, et le noir est signe de tristesse, le rouge signifierait : mon cœur saigne et est plein d'amour..


Les phéniciens ? :

Ils auraient navigué vers le Sud le long de la côte de l'Afrique. Selon Hérodote, une expédition Phénicienne aurait descendu la mer Rouge vers 610-595. Bien qu'ils ne fussent pas un peuple agricole ou d'éleveurs on note quand même des traces d'une production d'ovins de laquelle ils vendaient la laine.
Les Phéniciens s'établissent sur la côte de la Méditerranée ( Liban, Syrie ).
On ne sait pas jusqu'où ils pénétrèrent dans l'intérieur de l'Afrique; mais on a parfois supposé qu'ils atteignirent Tombouctou et le Niger, et peut-être le lac Tchad. Le commerce avec l'Asie orientale se faisait surtout par caravanes. Par la mer Rouge, les Phéniciens avaient accès aux côtes orientales de l'Afrique.

Pourtant " le south African journal " de science, publiera dans son volume 86 en 1990 un article concernant la découverte au Cap de deux pièces de bois d'origine méditerranéennes, vieilles de 50 à 1000 ans.
De son côté, Hérodote signale aussi que leur monde en mer avait soudain paru inversé et ce phénomène les a troublés. L'historien grec faisait part d'observations faites par les phéniciens à propos de la "déclinaison du soleil ". Plus on s'éloigne du tropique du Capricorne plus le phénomène était marqué.

Notons que s'il y a eu " hivernage " des phéniciens en Afrique du Sud, la durée de l'hivernage  a dû être d'environ dix mois, si on tient compte du temps pour eux de faire les semailles et les moissons...


Les Chinois ? :

 Récemment, une équipe de généticiens chinois a confirmé l’origine africaine des chinois.

En 1368, les Mongols perdirent la plupart de la Chine au profit de la dynastie Ming. Les Chinois avaient établi des relations commerciales maritimes jusqu'en Arabie ( 618-907 ). Entre 1405 et 1421, le troisième empereur Ming encouragea une série de voyages lointains dans l'océan Indien sous le commandement de l'amiral Zheng He10. À la différence des futurs voyages européens, ces expéditions avaient essentiellement une visée diplomatique.

Une large flotte de jonques fut préparée pour ces voyages dont certaines mesuraient plus de 60 mètres de longueur et des milliers de marins furent impliqués. Au moins sept expéditions furent lancées à partir de 1405, chacune étant plus ambitieuse que la précédente. Les flottes visitèrent l'Arabie, l'Afrique orientale... Ont-ils été jusqu'en Afrique du Sud comme le prétendait notre guide ? Zheng He offrait des présents en or, en argent, en porcelaine et en soie et recevait en échange des animaux exotiques comme des girafes, des autruches ou de l'ivoire. Cependant, la mort de l'empereur en 1433 entraîna l'arrêt brutal de ces expéditions très coûteuses pour le pouvoir. La Chine entra dans une période d'isolationnisme connue sous le nom d'haijin.



Le sol des anciennes maisons hollandaises était peint. La peinture simulait le carrelage.
Le bois a été utilisé pour le mobilier, les parquets, les wagons, les rayons de roues et les manches d'outils. ... Le bois le plus utilisé pour les planchers était le podocarpus latifolius qui y est plus largement réparti. Ce fameux " yellowwood " ( le podocarpus, est un arbre à bois dur et jaune ) et le " stinkwood " ( le laurier du Cap, arbre à bois sombre ).


 

Argentine
 
Pendant des siècles les Wichi ont subsisté grâce à la chasse, à la pêche et à la cueillette. Mais ce mode de vie est en train de changer rapidement sous la pression constante de la civilisation des Américains et des européens. L'art leur permet de s'adapter à ce changement sans perdre leur culture et leur identité.
 
Canada
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Mot à mot poteau de la maison oiseau de tonnerre
Gravés :
Oiseau de tonnerre et
Grizzly tenant un humain
Postes sculptés utilisés traditionnellement par les premières nations, maisons de cèdre pour pouvoir supporter les gigantesques toits, les poutres. ce pôle est une réplique de celle sculptée par  Kwakwaka wakw artiste Charlie James en 1900. Tony Hunt fit cette réplique en 1987 pour remplacer l'ancienne qui se trouve maintenant au Musée de Vancouver.
James avait expérimenté couleurs et techniques, créant un fort nouveau stylequi a influencé des générations d'artistes y compris son descendant Mungo Martin et sa petite fille Ellen Neel. Un poteau d'elle se trouve d'ailleurs à côté.
Égypte
 
 
 
Selon Wikipedia :
Après le saccage de Troie, Ménélas est l'un des premiers à repartir chez lui, accompagné de Nestor et Hélène. Il s'arrête au cap Sounion puis Zeus provoque une tempête qui envoie certains vaisseaux en Crête, et celui de Ménélas sur les côtes d'Égypte. Son retour dura 8 ans dans les pays de Méditerranée orientale ( Chypre, Libye, Phénicie ) et surtout en Égypte.  Une tradition rapporte qu'il y retrouve la vraie Hélène qui avait été tenue à l'écart du conflit durant toute la guerre de Troie. Hérodote rapporte que Ménélas aurait repris Hélène de ses hôtes sans ménagement.

Christian Jacq : Depuis " la pierre de lumière " en passant par " Ramsès " et " la reine liberté " ou " la reine soleil "... il a écrit de nombreuses œuvres pour nous aider à comprendre l'Égypte :
La guerre de Troie revue et corrigée par Christian Jacq :
Le blond Ménélas aux yeux perçants aurait en effet vécu en Égypte avec Hélène. Celle-ci aurait été protégée par la Reine ( épouse de Séthi et mère de Ramsès II ). Ménélas aurait comploté, enlevé des otages, et réussi ainsi à faire monter Hélène sur son bateau en échange des otages. Mais celle-ci se serait suicidée pour ne pas encourir la colère de Ménélas et pour ne pas perdre le goût d'indépendance appris en Égypte.
La foi en un dieu unique, manifesté par diverses divinités, a existé avant la naissance du christianisme. L'église a eu peur  des travaux de Champollion, elle a eu peur de mettre en évidence que sur certains bas reliefs, l'image de la mère et l'enfant était déjà gravée. Des symboles du christianisme seraient née en Égypte et la  Bible elle-même aurait -elle existé sans l'inspiration égyptienne ?

Les dieux et les déesses sont assez nombreux : Amon, Râ, Ptah, Seth... Amon-RÂ est le maître de Thèbes; Râ-Horakhty, celui d'Héliopolis, Ptah, ( le patron des artisans ), celui de Memphis. Thèbes est la capitale du Sud; Memphis est la capitale du Nord;  Héliopolis, la vieille cité sainte. Par cette trinité l'homme doit percevoir l'unité.
Les temples étaient reliés parfois à la vallée des rois. L'essentiel ne résidait pas dans la taille de l'édifice, mais dans son fonctionnement symbolique. Trois chapelles étaient consacrées à la trinité de Thèbes, l'une à Amon, le père, le sculpteur qui s'est sculpté lui-même, le façonneur de l'éternité,  le " caché " ( le mystérieux dieu Amon, dont nul être ne connaissait la forme, qui ne se révèlerait à aucun être et qui ne serait jamais prisonnier d'une forme, dévoilait sa présence en gonflant la voile des navires qu'il menait à bon port, dans les cornes du bélier dont la spirale trace le développement harmonieux d'une création, dans la pierre des temples ), à son épouse Mout, la mère cosmique, et à leur fils Khonsou, le Traverseur du ciel et des espaces. Amon est l'unique qui demeure un tout en créant la multiplicité. Il est la vie même. Son œil droit est le jour, son œil gauche la nuit. Il est le pilote du navire. Il met au monde les dieux.
Dix entités formaient le monde : le soleil, la lune, l'air, l'eau, le feu, l'être humain, les autres êtres marchant sur terre, les êtres célestes, les êtres aquatiques et les êtres souterrains.
Dieu a donc créé le ciel, la terre, le souffle de vie, le  feu, les divinités, les animaux et les hommes ne sont que l'un des éléments de la création. Aucun des murs élevés sur cette terre ne doit être privé de sa présence car Lui seul exprime la vraie puissance. Seul se réalise ce que Dieu construit.
Atoum était l'être et le non-être indissolublement liés, la matière première d'où tout provenait.  La pensée divine a rendu " les étoiles visibles ". Pour eux, les étoiles impérissables  tournaient autour d'un centre invisible dans le corps immense de la déesse  Nout. La déesse Nout dont la robe était parsemée d'étoiles ferait renaître le pharaon parmi les constellations. On nomme " femme " le père et la mère des divinités, la matrice stellaire d'où proviennent toutes les formes de la vie. Sans elle rien n'existerait. Le divin ne s'incarne que si la femme des origines est capable de l'attirer et de le fixer. C'est l'univers qui est intelligent, c'est lui qui nous crée et nous pense. La vie provient de cet espace sans limite et nous sommes les enfants des étoiles. Quand la lumière créa la vie, elle prit la forme du soleil dont les yeux s'ouvrirent à l'intérieur du lotus. Lorsque l'eau de l'œil tomba sur terre, elle se métamorphosa en une femme d'une sublime beauté à laquelle fut donné le nom " d'or des dieux ". Elle, le soleil féminin illumine le monde. Chaque nuit le soleil accomplit un voyage. Le soleil dans les hiéroglyphes est représenté par la bouche et le bras car il est le verbe et l'action. Avec la barque solaire il pénètre dans le monde souterrain.  La barque du soleil est guidée par le dieu Sia, l'intuition directe, sans raisonnement et sans analyse, capable de discerner la voie juste dans les ténèbres.
La traversée des 12 régions ( 12 h ) de l'espace secret où navigue la barque conduit de l'Occident à l'Orient, de la mort à la résurrection. Le nouveau soleil est comme une naissance.
Seth était un dieu proche de la violence, de la colère qu'il convient de calmer...Il déclenchait parfois de terrifiants orages. Seth est l'incarnation de la puissance du cosmos, des forces des ténèbres et l'assassin de son frère Osiris, mort et ressuscité. Le coffre de la connaissance contient les parties du corps démembré d'Osiris qui est à la fois l'Égypte et l'univers. Seule la lumière les rassemble. Osiris ressuscite chaque année lors de la célébration de ses mystères, dans un sarcophage géant. Il est identique à la première éminence née de l'océan d'énergie. Opet, l'hippopotame femelle était la patronne des sage-femmes et des nourrices. Dans le ciel, elle prenait la forme d'une constellation qui empêchait la grande ourse, de nature sethienne, donc porteuse d'une formidable puissance, de troubler la paix d'Osiris ressuscité. Osiris est le flot créateur, le vainqueur de la mort que  la science d'Isis a ressuscité. Thot permet à Osiris de revenir vivant d'entre les ports. La panthère est l'incarnation de la déesse Mafdet, elle protège les secrets de Thot. " Celui qui se croit invincible ". Le triangle 3/4/5 symbolise la triade Osiris le père, Isis le mère et Horus l'enfant, le céleste, le faucon qui protégeait la royauté.  L'œil d'Horus que Seth tente vainement de briserOn croit que la lune va mourir, mais elle renaît pour éclairer les ténèbres. Lorsqu'elle est pleine, elle incarne l'Égypte à l'image du ciel, elle est l'œil complet. Le sang d'Osiris est devenu le vin, son corps le pain. La forme de la momie d'Osiris dans son sarcophage de calcite était " le corps de résurrection par excellence "
Un temple était dédié à Maât,  la règle éternelle de l'univers et à Hathor, la dame de l'or, l'amour créateur, la souriante déesse du ciel qui faisait briller les étoiles.  Les prêtresses d'Hathor étaient des femmes libres et aucun homme ne pouvait leur imposer sa volonté.
Portant sur la tête la rectrice, la plume permettant aux oiseaux de s'orienter, la statuette de la déesse Maât, incarnait l'aspiration à l'harmonie et à la droiture, éléments indispensables de la création artistique.  Accomplir Mâat était faire ce que Dieu aime ".
Isefet est l'opposé de Maât, elle est nourrie en permanence d'innombrables vecteurs de pourriture et d'anéantissement.
Isefet est le mal qui déferle comme un torrent.
Le temple était la demeure de la mère des bâtisseurs, qu'elle s'appelât Maât, Hathor ou déesse du silence, c'est là qu'elle faisait renaître ses enfants en esprit. On faisait des offrandes ( associées aussi aux festivités )  à la déesse mais on vénérait aussi les dieux Min, le protecteur des explorateurs du désert, le dispensateur de l'énergie. Neit dont les 7 paroles ont créé le monde. Nefertoum est le dieu couronné d'un lotus pour manifester la vie régénérée. Anubis est le passeur entre les mondes, il détient les rites des secrets de résurrection. Hapy est le dynamisme du Nil. Le parjure devait redouter le dieu Geb, la puissance créatrice qui aime la vérité. Bès, dieu barbu et hilare était le protecteur de la joie de vivre. A la tête du lit, un chevet supporté par le dieu Shou, encadré de deux lions, symbolisant hier et demain, offrait la lumière céleste qui illuminerait les songes des dormeurs. Apophis : immense serpent est le monstre des ténèbres, dévoreur de lumièreLe serpent Apophis tente d'empêcher la barque de poursuivre son chemin.  En Khnoum le dieu bélier s'incarne l'énergie de la création du monde comme celle des artisans ou des artistes.  Anubis  ( à tête de chacal ) était le guide de l'au-delà, le gardien des routes de l'autre monde. Khepri, le dieu du soleil levant et des métamorphoses s'incarnait dans le scarabée. Le vautour femelle était le symbole de la mère attentive. Le scarabée et le bélier évoquaient la résurrection d'un soleil auquel s'identifierait l'âme du pharaon sur laquelle veillaient Isis et Nephtys. Le froid et le mauvais temps étaient dus aux redoutables émissaires de la déesse Sekhmet.
L'être humain n'est pas Dieu, mais il peut participer au divin à condition de franchir les portes du mystère.

Sur le plateau de Guizeh où se dressaient les pyramides de khoufou (que Dieu me protège ), de khâ-ef-Râ  ( il se lève en gloire ) et de Men-kaou-Râ ( la puissance créatrice de Râ est stable ), gardées par un sphinx gigantesque, au visage de pharaon et au corps de lion, géants de pierre dont le revêtement de calcaire étincelle au soleil dans le but de recréer les origines de la vie,  l'unité s'est transformée en trois éminences surgies de l'océan primordial. Ici règne  Maât ( l'immortelle règle de vie )...  C'est un havre de paix.
La pyramide est un rayon de lumière pétrifié qui provient de l'au-delà où la mort n'existe pas. La pyramide est la réalisation du triangle 3/4/5, le trois correspondant à Osiris, le quatre à Isis et le cinq à Horus, la triade divine rendue agissante par la proportion, clé du principe d'harmonie.
Les maîtres d'Œuvre et la Place de vérité :
Depuis le temps des pyramides, l'institution pharaonique s'était appuyée sur une confrérie d'artisans capables d'inscrire l'éternité dans la pierre.
La place de vérité  ne portait pas ce nom-là par hasard... Maât (l'immortelle règle de vie )  y régnait, sa Règle était la nourriture quotidienne des cœurs et des esprits et les tricheurs finissaient toujours par être démasqués : " tu dois haïr le mensonge en toutes circonstances, car il détruit la parole, lui avait-on enseigné ". Il est ce que déteste Dieu. Quand le mensonge prend la route, il s'égare, ne peut traverser en bac et ne fait pas bon voyage. Celui qui navigue avec le mensonge n'accostera pas, et son bateau ne rejoindra pas son port d'attache. "" Notre confrérie est une barque, et cette dernière a pour fonction de traverser les eaux célestes et de fraterniser avec les étoiles... "
Ici s'acquiert la maîtrise des formules magiques pour que les artisans de la Place de Vérité excellent dans leur art, sachent utiliser les justes proportions, rendre en sculpture et en peinture l'allure d'un homme, la grâce d'une femme, l'envol d'un oiseau, la course du lion, l'expression de la crainte ou de la joie. "..Toutes les formes sont issues de la bouche de notre protecteur, le dieu Ptah.  " Que te soit donné la puissance créatrice sur terre et la justesse de voix dans le royaume de l'autre monde..."
" Il y avait un scribe dans l'équipe... Les chefs d'équipe, les tailleurs  de pierre, les sculpteurs et les peintres ne comptent pas moins que lui."
La qualité importe plus que la quantité.
En rendant la pierre vivante, il mettrait en application les enseignements reçus et participerait ainsi à la transmission de la mystérieuse lumière que nul matériau ne pouvait arrêter.
Les maîtres d'œuvre avaient créé les demeures d'éternité d'illustres pharaons dans la vallée des rois et conçu nombre d'autres chefs d'œuvre qu'ils avaient fait naître grâce aux multiples talents de la confrérie.  On restaurait régulièrement les plus anciennes tombes.
" J'espère que mon fils Mérenptah marchera dans mes pas et comprendra que, sans l'activité de cette confrérie, la grande lumière de l'Égypte serait condamnée à décliner puis à s'éteindre."
Il ne suffisait pas d'avoir un père artisan, ni d'être un bon technicien pour voir s'ouvrir la porte de la confrérie; chacun de ses membres avait pour titre " celui qui a entendu l'appel ". Puis il fallait longtemps apprivoiser la matière, savoir l'aimer pour extraire d'elle ses beautés à mettre en valeur à transformer en œuvres d'art. " Ne subit-on pas les épreuves que l'on mérite et que l'on est capable d'endurer ?
" Moi aussi j'ai entendu l'appel..."
Les habitants de la Place de Vérité ne recourraient pas aux services d'un ritualiste. Selon les statuts de la confrérie, les artisans étaient aussi des prêtres. Tous étaient purifiés, oints de myrrhe, vêtus de lin de qualité. Ils se dirigeaient en procession vers le temple de Maât et d'Hathor, les bras chargés d'offrandes : l'ensemble des merveilles de la création et des aliments donnant de l'énergie, qui serait présenté au grand Dieu ( Amon ).
A la fois artisan et ritualiste le maître d'œuvre se rendait chaque jour au temple pour y effectuer le dévoilement de la lumière divine qui rendait vivants le bois, la pierre et les autres matériaux. Ils connaissaient le secret de la Demeure de l'Or. Ils avaient la capacité de transformer un tombeau en demeure de résurrection.
 
L'artisan avait deux objets indispensables : une coudée pliante qui lui permettait de vérifier les proportions et l'œil.
La coudée du maître d'œuvre : outil en or ( ou non ) sur lequel étaient gravés des divisions en palmes et en pouces. Sacralisée, elle l'était par 4 dieux, Horus à l'Orient, Osiris à l'Occident, Ptah au Nord, Amon au Midi. Ils incarnaient les piliers des angles de la création.
L'univers est un œil gigantesque dont les parties sont dispersées par le regard. Thot, Le babouin souvent en or, symbole de la connaissance, patron des scribes, des hiéroglyphes et des coudées, celui qui retrouve les morceaux de l'œil perdu est aussi le maître du symbole " cinq ", régnait sur Hermopolis. Thot, le dieu maître : " C'est pourtant lui qui guide notre main et inspire nos œuvres. Nous avons le devoir de reconstituer cet œil mais, auparavant, il faut l'apaiser. " L'œil, forme symbolique était aussi l'incarnation de toutes les mesures du monde. Iris, pupille, canal, cornée... Chaque partie de cet œil équivaut à une fraction de l'unité.
Les autres outils des bons artisans, étaient le niveau, le fil à plomb et l'équerre dont l'un des noms était " l'étoile " et qui, correspondait au triangle. Le triangle 3/4/5 qui symbolise la triade : Osiris le père, Isis le mère et Horus l'enfant, le céleste.
Les points cardinaux : 4 points par lesquels passaient 4 types de lumière; naissante à l'Est, puissante et secrète au Sud, accomplie à l'Ouest.
Les instruments de connaissance étaient déjà assez évolués comme l'astrolabe fabriqué avec la nervure centrale d'un palmier. Il permettait d'aligner sur les points cardinaux, les angles de n'importe quel édifice.
Les couleurs : Les peintures étaient si expressives qu'elles rendaient vivantes les œuvres. Les initiés perçoivent l'or comme la chair des dieux.
la gomme d'acacia garantit la durée d'une peinture... Le temps n'a aucune prise sur elle, elle rend la matière stable et se moque des variations de température.
Le noir était utilisé pour la mère d' Amenhotep 1 er, ( Ahmès-Néfertyari ) la fondatrice de la confrérie des artisans  de la vallée des rois. Elle était porteuse de toutes les potentialités créatrices comme notre terre noire et féconde. La suie, le noir de fumée, la poudre de charbon, le manganèse du Sinaï fournissent un beau noir. Le noir est la somme des couleurs. Il incarne la totalité des forces de résurrection. Le blanc est joie, pureté et rayonnement. On l'obtient en broyant du calcaire de la région. En mélangeant du gypse au charbon de bois ou au noir de fumée, on obtient le gris. Pour le brun, " tu passeras une couche de rouge sur du noir, ou bien tu mélangeras de l'oxyde de fer naturel avec du gypse ". Le rouge ! Cette couleur aussi terrifiante qu'attirante... Le rouge du désert, de la violence, du sang qui transmet la vie, du feu... de la voile de la barque qui emmène les âmes vers l'au-delà, ce rouge qui encadre les portes pour que les démons destructeurs ne les franchissent pas, le rouge qui illumine l'œil de Seth quand il combat Apophis
... tu l'obtiendras en recueillant de l'ocre rouge, abondant dans notre pays, de l'oxyde de fer plus ou moins hydraté...Tu le trouveras dans les oasis du désert... Sous forme de pierre dans les gebels. J'utilise aussi un sulfite d'arsenic qui provient des îlots de la mer rouge et c'est lui qui anime les parois avec un rayonnement semblable à celui de l'or.
La réalisation des œuvres : La création est un mystère qui unit la main et l'esprit dans un acte d'amour.
Ils quadrillaient la paroi sur laquelle devait figurer les dessins afin que chaque figure soit bien proportionnée, bien à sa place et en harmonie avec l'ensemble de la scène.
Les statues royales étaient en bois ou en pierre comme les figurines des travailleurs de l'au-delà qui seraient déposées dans la tombe du roi. Les lits funéraires étaient recouverts à la feuille d'or. Les hiéroglyphes contenaient les formules de connaissance indispensables au ressuscité pour franchir les portes de l'au-delà et se déplacer à son gré sur les beaux chemins de l'éternité.

Louxor par exemple était un temple des millions d'années de Ramsès. La vallée des rois, cet oued désertique écrasé de soleil était interdit aux profanes. Ici, sous la protection de la cime d'occident en forme de pyramide ( Le point culminant de la montagne thébaine était en effet en forme de pyramide ) reposaient les momies des illustres pharaons dont l'âme renaissait chaque matin. dans le secret de leur demeure d'éternité.
.  En contemplant la cime d'Occident où réside la déesse du silence. Ne protège-t-elle pas les vallées interdites où résident les âmes immortelles des pharaons et de leurs épouses, ne serait-elle pas la patronne secrète des artisans de la place de Vérité ? ... A présent je sais que je passerai ma vie à la découvrir, à la connaître et à la servir. Selon la légende, c'étaient les premiers tailleurs de pierre qui avaient modelé la roche pour rappeler les pyramides du Nord. Le ka, l'énergie inépuisable rayonnait, à partir de l'axe de cette cime, de celui des temples, sur l'univers. Le soir, c'était la seule cime qui restait longtemps éclairée par le soleil. Les falaises ocres se détachaient sous le ciel d'un bleu parfait et, à midi, le soleil ne laissait subsister aucune zone d'ombre dans ce chaudron sacré où se jouait le mystère suprême de la mort et de la vie.

La momification : A l'issue de 70 jours de momification l'illustre défunt rejoindrait sa tombe dans la vallée des rois et des reines On procédait à l'extraction des viscères du corps, et à la déshydratation des chairs grâce au natron et à l'exposition au soleil, on entourait le corps mortel de bandelettes, qui devenait ainsi comme Osiris susceptible de ressusciter.
 
La pierre de lumière Atoum était l'être et le non-être indissolublement liés, la matière première d'où tout provenait semble avoir un lien avec la pierre de lumière ( cf le roman de Christian Jacq.  La pierre de lumière ) à base de pétrole ? transmettait la lumière intense au sarcophage qui absorbait l'énergie pour devenir émetteur et l'animait donnant une impression de vie. Le sarcophage répandait un rayonnement où les ténèbres n'étaient plus hostiles mais fécondes. Désormais le pharaon montrerait à son peuple le chemin des étoiles.
C'est dans " la reine liberté " de CH. Jacq, que nous avons des précisions sur cette  pierre de lumière. Ahotep frappa la pierre avec la masse blanche des offrandes. Les rayons de lumière se concentrèrent à l'intérieur du cube minéral que le maître d'œuvre recouvrait de son voile. "Que cette pierre de lumière transforme la matière en esprit et qu'elle soit transmise de maître d'œuvre en maître d'œuvre.
Les tombes et les rites : En Égypte, dans la demeure d'éternité, où ne pouvaient pénétrer que pharaon, prêtres et prêtresses se trouvait le vase primordial, à l'origine du Graal selon Christian Jacq.
Le seuil monumental de la tombe était le passage ( le roi allait à la rencontre du passeur, il devait traverser le fleuve de l'autre monde  et voguer vers le rivage des étoiles )  de " la lumière divine ". Les lampes réparties à intervalles réguliers en faisaient un monde frémissant de vie. Des hiéroglyphes sculptés et peints formaient des passages du livre des portes dont la connaissance permettait au ressuscité de traverser sans danger les paysages de l'autre monde. Les textes évoquaient les mutations du soleil, correspondant aux phases de résurrection de l'âme royale. La première salle à piliers était destinée à repousser les rebelles et les forces maléfiques, un nouveau couloir s'ouvrait où l'âme du ressuscité monterait au zénith, la salle de Mâat la maintiendrait éternellement dans la rectitude et le début du couloir qui mènerait à la salle d'or où reposerait la momie. La salle de Mâat était le point d'aboutissement des scènes rituelles de " l'ouverture de la bouche, des yeux et des oreilles " au cours de laquelle la momie  apparemment inerte reprenait vie. On ne fermait pas les yeux des défunts au contraire. Il fallait affronter l'au-delà avec un regard franc et le visage ouvert : bouche, yeux... La momie devait subir une régénération quotidienne ( transmutation de l'âme royale ), dans le secret de la demeure d'éternité. La salle du sarcophage ( placé sur un lit de pierre peint en jaune pour symboliser la chair des dieux, devenue indestructible ) à piliers n'attendait plus que le corps de lumière du roi défunt. On plaçait le sarcophage dans " la demeure de l'or " où Isis accomplissait  son œuvre d'alchimiste pour transformer le mortel en immortel. Plusieurs chapelles, destinées à recevoir le mobilier funéraire communiquaient avec la demeure de l'or et  la salle du sarcophage. Un portrait du monarque faisait offrande à Osiris. Le pharaon vivait éternellement en compagnie des divinités peintes sur les murs et des objets précieux ( statues de divinités en or, coffrets contenant des métaux précieux, des parfums, des onguents, des étoffes ou des aliments momifiés, sceptres, couronnes, chapelles et " naos ", barques, miroirs, tables d'offrande, arcs, bâtons de jet, miroirs, papyrus...parfois c'était seulement la représentation des objets sacrés... ) dont le but était de favoriser le passage de l'âme du pharaon vers l'au-delà. Le tracé de figures astronomiques et astrologiques couvrent le plafond de la salle précédant le naos. Le naos est la partie la plus secrète du temple et seul pharaon et son substitut peuvent y pénétrer. On écrivait sur les portes dans des cartouches aux formes ovales qui symbolisaient le circuit du cosmos sur lequel régnait le maître des deux terres.
Les maîtres de la vie étaient représentés par 3 sarcophages, des barques de pierre portaient la momie royale. Son corps osirien servirait de support au processus de résurrection. Les sarcophages étaient recouverts de textes et de représentations des divinités protectrices. On y gravait cannes, armes, pièces d'étoffe, objets rituels et à l'intérieur du couvercle figurait la déesse Nout dont la robe était parsemée d'étoiles. Elle ferait renaître le pharaon parmi les constellations. Le sarcophage extérieur représentait Méremptah allongé à l'intérieur de l'ovale de l'univers tenant le sceptre du bon pasteur, le flagellum évoquant par ses 3 peaux la triple naissance : terrestre, solaire et céleste. . Tout autour un immense serpent, expression du temps sacré et des cycles vitaux.

Amon et Osiris n'étaient pas seuls à régner dans le sanctuaire, s'y ajoutaient le dieu de la lumière, Râ, dont la présence achevait le processus de transmutation.

Le geste du " ka " : élever ses mains au-dessus de la tête, attirait vers la terre l'énergie inépuisable du ciel, renouvelait l'énergie des temples, des rites... . Le temple de Karnak était le sanctuaire du ka des dieux. La force du ka nait du mariage entre le ciel et la terre.
 C'est du noun, l'océan d'énergie primordiale, que jaillissaient toutes les formes de vie. L'énergie du noun montait aussi du puits creusé dans les tombes pour imprégner le sarcophage royal de l'océan cosmique. Pour les uns il apparaissait comme le chaos, les ténèbres insondables, l'immensité de l'univers, l'indifférencié, ce qui était avant l'être et ce qui continuera d'être après le néant, la substance vitale invisible.

Paroles de sagesse : " Chaque nuit dit Claire, les ténèbres tentent de dévorer la lumière. Parce qu'elle combat avec vaillance, elle parvient à les repousser. Pour percevoir la beauté, il suffit de savoir  regarder. La beauté de la vie ne dépend pas de nous, mais elle réside dans notre capacité à la saisir.
Écouter est meilleur que tout, disait le sage Ptah-hotep, et c'est le cœur qui nous en rend capables. Si nous suivons ses directives, il fera de nous des êtres droits. Le visage d'un ancêtre est le rayon de soleil qui illumine notre journée au milieu des pires difficultés.
Le dos ne se brise pas parce qu'il s'incline.
La rosée qui a lavé le visage du soleil fait recouvrer l'énergie.
Le Nil : Un fort courant animait le Nil, aussi bleu que le ciel. Ne prétendait-on pas que ceux qui s'y noyaient voyaient leurs fautes effacées par le tribunal d'Osiris et ressuscitaient dans les paradis de l'autre monde ?
On peut faire de longues promenades sur le Nil. Tous les bateaux (rames ou gouvernail ) portaient des yeux dits magiques  pour indiquer la bonne direction.
La vie coulait comme le Nil, l'esprit des disparus imprégnait les gestes et les barques communautaires continuaient à voguer sur le fleuve qui année après année recueillait les larmes d'Isis afin de former sa crue et de déposer sur les berges la terre noire où la vie ressuscitait. Osiris est le flot créateur. L'inondation d'origine céleste donne la prospérité et la nourriture aux Égyptiens. Chaque année cependant, l'inquiétude les saisit. Quel sera le niveau de la crue ? Trop bas et la famine menace; trop haut, et la liste des dommages n'en finit pas... Hapy est le dynamisme du Nil, celle qui dépose le limon fertile, celle qui noie vermines et rongeurs.
La gestion des greniers était une tâche délicate et essentielle. En cas de mauvaise crue, la survie de la population dépendait des réserves accumulées.
Le Nil était le grand nourricier. Né aux confins de l'univers, il était descendu sur terre pour y transmettre le flux créateur. Au moment de la crue du Nil, l'Égypte ressemblait à un lac immense. Il s'étalait sur une largeur de 20 km, au sud et sur près de  200 k au nord. Les eaux joyeuses purifiaient la terre. Le Nil, la rosée, la pluie... proviennent de cet océan d'énergie où navigue la barque du soleil..
Les rites du pressoir permettaient d'assimiler le vin au sang d'Osiris ressuscité.
Le matin après les offrandes, les prêtres venaient chercher les nourritures sacralisées par l'énergie divine pour en consommer une partie et distribuer les reste. C'était le " réversion des offrandes ".

" Sur le parvis jonché de fleurs de lotus, une prêtresse lui offrit du pain et du vin. Bois ce vin et mange ce pain en pensant que chacun de tes gestes, même le plus modeste, doit être conscient. Sinon ton existence ne serait qu'un jeu d'ombres. "
Le véritable nom du raisin pressé ? Seuls les initiés pouvaient répondre. " Ce véritable nom est Osiris, à la fois pain et vin, puissance divine qui s'incarne dans les nourritures solides et liquides. En pressant le raisin, nous le mettons à mort, et cette épreuve sépare le périssable de l'impérissable."
La femme sage : Grâce à l'utilisation des substances extraites de l'écorce, des rameaux et des feuilles de saule, la " femme sage " guérissait les douleurs et les courbatures. Elle procédait à un examen médical en prenant le pouls pour écouter le cœur et savoir si " les énergies circulaient correctement dans les différents canaux ". Les plantes sont nées des larmes et du sang des dieux et elles ont ainsi acquis le pouvoir de guérir.
Seule la femme sage ( mère de tous, soigneuse et plus ou moins magicienne...) était capable de franchir les limites de l'oratoire où vivait le cobra royal, incarnation de la déesse de la cime. Dans le corps du cobra, si fréquemment représenté sur les murs des tombes royales, s'accomplissait la régénération quotidienne du soleil. Aussi était-il le vainqueur du temps et le façonneur de la résurrection.
On savait déjà rapprocher les lèvres des blessures nettes au moyen de bandelettes adhésives posées en croix, on connaissait les points de suture. On appliquait sur les plaies de la viande fraiche et plus tard, du miel, des herbes astringentes et du pain moisi ( antibiotique ).
Des fleurs superbes étaient aussi très utiles; grâce aux substances qu'elles contiennent, on soigne les inflammations, les problèmes circulatoires, les douleurs lombaires... " Je crois que les plantes ont un langage. Il faut se montrer humble en face d'elles pour pouvoir l'entendre. 

Le miel : On dit que quand le dieu  Râ pleura, ses larmes tombèrent sur le sable et elles se transformèrent en abeilles qui par leur travail, nous restituent l'or du soleil dont elles ont besoin pour créer le miel. Le feu du désert leur donne sa pleine puissance. Pharaon est à la fois " celui du roseau et celui de l'abeille ". Il unit dans son être l'humide et le sec pour transformer en aliment et en remède l'énergie subtile des fleurs. La gelée royale, le pollen et la propolis servent à guérir nombre d'infections et d'inflammations. Le  miel était une denrée quasi miraculeuse, c'était un onguent pour plaies mais aussi un des composants des crèmes pour effacer les rides.

Les pêcheurs se servaient du haveneau, une grande épuisette composée de deux tiges croisées et renforcées par une traverse. Les poissons étaient souvent vidés et séchés au soleil.
 
La vie :  On respecte la hiérarchie des êtres. Pharaon est le grand temple qui abrite son peuple, un maître de domaine exerce davantage de responsabilités et doit assurer le bien-être de ses serviteurs. Il ne saurait régner seul car Pharaon était l'union des principes masculins et féminins conciliés et harmonisés. L'épouse devenait la Douce d'amour, celle qui voyait les dieux Horus et Seth enfin apaisés dans l'être de Pharaon. Régner sur l'Égypte ne consistait pas à imposer la loi d'un homme, mais à faire connaître aux habitants la règle de Maât dont Pharaon était le premier serviteur.  Pharaon doit se soucier du bien-être de chacun de ses sujets.  Il portait à la ceinture une queue de taureau, symbole de puissance et de force, une massue blanche destinée à ses ennemis, mais aussi à illuminer les ténèbres et un bandeau doré, le sia : " la vision intuitive". Il devait pratiquer le rite d'éveil de la puissance créatrice dans le sanctuaire des temples où s'accomplissait chaque matin la résurrection de la lumière qui rend vivant tout ce qui existe.
L'œuvre à accomplir, le pays passaient toujours avant l'homme.

Le croyant, le prêtre, l'artisan des lieux sacrés... devaient avoir le caractère ferme, un cœur vigilant.
Il y avait des sanctuaires pour accueillir les dieux étrangers à conditions qu'ils ne cherchent pas à imposer leurs croyances.
Dans la maison, la première pièce était consacrée au culte des ancêtres et elle abritait un lit rituel auquel on accédait par trois marches, la deuxième avait aussi une valeur sacrée avec sa table d'offrandes, sa stèle une stèle représentant une porte communiquant avec l'autre monde, et une autre stèle représentant l'esprit efficace et lumineux de Râ qui voguait dans la barque du soleil et transmettait la vie à ses successeurs. Dans la maison, une stalle vide de toute présence humaine était réservée au " ka ", l'énergie impérissable, la puissance créatrice, le point de contact entre l' ici-bas et l'au-delà qui animait le cœur et la main. Elle pouvait seulement être amoindrie par un coup du sort, mais non éliminée. L'invité était convié à s'asseoir sur un siège bas. On lui lavait les mains et les pieds, on l'essuyait avec des linges parfumés et on lui donnait une paire de sandales.
Divorcer pouvait conduire à la ruine car l'épouse obtenait d'énormes indemnités et une pension alimentaire.
Il était interdit à un Égyptien  de parler le langage sacré, révélé par les dieux sous la forme des hiéroglyphes, en dehors de son pays.
 L'exportation des signes sacrés était interdite. Lors de leurs séjours à l'étranger, les ambassadeurs parlaient la langue du pays où ils se trouvaient.

En Égypte le principe de redistribution des richesses s'appliquait sous l'égide de Maât garante de la solidarité et de la cohésion sociale. Les temples étaient responsables de la redistribution des denrées et des produits qui leur étaient confiés. Laisser un homme dans la misère était contraire à la loi égyptienne. L'économie des pharaons était fondée sur la redistribution et la solidarité. Les pharaons ne conservaient à la cour que 10 % des tributs et reversaient le reste dans le circuit marchant. Plus on était riche, plus on devait offrir y compris pharaon. La générosité était obligation sociale et le profit ne pouvait être un but. Chacun était libre de fabriquer ce dont il avait besoin en fonction de ses aptitudes et il se procurait le surplus grâce au troc qui s'étendait aux services.
La naissance est une affaire de femmes. La mère donnait la chair de l'enfant, le père son ossature. La venue au monde d'un enfant était un passage périlleux. D'abord, si l'urine de la femme faisait germer de l'orge, elle mettrait au monde un garçon... Il fallait aussi réussir à séparer du corps de sa mère le bébé sans qu'aucun maléfice ne le touche, avec l'espoir que les puissances créatrices l'animent. La femme sage  jetait de la graisse d'oiseau et de l'encens dans le feu, puis disposait deux pierres couvertes de textes magiques selon lesquels Thot fixait la durée de vie et le destin du nouveau-néAu moment de l'accouchement, la femme était nue.  Elle était aidée par des sage-femmes. Les femmes accouchaient accroupies ou debout,  sur des pierres couvertes d'un lit de roseaux, le buste maintenu droit. Les assistantes atténuaient les douleurs de la parturiente grâce à une pâte composée de lait, de fenouil, d'oignons, de sel et de résine de térébinthe. On faisait absorber au nouveau né une poudre faite d'un mélange de lait et d'extrémités de tiges de papyrus. On lui mettait au cou un collier à 5 nœuds chacun contenant des formules de protection contre les forces obscures, inscrites sur un bout de papyrus ainsi qu'une gousse d'ail et un oignon. Une lampe allumée dans les ténèbres, éloignait les démons. C'était à la mère de donner un prénom qui ne devait être révélé qu'au moment où l'enfant mettrait en œuvre la qualité dont il était porteur.
Un gamin est un bâton tordu affligé de deux défauts : la surdité et l'ingratitude. L'enfant non éduqué est un sourd dont il faut ouvrir l'oreille, lui parler de ses devoirs, lui faire comprendre tout ce qu'il doit à ses parents et lui apprendre le respect.
 En Égypte il n'y a pas d'esclave. La torture était interdite. L'homme dirige en général, mais la femme qui sert est en général une technicienne qui reçoit un salaire. La morale des égyptiens était stricte et les femmes bien plus indépendantes qu'en Grèce... Les Égyptiennes étaient libres. N'est-ce pas la lionne qui chasse et rapporte à manger ? La femme égyptienne n'était pas enfermée, elle avait un rôle social, le droit de se défendre. 
Pour marquer le deuil on laissait pousser la barbe pendant un certain temps et les femmes dénouaient leurs cheveux.
Les vêtements étaient des sortes de pagnes souvent blancs
Les sourciers  ( et le pharaon lui-même ) comme de nos jours dans les campagnes, cherchait l'eau des sources au moyen de deux branches réunies ( en Égypte il s'agissait de branches d'acacia  reliées à leur extrémité par un fil de lin ).
Le pays possédait jardins, arbres, plans d'eau.
Les membres du tribunal émettaient des jugements que nulle autorité ne contestait. Chargés de distinguer la vérité du mensonge et de protéger le faible du puissant, ils arbitraient les affaires depuis les déclarations de succession jusqu'aux conflits entre villageois.
 Puis Aton avait été pour un temps le dieu suprême, à la place d'Amon.  Il y avait eu en Égypte un pharaon considéré plus tard comme hérétique : Akhénaton ou Akhet-Aton = la contrée de lumière d'Aton, la cité du soleil. Son épouse Néfertiti et lui avaient offert ce domaine au dieu unique qui s'incarnait dans le disque solaire.

Pour oublier cette croyance que les prêtres d'Amon et beaucoup d'égyptiens considéraient comme une hérésie, le nouveau pharaon, Toutankhaton (symbole vivant d'Aton ), encore un enfant, dut quitter  la cité du soleil et retourner dans l'ancienne capitale, Thèbes, avec son épouse Akhésa. Il dut également changer de nom et devint Toutankhamon, ( symbole vivant d'Hamon ).

Entre Éthiopie et

Égypte, le pays mystérieux de Pount ?
 

Selon certains, la terre du dieu existait bel et bien. Du temps de l'Égypte ancienne, vers 2300 ans avant J-C., gouvernée par les pharaons, les Égyptiens faisaient déjà des échanges avec ce mystérieux pays lointain situé plus au sud. Le nom de ce pays était le " Pays de Pount ". Il était très riche en ivoire de défenses d'éléphant. Déjà, les Égyptiens venaient chercher l'encens, la gomme arabique, la myrrhe, de l'or, ( un or à nul autre pareil, utilisé jadis en grand secret dans certains sanctuaires Égyptiens ) de l'ivoire, de l'ébène et d'autres bois rares, des peaux de panthère, l'électrum ( alliage d'or et d'argent ), le kohol, les plumes et les œufs d'autruche, des épices, des écorces aromatiques, au pays de Pount. Il recelait encore des onguents, des produits extraordinaires,. Les Égyptiens appelaient ausi ce pays la terre divine, la terre des ancêtres où la race humaine avait pris naissance était vénérée. C'est en effet vers la Corne de l'Afrique et le rift Est-Africain que furent trouvés les ossements de Lucy, notre cousine à tous. Il y a bien longtemps des navigateurs auraient découvert l'emplacement de ce pays merveilleux et en auraient rapporté de l'or.
- Où se trouve ce pays ?

Les uns parlent de la Somalie, de Djibouti, voire d'une île en mer rouge. Pour certains historiens, le mystérieux Pays de Pount était peut être la région du Sud Soudan et du Nord de l'Éthiopie. Ce nord de l'Éthiopie les historiens et les géographes l'appellent l'Abyssinie. Pendant des siècles et des siècles c'est comme cela que tout le monde appellera l'Éthiopie.
« Le pays de Pount n'a pas désigné à toutes les époques de l'histoire égyptienne exactement la même région, mais un certain nombre d'indications, telles des données géographiques contenues dans des textes hiéroglyphiques du IIe millénaire ou la présence d'arbres à encens et à gomme aromatique, convergent pour indiquer une localisation vers l'Érythrée et l'Éthiopie, jusqu'à la côte de Somalie. Peut-être même le pays de Pount débordait-il de l'autre côté de la mer Rouge, sur l'Arabie antique, l'actuel Yémen où se situait le Royaume de Saba » ( selon Christian Robin ).
De plus en plus nombreux, les chercheurs pensent que l'Éthiopie fut le fabuleux pays de Pount, le pays des dieux, où les Égyptiens allaient se fournir.
Depuis  très longtemps, les habitants de la corne de l'Afrique aussi, (les Ethiopiens ) ont pratiqué le commerce. La Nubie qui comprend aussi, dans son sens le plus étendu, tout le territoire borné au Nord par l'Égypte, à l'Est par la mer Rouge, au Sud-Est  par l'Éthiopie ou, anciennement par l'Abyssinie.
La civilisation nubienne fut pendant très longtemps intégrée à la civilisation égyptienne. Pourtant la Nubie, redécouverte au XIXe siècle, apparaît comme étant une entité, possédant des caractères géographiques, historiques et sociaux bien distincts. La Basse Nubie soudanaise s'étendait de la deuxième cataracte jusqu'aux environs de Khartoum.

 Á la frontière entre ces pays d'autrefois se trouvent les vestiges de Qohaido ( plateau du Tigré ), où restent des ruines cyclopéennes.
Des premiers contacts avec des marchands égyptiens semblent attester une civilisation, près des côtes au nord de l'actuelle Éthiopie, au début du 3e millénaire. Dans la région appelée Pays de Pount une célèbre expédition a été envoyée par la reine d'Égypte Hatchepsout, de la XVIIIe dynastie, dans la première moitié du XVe siècle qui permettra aux Égyptiens de nouer des relations commerciales avec le pays des Habachan ( qui donne le nom d'Abyssinie ). Ces relations commerciales directes durent jusqu'au règne de Ramsès III, début du XIIe siècle.

Selon ces différentes traces, les historiens pensent qu'une première civilisation s'est développée près d'Axoum vers le VIIIe siècle avant J.C. ( il y a 2800 ans ). De cette civilisation on ne sait pas grand chose. Les traces retrouvées par les archéologues permettent de dire que ses chefs étaient venus du sud de la péninsule arabique ( la péninsule arabique c'est la grande et large bande de terre où se trouve l'Arabie Saoudite et le Yémen entre autre ), que leur langue était le sabéen (une très vieille langue, ancêtre de l'arabe moderne et cousine avec le Gu'ez, le tigréen et l'amharique, des langues encore parlées en Éthiopie de nos jours  et qu'ils adoraient des dieux sabéens.

On ne sait pas vraiment pourquoi mais cette civilisation disparut vers 500 avant J.C.




 

Éthiopie

Considérée comme le berceau de l'humanité, lieu de la découverte de Lucy, l'Éthiopie est avec le Tchad et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus lointains hominidés, et depuis 2003, celui où ont été découverts les plus vieux spécimens d'Homo sapiens. La civilisation éthiopienne est l'une des plus anciennes. L’antiquité éthiopienne et la civilisation Axumite couvrent une période du 3e siècle avant Jésus-Christ jusqu’au 10e siècle de notre ère. Un prophète mésopotamien cite au IIIe siècle le Royaume d'Aksoum parmi les quatre plus importantes puissances au monde.

Les Sabéens seraient eux aussi venus coloniser en Éthiopie et y auraient développé la construction et l'agriculture, en particulier les cultures en terrasses. Les colons, excellents agriculteurs, apportent l’art de l’irrigation, l’usage du métal, le cheval et le dromadaire. Les Sabéens introduisent leur architecture ( temples ), leur art et une langue écrite, .leur religion, d’origine sémitique et polythéiste. Le polythéisme consiste dans l'adoration des corps célestes, du Soleil. Or, ils vénèrent essentiellement le Soleil, la Lune et Vénus.
Beaucoup d'inscriptions restent du temps des Sabéens en Éthiopie. En 1962 Abraham Drewes ( hollandais ) recueille des inscriptions pré-axoumites. Les Sabéens arrivent des royaumes de l’« Arabie Heureuse » ( Yémen ) en Éthiopie entre 1 000 et 400 avant J.-C. La toponymie de l’Éthiopie, inspirée des bourgades sabéennes, qu'on retrouve au Yémen, est aussi un vestige de cette colonisation ( Saba : Assab, Dahané... ont leur modèle au Yémen ). Des ruines des villes subsistent sur les grandes voies de communication ( entre le port d’Adoulis et Aksoum. )

Les Sabéens ne doivent pas être confondus avec les habitants du royaume de Saba. Les Sabéens étaient habitants du Yémen et de l'Éthiopie, bien qu'une de leur tribu, les Ansârs, pratiquaient le sabéisme coranique.
On trouve aussi en Éthiopie certains groupes-castes, dont l'origine est généralement mystérieuse comme à Argobba où habitent les Koromis. Ils ont été assimilés oromos.


James Bruce astronome amateur passionné d'aventures et riche se fit un plaisir de raconter les mœurs frivoles de la cité impériale de Gondar :
" L'amour flamboyait avec des langues de feu et tout était permis en toute liberté. sans timidité ni hésitation, toutes les joies imaginables étaient autorisées. Dans une salle, les Abyssins faisaient avec empressement de joyeuses libations et sacrifiaient à la déesse Vénus...
Vivent en Éthiopie des hommes qui portent des anneaux sur les lèvres et non pas aux oreilles, qui se barbouillent le visage de sang de bœuf et non pas de graisse d'ours et qui, au lieu d'utiliser les viscères des animaux pour jouer de la musique, les mettent autour du cou en guise de parure. "

Bernd Bierbaum : De nos jours, la cité impériale de Gondar est désolée et déserte. Chaque empereur a érigé son propre palais et les pierres extérieures ne laissent guère deviner la vie turbulente des souverains et de leur cour. Les bibliothèques sont fermées, les fosses aux lions abandonnées et les " jardins paradisiaques " irrigués de l'impératrice Mentawab ne sont que le pâle reflet de leur ancienne magnificence.


L'Islam a été introduit en Éthiopie au 9 e siècle. Les hararis ont été protégés : la grande mosquée Jami a été érigée au 13e siècle. Dans la mosquée se trouve  un important mémorial. Elle n’est en principe pas accessible aux non-musulmans. Un haut mur construit il y a quelques décennies protège la mosquée du regard des infidèles.
Les origines de Harar seraient obscures et seulement transmises par une tradition orale. Vers 1256 des hommes, des  sheikhs seraient arrivés de la péninsule arabique et auraient décidé de fonder la cité. D'autres prétendent qu'Harar date du 10 e siècle ou même plus tôt. Au 16 e, Harar prit sa forme urbaine actuelle et  devint la capitale du royaume Harari. Elle devint un centre de commerce, un lieu pour apprendre la cultutre islamique dans la corne d'Afrique et devint un émirat indépendant. Ensuite la population diminua et ce fut le déclin. Sa réputation attira cependant l'intérêt des Égyptiens puis de Ménélik devenu empereur d'Éthiopie...Elle subit la famine, la guerre civile, le déclin économique, la dictature, la guerre avec l'Erythrée...La ville dut se reconstruire.

En réalité, l’opportunité que représentait la reconnaissance par l’Unesco de la valeur patrimoniale de la vieille ville d’Harar a immédiatement été conçue par les autorités locales comme le moyen d’une forte affirmation identitaire et culturelle.
La récente désignation d’Harar comme “ patrimoine de l’humanité ” par l’UNESCO a enfin permis de prendre les mesures nécessaires pour préserver son ensemble unique d’architecture islamique. Des travaux sont actuellement en cours pour restaurer les tronçons du mur qui se sont détériorés, pour construire une route d’accès autour de la ville et pour protéger ses mosquées les plus anciennes.


La première femme d'un Afar doit obligatoirement être son Absûma, sa cousine uniquement du côté paternel. La fille de la sœur de son père. On ne connait pas l'origine de cette coutume. Le mariage avec son absûma ne nécessite pas de dot, c'est donc une garantie pour un homme quelque soit sa richesse d'avoir au moins une femme, et pour une femme d'avoir un mari. De plus l 'absûma d'un homme appartient à un autre clan que le sien, celui de la sœur de son père, ces mariages croisés renforcent donc la cohésion des clans. Les épouses suivantes peuvent être librement choisies. Mais il faut alors payer une dot. Séduire l' absûma, la cousine promise d'un autre est un acte très grave assimilé à un meurtre et doit être vengé par le sang.

Pour les conjoints la nuit de noces n'est pas une partie de plaisir. Pour les deux la relation est imposée, l'homme doit au préalable « ouvrir » son épouse infibulée, quand à la femme la coutume veut qu'elle se débatte avec violence. Il est de bon ton que le mari sorte au matin de la tente avec le dos griffé ou le visage tuméfié. Les jeunes hommes appellent cela « la Bagarre» et pour cette raison retardent souvent l'union avec leur Absûma. Bien entendu pour ces jeunes filles La nuit est encore plus dure.
Une fois mariées les femmes doivent avoir la tête couverte d'un tulle ou d'une résille noire. Dans les communautés pastorales les mariages inter-ethniques sont extrêmement rares, plus fréquents chez les populations sédentarisées comme à Djibouti .

Si au départ la relation est un peu austère, les afars deviennent vite des compagnons sympathiques. Les hommes se révèlent blagueurs et les dialogues sont souvent pleins d'humour. Et, chez ces princesses belles et fières le masque a vite fait de tomber et les sourires, les regards en coin apparaissent rapidement. Leur vie est émaillée par des proverbes, des aphorismes. Certains sont liés à la vie courante, d'autres relèvent du « bon sens paysan » et parfois ils ont une portée plus philosophique ou carrément un double sens, ce qui donne lieu à de nombres d'interprétations. Et l'on peut passer ainsi des soirées à débattre sur ces interprétations, et pourquoi pas inventer de nouveaux proverbes.

Les Sémites :
Un Hébreu est quelqu'un descendu de Heber ( ou, " Eber " ), l'un des petits-fils de Sem. Donc, tous les Hébreux sont des Sémites, mais tous les sémites ne sont pas Hébreux. ( Les Arabes et les juifs sont sémites.)
Ismaël est né d'Abraham, et les Arabes
( et spécialement les musulmans ) se considèrent comme ses descendants.

Les Sémites sont des peuples qui parlent des langues sémitiques; le groupe comprend les Arabes, les Araméens, les Juifs, et de nombreux Éthiopiens. Dans un sens biblique, ce sont des peuples sémites dont l'ascendance remonte à Sem, fils aîné de Noé.. Les anciennes populations sémitiques étaient nomades pastoraux et plusieurs siècles avant l'ère chrétienne ils émigraient en grand nombre d'Arabie à la Mésopotamie, vers les côtes de la mer Méditerranée, et le  delta du Nil. Juifs et autres Sémites étaient installés dans des villages de Judée, au sud de la Palestine.
L'origine des langues sémitiques, et de nombreuses autres dans les histoires de l'islam et le judaïsme reflètent une histoire ancienne commune.
L'araméen au début, ainsi que l'arabe et l'hébreux étaient une même langue/ethnie mais avec les migrations de ces peuples sémites ( et avant eux, la même chose a eu lieu pour les akkadiens et les éthio-sémites ) ils se mélangèrent avec d'autres tribus sémites et non sémites du levant et de Mésopotamie.
À une époque des tribus arabes ont émigré vers la côte d'Afrique, où les colonies commerciales sabéennes existaient probablement depuis longtemps. Dès le premier siècle après JC, nous trouvons dans le nord de la montagne d'Abyssinie, les terres du royaume d'Axoum. Les conquérants ont apporté avec eux des lettres arabes. A partir de cette langue, le guèze, appelé à tort langue éthiopienne, est issu de deux-langues.
Les émigrants sémites, de Axoum comme base ont progressivement étendu leur domination sur toute l'Abyssinie. Les sémites parlaient une langue apparentée au guèze, qui fut ensuite dans une grande mesure influencé par les langues de la population indigène, en particulier par les dialectes Agau. Un descendant de cette langue est l'amharique, langue actuelle en Abyssinie et parfois bien au-delà de ses frontières.
Les autres langues, éthio-sémitiques en dehors de l'Amharique sont le Tigré, les langues couchitiques ( Afar, Saho, Somali, Bedja...)

Les langues sémitiques sont aussi diverses que les langues indo-européennes.
Les Sémites les plus éminents sont aujourd'hui les Arabes et les Juifs. Ils se sont grandement mêlés aux européens à travers les siècles, les migrations et le commerce.
La différenciation entre sunnites et chiites ne se fera que des années (voire même des siècles ) après la naissance du chiisme. Au début il n’y avait qu’un seul point de rupture : les uns étaient pour le Califat d'Ali, les autres pour celui de Mouawya.
Petit à petit, chacun des imams successifs des chiites apportera son lot de règles, d’interprétations et de vérités qui finiront par faire du chiisme une véritable religion dans la religion. Certes, les chiites partagent avec les sunnites les principaux Piliers de l’islam.
Mais, ils en ajoutent d’autres et ils en ignorent certains.   

La tribu éthiopienne de
Konso, dans le Sud Ouest de l'Ethiopie, célèbre son entrée au patrimoine mondial de l'Unesco

L'Unesco a distingué ce site aride de 55 km2, ses terrasses en pierre et ses fortifications, parce qu'il " constitue un exemple spectaculaire d'une tradition culturelle vivante " vieille de plus de 400 ans et qu'on y trouve des statues de bois anthropomorphiques qui constituent " un témoignage exceptionnel et vivant "
de la culture, des croyances et des traditions funéraires sur le point de disparaître.
Les Wakas (
stèles et statues funéraires placées sur les tombes des chefs ) sont faits de bois très résistant comme l'acacia, et peuvent durer 200 ans. Mais quand ils sont enlevés ou pourris, ils perdent leur valeur sacrée. S'il sont volés, alors l'esprit du mort s'en va. 

En Éthiopie, un musée de la culture Konso a été inauguré avec l’aide de la France et du Quai Branly
KARAT (
ÉTHIOPIE ) –
Inauguré le 18 décembre, le musée de la culture Konso, musée local doit contribuer à la préservation des « wakas »
. En 1996, 200 wakas, ont été saisies par les douanes éthiopiennes alors qu’elles étaient destinées à être vendues sur le marché noir de l’art.

Les Konsos, au nombre de 200 000, forment une ethnie particulière en Éthiopie, la région n’a été incorporée à l’empire éthiopien qu’en 1890.

Groenland

Historiquement, les Inuits étaient un peuple de chasseurs nomades. De nos jours, si la plupart des Inuits sont devenus sédentaires, une grande partie vit encore de la chasse et de la pêche. Lorsque les Inuits abattaient une baleine, pratiquement tout l'animal était utilisé pour se nourrir, se chauffer, et pour s'éclairer ils utilisaient la graisse.

Jusqu'à il y a une trentaine d'années, les Inuits tiraient de la chasse, non seulement leur nourriture, mais aussi les matériaux pour fabriquer leurs outils, construire leurs logements, confectionner leurs vêtements. Leur mode de vie leur permettait de tirer leur subsistance du milieu naturel, suffisant mais fragile, sans le déséquilibrer.
L'hiver, les Inuits chassaient les mammifères marins ( phoques, morse, cétacés ). Pendant l'été, ils se déplaçaient vers l'intérieur des terres pour abattre le caribou, pêcher les poissons d'eau douce, attraper des oiseaux, ramasser des œufs, cueillir baies et herbes.
Les hommes chassaient, fabriquaient les outils, construisaient les kayaks; les femmes, elles, préparaient les peaux, confectionnaient les vêtements, faisaient sécher la viande, s'occupaient des enfants, pêchaient, ramassaient lichens et algues, etc. Le jeu faisait aussi largement partie de la vie ( osselets, bilboquet, contes, danses... ).
Il  ne  fait  aucun  doute  que  la  chasse  traditionnelle  chez  les  Inuits  est  un  pilier  de  leur  identité  culturelle.  La  chasse  traditionnelle  effectuée  par  les  Inuits  dans  les  régions  arctiques  eut,  dans  un   premier   temps,   un   rôle   essentiellement   de   subsistance.   Face   au   développement   économique  et  aux  changements  climatiques,  ce  rôle  tend  de  plus  en  plus  à  changer,  entraînant  du  coup  une  certaine  perte  d’identité  culturelle.  En  effet,  ces  différents  changements augmentent la fragilité de la poursuite de leurs activités traditionnelles et la perte  de  repères  ancestraux.  L’ouverture  des  voies  maritimes  et  l’augmentation  de  l’accessibilité   des   ressources   naturelles   auparavant   protégées   par   des   barrières   naturelles  exacerbent  les  différentes  pressions  auxquelles  les  communautés  inuites  sont  soumises. Afin d’assurer un développement durable de ces ressources et la préservation de  leur  identité  distincte,  il  incombe  à  chacun  des  acteurs  impliqués  de  prendre  en  considération  les  particularités  de  ces  communautés,  notamment  en  s’assurant  de  la  poursuite  de  leurs  activités  traditionnelles,  à  l’intérieur  desquelles  se  retrouve  la  chasse  aux mammifères marins.

Chasse et pêche demeurent la base de la civilisation Inuit. Ils considèrent, en retour, la nature avec respect. Mais aujourd'hui, la confrontation avec le monde moderne est difficile ( suicides, alcoolisme... ).Journaux en langue inuit, Internet, moyens techniques ( motoneiges, avions... ) ont pour but aujourd'hui de les aider à rebâtir leur avenir.

Italie

Le Vésuve est un volcan italien d'une hauteur de 1 281 mètres, bordant la baie de Naples, à l'est de la ville. Il s'agit du seul volcan d'Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, même s'il est actuellement en sommeil; sa dernière éruption date de 1944.

La nature sait répandre ses talents jusque dans les objets les plus simples ou les plus horribles comme à l’intérieur du Vésuve dont la lave est peinte de jaune, de rouge, d’orange...Pourquoi tous ces souvenirs de voyage aujourd’hui ? Je ne saurais le dire…

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Souvenirs de Pompéï

Le Vésuve est à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies le 24 août 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conservées jusqu'à nos jours dans leur état antique. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois au cours des derniers millénaires et est considéré comme un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit à ses abords. Il a inspiré de nombreuses légendes et représentations au cours des siècles. La montagne est classée parc national depuis 1995.
 

Île de Pâques

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Les statues proviennent d’une carrière située sur les flancs et dans le cratère du volcan nommé Rano Raraku. On peut y voir un très grand nombre de moaïs, certains terminés et dressés au pied de la pente, d’autres inachevés, à divers stades entre l’ébauche et la finition. Le plus grand qui ait été érigé mesure 10 m de haut et pèse 75 t. L’un des inachevés fait 21 m de hauteur pour une masse estimée à 270 t. Environ 400 statues ont été dressées sur l’île et un nombre équivalent est resté inachevé dans la carrière principale. L’arrêt de leur production suscite plusieurs hypothèses, pas forcément incompatibles entre elles.

Avant que l’archéologie expérimentale ne mette ses méthodes en œuvre, l’île de Pâques était surtout connue pour le mystère, longtemps inexpliqué, entourant la fabrication et le transport de blocs de basalte allant de 2,5 à 10 m de haut et l’érection des moaïs. Ce mystère ne fut éclairci que lorsque l'on comprit que l’île avait été boisée, et après que des reconstitutions des méthodes probablement employées eurent été faites sur place. Les archéologues Terry Hunt de l'Université de Hawaii et Carl Lipo de l’Université d’état de Californie, avancent une théorie qui indiquerait que les statues auraient été déplacées debout depuis le site Rano Raraku où elles étaient taillées ( en position horizontale dans la roche volcanique ) jusqu’à leur destination finale, par un mouvement de balancier régulé par des tireurs de cordes.

Théories et discussions autour du passé de l’île

Selon une thèse jadis défendue par Thor Heyerdahl et plus récemment par Jean-Hervé Daude, et résumée par Denise Wenger et Charles-Edouard Duflon, il y aurait dans la culture des anciens Pascuans une particularité due au contact avec l’empire Inca. Selon cette thèse :

    les deux populations que la tradition orale mentionne sur l’île ( les « hommes minces » et les « hommes trapus », ces derniers arborant des oreilles aux lobes distendus par de lourds pendentifs sont appelés communément « Longues oreilles » ) seraient deux groupes distincts, l’un d’origine polynésienne et l’autre d’origine sud-américaine. Ce second groupe serait arrivé avec une expédition de l’Inca Tupac Yupanqui vers 1465 et serait issu de la garde de l’Inca, surnommée « los orejones », par les Espagnols, c’est-à-dire « longues oreilles », percées et fortement distendues pour l’insertion de grands ornements. Différents des Polynésiens Haumaka sur l’île qui se seraient qualifiés eux-mêmes de Hanau Momoko ( hommes minces ), ces Incas auraient été qualifiés de Hanau Eepe ( hommes trapus ) par les Polynésiens. Cette deuxième migration aurait été extrêmement significative dans l’histoire de l’île de Pâques puisque les Incas seraient arrivés avec une expertise poussée en architecture monumentale. Ils auraient été les instigateurs de la construction des différents monuments de pierre;
    la tradition orale mentionnerait la compétence des « Longues oreilles » pour le travail de la pierre, l’ahu Vinapu correspond au mode de construction d’une chullpa proche du lac Titicaca et tous les monuments de pierre sur l’île trouveraient leur équivalent sur le plateau andin. Certains éléments de la statuaire de bois : les statuettes Moko représenteraient le Cuy, un animal typiquement andin;
    des études génétiques récentes tendraient à démontrer un lien très probable entre les anciens habitants de l’île de Pâques et l’Amérique du Sud : les Sud-Américains se seraient intégrés au groupe polynésien, abandonnant ( à peu de mots près ) leur langue, et si leurs caractéristiques génétiques ont en grande partie disparu, ce serait parce que les « Longues oreilles » ont été exterminés par les « Courtes oreilles », comme le rapporte la tradition orale.

D’autres thèses postulent un effondrement culturel de la société Haumaka, dû à des causes environnementales :

    une dégradation environnementale liée aux conséquences de la déforestation ( érosion des sols, sous-alimentation, famine, pénurie de bois et de cordes, guerres civiles ) : elle aurait mis fin aux us et coutumes de l’île, et notamment au taillage, au transport et à l'édification des statues ;
    une longue période de sécheresse poussant les habitants de l’île à faire appel aux dieux pour que la pluie revienne, ce qui pourrait expliquer la frénésie de construction des moaïs à cette période, de plus en plus nombreux et de plus en plus colossaux. Réalisant que les érections de moais sur les ahus étaient vaines, les habitants se seraient révoltés contre les prêtres et auraient abattu eux-mêmes les idoles (dans le reste de la Polynésie, les ahus servent à vénérer les ancêtres et les dieux, tandis que les unus et les tikis -car les moais sont fondamentalement des tikis de grande taille- ne font que les représenter);
    une prolifération des rats introduits par les Polynésiens, rats qui auraient mangé les noix de coco avant qu’elles ne puissent germer, contribuant ainsi à la disparition des palmiers. Les rats, en s’attaquant aux nids pour manger les œufs et les oisillons, auraient également contribué à l’extinction de la ressource en oiseaux44.

Ces thèses, développées entre autres par Jared Diamond dans son livre intitulé « Effondrement », affirment que l’expansion polynésienne a pu entraîner une dégradation importante de l’écosystème, et s’appuient sur des fouilles (palynologie et sur l’archéologie), comme à Henderson Island et ailleurs en Océanie, ainsi que sur le livre de bord de Cornelis Bouman, le capitaine de Jakob Roggeveen, écrivant que «…d’ignames, de bananiers et de cocotiers nous n’avons rien vu, ainsi qu’aucun autre arbre ou culture ». Pourtant, en 1953, Efraín Volosky collecta des graines viables provenant d’un exemplaire de Sophora toromiro toujours vivant sur l’île seulement vingt ans auparavant (probablement le spécimen qu’avait photographié Métraux en 1934) et qui n’a disparu qu’en raison de l’élevage intensif des ovins introduits par les Européens à partir du XIXe siècle, également cause d’une forte érosion du sol résultant de la déforestation et du piétinement11.

Dès la sortie de l’ouvrage de Jared Diamond, de nombreux scientifiques réagissent et remettent en cause ses hypothèses très largement diffusées, à cause de son interprétation des résultats des fouilles archéologiques, et des fondements moraux et politiques qui sous-tendent ses hypothèses, relevant, selon ses détracteurs, du « néocatastrophisme », voire du « déterminisme social ». Déjà en 2005, l’anthropologue anglais Benny Peiser, dans son article intitulé « From Ecocide to Genocide : the Rape of Rapa Nui » (De l’écocide au génocide : le viol des Rapa Nui)45, démontrait l’autosuffisance des autochtones de l’île de Pâques lors de l’arrivée des Européens. Selon Benny Peiser, certains petits arbres, tel le Sophora toromiro, abondaient alors46. À l'encontre des affirmations de Cornelis Bouman, Carl Friedrich Behrens, autre officier de Roggeveen, écrit que « Les indigènes présentaient des branches de palmiers comme offrandes de paix. Leurs maisons bâties sur pilotis étaient barbouillées de luting et recouvertes de feuilles de palmier ». On peut en déduire qu’à cette époque, soit la disparition des palmiers était très récente, soit il restait des bosquets cachés dans les vallons au centre de l’île. De plus, Jakob Roggeveen lui-même rapporte que l’île de Pâques était exceptionnellement fertile, produisant de grandes quantités de bananes, de patates douces et de cannes à sucre. De même, lors du passage de l’expédition française de La Pérouse qui visita l’île en 1786, son jardinier déclara que « trois jours de travail par an » pourraient subvenir au besoin de la population. D’autre part, l’officier Rollin écrivit : « Au lieu de rencontrer des hommes détruits par la famine… je trouvai, au contraire, une population considérable, avec plus de beauté et de grâce que je n’en avais rencontrée sur d’autres îles ; et une terre, qui, avec un labeur infime, fournissait d’excellentes provisions, et une abondance assez suffisante pour la consommation des habitants47 ».

En 200648, puis à nouveau en 201149, l’anthropologue Terry Hunt et l’archéologue Carl Lipo, se basant sur des nouvelles datations estimant l’arrivée des Polynésiens vers 1200, étudièrent les possibles causes multifactorielles du déboisement (rat polynésien, El Niño, brûlis…), réfutant une déforestation complète de l’île en seulement 500 ans. Pour les moais, ils défendent la théorie d’un déplacement des statues par rotation, soit horizontalement (roulés comme des rondins), soit, en terrain plat et pour les moins grands, en position verticale (par rotation sur la base selon « la théorie du déplacement de frigo ») ne nécessitant pas l’utilisation de bois50.

En 2008, l’archéologue Nicolas Cauwe propose une théorie unifiée, basée sur des données de terrain issues de dix années de fouilles sur place51, qu’il détaille davantage en 201152. Selon ses recherches, les Pascuans, confrontés à une période difficile, ont réorganisé leur structure religieuse et politique afin d’assurer une cohésion plus forte et centralisée de leur société, sans qu’il y ait effondrement brutal. Le culte des ancêtres (destiné à des entités familiales ou claniques) a été progressivement supplanté par le culte du dieu Make-make et empêcher un retour en arrière, un tabou (Tapu) fut jeté sur tout ce qui touchait au culte des ancêtres. Sculptures, plates-formes, carrières furent rendus inaccessibles ou inopérants. Les moaï furent enfouis sous des terrasses, les carrières comme celle du Rano Raraku furent encombrées d’ébauches pour empêcher une exploitation ultérieure. Le tabou jeté sur le volcan Rano Raraku réfute la thèse d’une chaine opératoire qui serait reflétée par le site (allant de l’ébauche aux statues en ronde-bosse) au profit d’un long et minutieux travail de fermeture rituelle de l’exploitation de la carrière de tuf par les Pascuans. Avec le remplacement du culte des moaï par celui de Make-make et l’institution de l’« l’homme oiseau » Tangata manu (du XIVe ‑ XVe siècle au XVIIIe siècle), la société Haumaka a fait preuve d’une capacité d’adaptation qui lui a permis de préserver et mieux gérer ses ressources. Si la cérémonie du Tangata manu n’était plus pratiquée au XIXe siècle, en revanche la tradition d’une présidence tournante pour le rôle d’arbitre des ressources perdura jusqu’à la catastrophe démographique et culturelle de 1861.

Swaziland



Les Zulus : était à l'origine un peuple d'éleveurs qui a migré dans les villes.

Certains zoulous vivent encore dans des villages traditionnels qui regroupent plusieurs huttes de branchages aux toits de chaume, en forme de ruches rondes, organisées autour de celle de la mère du chef. L’assemblage des huttes, avec les greniers et les palissades délimite un espace de terre battue commun à la tribu, avec aire divinatoire et terrain de jeu.

 
Amérique du Nord

1570
    
Naissance de la ligue des Iroquois

Autour de 1570, un dénommé Deganawidah forme une confédération de cinq nations indiennes, en Amérique du Nord. Cette " Ligue des cinq nations " rassemble les Mohawks, les Onondagas, les Oneidas, les Senecas et les Cayugas. Particulièrement puissants, les Iroquois mèneront plusieurs guerres contre d’autres peuples et se feront les ennemis des Français, lorsque ceux-ci débarqueront sur le territoire canadien, au début des années 1600. Aux alentours des années 1720, la confédération comptera un nouveau membre, le peuple des Tuscaros, provenant de la future Caroline du Nord. Au cours du XVIIIe siècle, les Iroquois soutiendront les Anglais contre les Français et feront de même lors de la guerre d’Indépendance.
Chez beaucoup de ces indiens se réunissait un conseil des femmes et des mères. Ils estimaient que les femmes avaient beaucoup de choses pertinentes à dire pour la bonne marche d'un peuple. Il n'y avait pas de guerre entreprise si le conseil des Mères ne l'avait pas jugée nécessaire à leur nation.
Amérique du Sud : Argentine


Les courses de taureaux telles qu’elles se pratiquent en Espagne, prennent leur essor dans certaines colonies d’Amérique latine, et surtout au Mexique, où elles ont été implantées dès le XVIe siècle. De nos jours, elles ne se pratiquent plus en Argentine où elles ont fait l'objet de lois d'interdictions à partir de 1822, qui n'ont pris effet qu'en 1954.
 Roman de Karl May : L'or fatal :
" Corrida de Toros ! corrida de toros ! annonçaient des crieurs enrubannés dans toutes les rues de Buenos Ayres.
Corrida de toros !
C'était depuis plusieurs jours le thème de tous les journaux et le sujet de toutes les conversations.
Ces mots qui veulent dire : courses de taureaux, ont le don d'enthousiasmer les Espagnols ou ceux qui ont quelques gouttes de sang espagnol dans les veines. Ils courent aux arènes pour acclamer de toute la force de leurs poumons le martyre des pauvres bêtes et manifester leur joie quand un taureau éventre un cheval ou transperce un toréador de ses cornes... Les  matadors nivelaient le sable à l'aide de balais et de râteaux, et de temps en temps une porte s'ouvrait pour livrer passage à un combattant richement habillé qui s'avançait lentement pour se faire admirer...
Hennissement des chevaux, cris des combattants, mugissements des taureaux et transports de joie des spectateurs ! L'arène était séparée des gradins, où étaient assis les spectateurs, par une cloison en planches, assez forte pour résister aux coups de cornes du taureau, mais assez basse pour que les toréadors puissent la franchir en cas de danger.


Les Yamanas ( ou Yahgans pratiquement exterminés ) est le nom des indiens des nomades-pêcheurs, il signifiait primordialement " humanité " ...ils étaient habitués à la vie sur les bords de mer, les canaux naturels et dans les îles. Ils se nourrissaient de viande et de graisse, de lions de mer, de poissons, d'oiseaux, de guanacos, d'œufs, d'écrevisses, de mollusques, de crustacés. Souvent ils voguaient sur leurs canoës, à la recherche de nourriture, mais sinon ils sortaient peu, ils campaient  sur diverses plages.  Une fois à terre, ils mettaient en place leur campement : un ensemble de branches pour ébaucher la structure de leur cabane ou hutte avec une excavation au centre où ils devaient  passer la nuit par  groupes familiaux. Ils mangeaient des moules en abondance et la plupart de leurs  coquilles (cholgas ) étaient jetées en grande quantité autour de la cabane, ou plutôt empilées et formaient ainsi des tas qui montaient comme des murs. Depuis les cabanes faites de branches d'arbres,  ont toutes disparu mais les tas tout autour compactés et recouverts d'herbe demeurent. C'étaient de simples ossatures  de  cabanes grossières, couvertes de brindilles entrelacées et peut-être de peaux de bêtes. Les coquilles de ces murs de "conchas = coquilles en espagnol " se transforment peu à peu en terreau. C'est justement dans ces endroits que les anthropologues et les archéologues d'aujourd'hui peuvent mener à bien leurs études.  On y trouve encore, souvent déterrés par les lapins, des pointes de flèches, des massues qui servaient sans doute à tuer les phoques...ou même des harpons. L'abondance des coquilles a donné à ces emplacements le nom de " concheros ", ou de tertres indiens. Les réglementations nationales et provinciales protègent ces sites qui font partie du  patrimoine culturel. de la terre de feu.

Dans un tel univers d'eau glacée on se demande vraiment comment  ils ont pu survivre  dans une nature aussi inhospitalière...?
Ils plongeaient leurs bébés nus dans les lacs glacés. S'ils résistaient ils étaient parés pour survivre !

Leur peau s'était épaissie et elle était de plus protégée contre le froid par des huiles et des graisses animales. Lorsqu'ils s'habillaient c'était d'un manteau de peau de ragondin. Après 6000 ans sans contacts avec le monde extérieur, ces peuples, sains malgré le climat rude, ont été finalement décimés par les maladies, justement apportées par les vêtements que leur offraient les européens, ( les étoffes imprégnées de microbes venus d'ailleurs et de l'humidité permanente de ces régions, contribuaient à faire développer parasites et mousses, sources de divers maux ) et par les guerres que provoquaient la main mise sur leurs territoires. Il ne reste pratiquement d'eux que ces concheros.

 

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Les Yamanas et leurs huttes photos prises au Musée d'Ushuaïa
 
 Elles nous montrent la vie terriblement dure que menait ce peuple patagon. Leurs camps, itinérants, étaient toujours construits de la même manière, près d'une cascade, au fond d'une caleta( anse ) et immédiatement accessibles de leurs canots. Au centre de la " maison ", et reposant sur un lit de sable, le foyer est constitué de gros galets ajustés.  Leur soupière n'était qu'une simple vasque. Des ustensiles divers ont été trouvés dans les concheros qui montrent combien leur existence était misérable...
Les indiens Yamanas étaient les plus petits, avec une taille de 1m, 44 à 1, 64, avec le tronc, les épaules et les bras très développés par rapport à leurs jambes chétives. Leur principale position était celle qu'ils prenaient dans leur bateau lorsqu'ils remontaient l'isthme. Les enfants dans les canoës s'occupaient du feu.
 

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Kina : cérémonie d'initiation : une deuxième naissance

La vie des Yamanas était centrée sur une spiritualité complexe. Les Yamanas et les Selnams réalisaient ces cérémonies d'initiation pour marquer le passage à l'âge adulte. Les caractéristiques particulières changeaient en fonction du sexe. Des Chamans qui pouvaient être des femmes contribuaient à ces initiations : Kina et Ciexaus qui contenaient une grande dose d'éducation morale.
Le
Ciexaus était un rite d'initiation à la puberté par lesquels garçons et filles devaient deux fois avant de se marier et contenait une grande dose d'initiation morale. Le but était d'apprendre à s'adapter à la vie adulte et à la communauté Yamana. Les ciexaus concernaient les deux sexes; cependant ils réalisaient aussi des cérémonies secrètes entre hommes appelées " Kina " .
Le " Kina ", chronologiquement avait lieu après le " Ciexaus, seuls les hommes jeunes  y participaient pour être introduits dans une ambiance d'idées mythologiques que les hommes considéraient comme leur appartenant exclusivement.
Le principe du " Kina " est aussi de rappeler aux femmes la suprématie masculine. Ces cérémonies ont eu lieu pour la dernière fois entre 1920 et 1923. Il existait aussi un rite, sorte de duel simulé auquel participaient hommes et femmes. Il y avait un récit qui faisait partie du rite selon lequel autrefois les femmes avaient dominé les hommes, mais ceux-ci avaient découvert qu'elles se faisaient passer pour des esprits.


Durant ces cérémonies, chez les Yamanas de la terre de feu comme dans tribus amérindiennes de Californie occidentale ( Amérique du nord), on interdit aux novices de boire et de manger durant les trois premiers jours. Cette interdiction peut être levée au fur et à mesure de l'accès du néophyte aux connaissances religieuses basées essentiellement sur l'origine des aliments. Le mutisme du novice est un des impératifs omniprésents dans ces cérémonies, il renforce le symbole du nouveau-né qui ne sait ni manger tout seul, ni parler mais qui grandit et accède donc à un domaine de possibles de plus en plus large.
Toutes ces épreuves ont, pour but selon M. Eliade, de préparer à une existence difficile, mais ont aussi une fonction religieuse très complexe. L'ensemble de ces exercices ascétiques amène progressivement le novice à la méditation. Le néophyte est tout à la fois préparé à assumer ses responsabilités d'adulte et éveillé spirituellement. Cette introduction à la culture de l'esprit implique la mort de la condition profane, celle de l'enfance, et la renaissance au sein des initiés, de ceux qui peuvent savoir. D'après A. Van Gennep ces rites négatifs assurent un affaiblissement tant physique que mental destiné à faire perdre toute mémoire de sa vie enfantine au novice, et accentuent le symbolisme de la mort. Ce n'est qu'une fois mort à sa condition profane qu'il sera initié au travers de rites positifs lui inculquant l'histoire sacrée de la tribu. Il pourra ainsi renaître à la condition « d'homme instruit, conscient des devoirs qui lui incombent en sa qualité de membre de la communauté».

Ainsi le rite d'initiation est un passage du profane au sacré ou de celui qui ne sait pas à celui qui sait. La nature du savoir est essentiellement portée sur l'irréversibilité du temps qui passe.
Ces cérémonies ont été célébrées pour la dernière fois entre 1920 et 1923. Il existait également un rite qui était en fait un duel fictif auquel participait toute l'ethnie entre hommes et femmes.

Estas ceremonias se realizaron por última vez entre 1920 y 1923. También existió un rito de duelo donde participaba todo el grupo : una batalla simulada entre hombres y mujeres.


D'autres indiens étaient similaires pour leurs aspects physiques, mais ils ne parlaient pas le même langage.

Les Onas qui vivaient en  Terre de feu. Ils étaient très bons pour la chasse du guanaco qui a été la base de leur économie. Ils n'avaient pas de chefs, mais seulement une élite intégrée par les « chamanes », les gens sages et prophètes qui avaient des privilèges et la reconnaissance sociale.

Les Tehuelches sont des Amérindiens de Patagonie, vivant entre le fleuve Río Negro et le détroit de Magellan essentiellement en territoire argentin et chilien. Ils étaient réputés pour être de très grande taille et semblent avoir été à la base du grand mythe des géants patagons.
En effet, avant de les avoir rencontrés les explorateurs furent fort inquiets par la taille des empreintes de leurs pieds. Fortement amplifiés par les peaux de bête qui leur servaient de chaussures, leurs pieds apparaissaient immenses surtout qu'à cette époque les Européens avaient une taille moyenne plus petite en général. Quant aux hommes Patagons ils avaient une taille moyenne de plus d'1m 80 pour les hommes.

Les terres de Patagonie furent décrites pour la première fois par l'italien Antonio Pigafetta l'un des dix-huit rescapés et le seul écrivain de l'expédition du navigateur portugais Fernand de Magellan. Dans son récit du premier tour du monde il décrit la rencontre avec un « géant » certainement un  Tehuelche qui « était tant grand que le plus grand de nous ne lui venait qu'à la ceinture ». Selon la suite de l'histoire, Magellan aurait dit: « Ah ! Patagon ! » c'est-à-dire « Grand-Pied » d'où la « Terre des Grands Pieds » construite avec Pata ( pied en espagnol). Mais des interprétations plus péjoratives sont sans doute intervenues, car les indiens étaient vus comme des incultes et des rustres, on pense à l'influence de patán en espagnol, patão en portugais et « pataud » en français.
On dit aussi que Ferdinand Magellan leur donna ce nom parce que l'apparence des Tehuelches lui rappela Patagon, le monstre à tête de chien du roman espagnol du 16e siècle " Amadis de Gaule ".
Cette origine du mot « Patagonie » est généralement acceptée sans autre interrogation. Mais bien que pata soit un « pied » en espagnol, le suffixe - gon ne signifie rien.

Notre guide semblait avoir une autre version. Ces Tehuelches qui avaient dans les 5 pieds de haut auraient donné le mot  " Penta " et  l'écrivain aurait mal orthographié celui-ci et l'aurait transformé en " Pata" .

Mexique
Les visions Huichol à travers un art amérindien
Les  indiens Wixaritari, plus connus sous le nom de Huichol, vivent dans le Sud Ouest du Mexique. Ils rappellent leurs anciens rites, leurs offrandes, à travers des œuvres riches en couleurs, dans des tableaux de fils, remis en valeur aujourd'hui grâce à un ethnologue Michel Perrin et à la collection de François Reichenbach.
Les Huichols ont une conception de l'espace régie par 5 directions : les 4 points cardinaux et le centre, associé à un axe vertical. Le chiffre 5 parcourt tous les mythes et les rites, comme s'il garantissait l'équilibre de l'univers. Leurs principaux mythes tournent autour du monde des origines et sont la naissance du feu, l'origine de la lune, du soleil, des étoiles, des cerfs, du peyotl ( petit cactus hallucinogène ), du maïs. Maïs, cactus, cerfs forment la trinité huichol. Ces trois êtres ont une origine commune, partagent une même nature et peuvent se transformer en l'autre... L'arbre du vent est une plante psychotrope. Il est sacré, puissant et dangereux.
Les tableaux évoquant le monde des origines rayonnent à partir d'un centre circulaire. Le cercle symbolise le don de voir et celui de rêver.
Au commencement notre grand-mère lune n'apportait qu'une faible lumière, " Tatewari " notre grand-père feu vint après. Il est le premier chamane.Notre père Soleil apparut. Il brûla des ancêtres qui devinrent montagnes et rochers.  
Les chamanes, ont le même esprit que notre  frère aîné Kauyumari. Ils sollicitent son aide au moyen de bâtons à plumes et par des chants de nuit. Ils lisent dans les flammes, feu leur donne la vision. Ils font monter le soleil vers le ciel au moyen de 5 pins qui seront la coupole du ciel.
Ils ont des rites saisonniers agraires. Ils font des sacrfices, des aspersions d'eau, des onctions de sang de cerf. Le sacrifice du cerf est un rite essentiel pour qu les dieux apportent pluies, fertilité et santé.
Pérou : les Incas selon Jean-Daniel Baltassat, Antoine Audouard, Bertrant Houette, auteurs connus sous le pseudo : Antoine. B. Daniel

  Les Incas


Lorsque les Espagnols arrivèrent au Pérou en 1532, les Incas avaient établi leur domination sur les terres hautes et le piémont côtier des Andes.
Leur empire s'étendait depuis  Cuzco et sa région, jusqu'à la Colombie du Nord, le Chili et l'Argentine au sud.
L'unique Seigneur, fils du Soleil ( Inti qui décide le Jour ), et de la Lune (Quilla qui décide la Nuit ) est chef de l'Empire né à Cuzco. Il est aussi le véritable maître de l'empire.
Viracocha, le puissant, " celui qui a voulu qu'Inti le soleil nous offre la lumière et Quilla nous garde la nuit " peut tout, il a fait naître le monde. Il est sorti du lac Titicaca " le lac de toutes les naissances " pour enfanter les plaines et les montagnes, la femme et l'homme. Une fois sa tâche accomplie, il aurait disparu dans l'océan pour aller se reposer dans l'horizon. Il a aussi promis qu'un jour il reviendrait.
Le lac Titicaca : entouré de montagnes nées d'une volonté divine qui semblent tout de même bâties ! terrasses par terrasses, mur après mur par une fourmilière d'hommes. C'est ici que le monde voulu par Viracocha est né. Apu Ancohuma, Apu Illampu sont les premiers vivants à être nés ici.
Le royaume de Cuzco a été fondé par les premiers Incas, ( Manco Capac et Mama Occlo, les premiers ancêtres, arrivés un jour sur les crêtes des montagnes environnantes, ( par le Huanacauri ), après avoir fait un long chemin depuis le lac Titicaca, le lac des origines, là où le dieu Viracocha a tout fait surgir des profondeurs, ils ont planté leur houe d'or ( serpe : la taclla) dans la terre fertile offerte par Viracocha et selon la volonté de Viracocha, ont fendu la terre ) puis ils ont patiemment conquis d'autres montagnes, les plaines et les lacs. Le royaume s'étend jusque " dans les montagnes brûlantes de Quito et au Sud, là où la neige et le gel demeure dans toutes les saisons ". Une voie royale en pente raide et glissante menait à la capitale par des lacets de plus en plus serrés.
Alors que son père, l'empereur Viracocha, a renoncé à lutter contre ses voisins et envahisseurs les Chancas, l'Inca Yupanqui remporte une victoire devenue légendaire. Il se fait ensuite proclamer empereur sous le nom de Pachacutec ( « le transformateur » ) et, de la région du lac Titicaca à la mer, poursuit avec succès ses conquêtes.
Et Huayna Capac " le 12 e fils ", l'a rendu " à ce point immense qu'il faut des lunes pour aller du Nord au Sud ".

Cuzco, la ville du puma, la ville née du puma, le nombril du monde, a des quartiers comme le pumachupan ( la queue du Puma ) et porte en elle la force et la volonté des Ancêtres. Elle est la capitale des Incas, elle est celle " où le soleil se reflète en mille feux sur le Coricancha, le temple ".

Les Incas craignent la colère d'Inti, les larmes de Quilla, l'éclair qui traverse le ciel et la foudre d'Illapa. Si les fautes des humains sont trop grandes, le Soleil ne franchira plus les montagnes de l'Est, le temps s'arrêtera et ce sera la fin de l'humanité. Les sacrifices sont quasi constants; les prêtres et les devins consultent les augures. La coca est brûlée maintes fois. Les cœurs des lamas blancs et noirs sont étudiés. Ce sont souvent des lamas égorgés sur la pierre sacrée, parfois des enfants, la chicha ( bière fermentée à base de maïs, breuvage de cérémonie ) coule sur le sol sacré, le maïs brûle... Il faut donner des vies pour que la vie continue, pour ne pas interrompre l'ordre de l'univers. De partout sont envoyés les enfants des familles les plus nobles pour recevoir l'honneur d'être sacrifiés à  la gloire du fils du Soleil, l'Unique Seigneur sur terre, l'Inca. Le sang des enfants est offert pour qu'il retourne à la terre. C'est grâce à ces sacrifices que les Incas sont devenus des Maîtres, les Maîtres du monde visible par eux. Les épreuves à franchir dès le plus jeune âge, pour être un grand de ce monde, sont drastiques. L'un des châtiments consistait à décoller la peau des os.
Les Incas ont prouvé qu’ils possédaient des richesses tant au niveau matériel qu’intellectuel, et de l'orgueil. Avant l'arrivée des Espagnols, ils s'estimaient un peu comme " les Maîtres du monde ". Au fil de leur progression pour agrandir leur empire, ils prenaient des esclaves parmi les milliers d'indiens qui refusaient de payer un tribut et dont ils brûlaient les villages.

Les Incas exploitaient les ressources de l'Océan Pacifique, principalement les coquillages. Les prêtres déposaient ces offrandes plus prisées que l’or : des colliers en coquilles de spondylus. Ces coquilles incarnaient l’eau, ressource très précieuse dans les régions arides des Andes. L`or, l'argent, le métal doré n'avaient qu'une valeur de matériaux réservés à la fabrication des ornements et des objets rituels. Dans les temples tout était d'or et d'argent pur. L'or de leurs bouchons d'oreilles brillait. En effet, on ne peut pas faire l’impasse sur leur vénération pour le soleil et l’or... lequel est associé à la divinité solaire qu’ils nomment la « sueur du soleil ». Bijoux, instruments de musique et objets rituels sont principalement fabriqués avec ce métal, dans ce seul contexte.
Quand les Incas furent attaqués par les espagnols, ce fut surtout parce que ceux-ci étaient attirés par l'or. Les richesses du Pérou ont causé sa ruine. Les guerres sanglantes des espagnols uniquement poussés par l'attrait de l'or ont attiré le mépris des Incas. Eux préféraient être riches d'esprit et de cœur ( mises à part les exactions contre les Indiens et leur utilisation comme esclaves ! ). Ils réalisaient que l'or rendait dépendant et que par conséquent, le mépris de l'or rendait libre...
 En 1511, les conquistadores espagnoles sont à Panama. Toujours à la recherche de grandes quantités d'or, des rumeurs selon lesquelles existerait un pays aux richesses fabuleuses, troublent l'esprit des plus téméraires d'entre eux. Les indiens excédés par la cupidité de ces hommes venus de la mer, tentent d'éloigner leurs bourreaux en leur révélant l'existence d'un " El Dorado "

L'art et la civilisation des Incas

Les villes Incas ont un temple du Soleil
, des ruelles étroites, une esplanade des cérémonies. Une place en forme de trapèze est entourée de murs d'adobe très hauts. Souvent,  décalée sur la gauche se trouve une pyramide aux marches de géants où les indiens allaient adorer leurs dieux et s'adonner à leurs rites. Les merveilles du temple du Soleil à Cuzco témoignent du raffinement atteint par la civilisation des Incas. L'or et l'argent recouvraient les murs des pavillons qui composaient cet édifice. Dans le jardin, toutes les décorations étaient en or : minéraux, végétaux et animaux ornaient ces lieux. Le bâtiment principal contenait une image en or du Soleil et une grande fresque. Les momies des anciens Incas y étaient alignées.
Apu : mot quechua désignant les sommets montagneux, qui sont autant de divinités protectrices. Le mot signifie " Seigneur ".
Curaca : chef de communauté.
Coya : épouse d'un Inca, l'Unique Seigneur de ce monde.
Huaca : sacré. Par extension, sanctuaire.
La cancha : faite souvent de hauts murs de terre rouge a des pièces chaleureuses, elle n'a aucun meuble mais possède une grande richesse de tentures, de nattes, de couvertures et de plumes multicolores.
La chicha : boisson sacrée ( bière fermentée à base de maïs ) que l'on boit pour les fêtes, les cérémonies et que l'on répand aussi sur le sol.
L' ichu : une herbe sauvage d'altitude, surprenante, courte et épaisse, résistante même si elle est constament bousculée par les bourrasques et calcinée par le soleil. Utilisée souvent pour recouvrir les toits.
Le quint royal : est prélevé sur tout.
Le quipu : ensemble de cordelettes comportant ces nœuds de couleur qui servaient de support mnémotechnique, utilisé pour des inventaires ou pour faire passer des informations.  Ceux qui comptent le temps font leurs calculs sans se lasser. Dans les entrepôts, les noueurs de quipus manipulent leurs faisceaux de cordelettes, les généraux avant de partir pour leurs conquêtes, comptabilisent les armes et les vivres dans les tambos secrets...
Le condor : est un animal sacré. Grâce à son vol magestueux, les Incas y voient un messager de leur Dieu Soleil.
La Pacha Mama est la Mère Terre.
Tiana :  petit banc, symbole du pouvoir dont l'usage est presque exclusivement réservé à l'Inca.
Le puma : le puissant Seigneur puma, le puma aux yeux de lumière, celui dont les griffes terrifient, celui dont le bond traverse les montagnes.
Le pachacuti : grand bouleversement annonçant le début d'une nouvelle ère.
L'uncu : la tunique d'aparat.
 
Les voies dallées sont larges et entourés de murs d'énormes blocs de pierre à la maçonnerie régulière. Les pierres de construction chez les Incas étaient si finement jointes que la lame d'un stylet, si fine soit-elle, ne pourrait s'y glisser. Aucun mortier ne retient les pierres qui se dressent parfaitement assemblées, majestueuses, indestructibles. Les blocs étaient halés d'abord sur des radeaux, quand c'était possible, puis au moyen de cordes et de rondins ensuite, ils étaient poncés, polis avec des spatules de bronze et de pierre. Des murs aussi larges qu'un chemin, étaient d'un alignement parfait. Les toits étaient couvert d'ichu ( herbe sauvage ) bien sec. Les maisons ne sont pas disposées par hasard, elles entourent le temple et tout est comme un hommage au Soleil leur Père, à la Lune, à Illapa, l'Éclair... L'ombre et la lumière sont un hommage aux dieux et toutes les constructions imitent les observations des astronomes dans le ciel, le mouvement des étoiles et des planètes. L'eau coule en permanence dans les bourgades apportée par d'invisibles canalisations. Les murs d'enceinte ont des portes de forme typique, plus larges à la base dont parfois le linteau est décoré par un animal : guépard, serpent sculpté. Les pierres dans les temples ont été mille fois polies, on y a créé des angles pour les adapter. Des figures gravées apparaissent parfois dans les rochers au milieu de nulle part.

Dans la cour du Soleil des temples, seuls les grands prêtres peuvent pénétrer.
Le monde est fait de trois parties. l'une est visible et s'appelle le Kay Pacha. Elle contient les montagnes, les lacs, les animaux, les hommes et les choses qu'ils produisent. Elle contient leurs guerres et leurs joies, les enfantements et les maladies. Elle contient l'ordre et la loi des Incas de Cuzco, les Princes de l'empire des Quatre Directions et les seuls Seigneurs humains que le Soleil considère comme ses fils. Le Soleil, ( Le Soleil est l'œil vu de la terre, de Inti. ) lui, vit dans le monde d'en haut. Là où vont et viennent sa Sœur épouse La Lune et son frère Illapa, l'éclair. Et sous les pieds, il y a la demeure des Ancêtres.
Les ancêtres avant de mourir espèrent " devenir des pierres comme les Anciens de leur ethnie, posées sur l'herbe tendre d'une montagne de Cuzco. A leur mort, ils sont momifiés : disposés sur des nattes de paille et de quinoa, maintenus assis par un étayage de roseaux, leurs jambes sont repliées et les talons glissés sous les cuisses. Leur corps dont la chair brune est tendue a été vidé, noirci par une pâte noire, brillante et brûlée. Cinq fois ils sont séchés au soleil et enduits d'herbes et de salpêtre, puis gelés pendant la nuit par des blocs de glace enrobés de paille que l'on a fait venir de la montagne. Les corps recouverts de tissu ( souvent de vigogne incrustée de paillettes d'or et de pierres précieuses) sont veillés par des lamas d'or.
Le jour de la mort d'un " Unique Seigneur ", épouses, concubines, eunuques, esclaves et serviteurs, ( et il pouvait y en avoir des milliers ), doivent mourir aussi pour le servir dans l'autre monde. Longtemps on entend leurs suppliques, longtemps on entend leurs cris recouvert par le son grave et vibrant des trompes en coquillages, longtemps l'odeur du sang et de la mort empuantissent la ville. La seule femme à rester en vie est celle du " Frère double " de l'Inca, statue en or qui représente en ce monde  l'Unique Seigneur, en plus de sa momie. Cette princesse du soleil a des pouvoirs et en outre celui de communiquer avec l'Autre monde. La punition d'une femme peut aussi être la mort avant celle de son époux.
Les anciens vont dans le monde d'en dessous et le matin du jour égal à la nuit, ils vont dans le monde d'en dessus.  Ensuite ils sont partout : près de leur Père le Soleil
,
dans le monde d'en haut, près des Ancêtres dans le monde d'en bas et près des humains grâce au Frère-Double en or. Cet Autre Monde est celui du bonheur. Mais pour l'atteindre, il faut avoir vécu dans ce monde sans commettre de fautes, sans franchir la Loi de Cuzco.
Le Machu Picchu, la cité interdite dont nul ne doit prononcer le nom, est révélée par une large voie, dallée avec tant de soin qu'aucune herbe ne pousse entre les pierres. Ses entrailles d'or contiennent toute la puissance des Incas. ( Antoine B. Daniel ). Elle monte encore faiblement entre des arbustes et semble s'ouvrir sur le vide. Maisons, rues, temples, cours, murs et cultures sacrées dessinent un merveilleux tissage de brun, d'ocre, de verts tendres au milieu d'un entrelacs de pics et de vallées.  Par le jeu d'ombres et de lumières la forme du pic qui surplombe la cité sacrée est celle du puma. Comme un fauve rassasié par la longue course d'une chasse, la montagne semble couchée. ( Huanca Pichu est le « jeune pic » qui fait face au Machu Pichu ( par opposition, le « vieux pic ». ) Le mufle fier et levé, elle enserre dans ses pattes puissantes les temples, les rues, les maisons, les terrasses. Les prêtres s'inclinaient sur des vasques de granit. "C'est comme si en ce lieu secret, une alliance avait été nouée entre les hommes, le ciel, les montagnes et le fleuve pour créer un temple aux dimensions de la nature. " ( Antoine B. Daniel ). Il émane de ce lieu une grande noblesse.
Les Incas croyaient en un au-delà et à la vie après la mort, en continuation directe avec la vie ici-bas, et pensaient que leurs ancêtres pouvaient protéger les vivants, mais aussi qu'ils pouvaient aussi leur faire du tort.
La religion inca prétendait que les morts étaient transformés en êtres surnaturels qui pouvaient influencer en bien ou en mal les destinées des vivants .Aussi le défunt était-il l’objet d’un culte fervent . Les incas pensaient que le défunt renaissait sous une autre forme c’est-à-dire sous la forme d’un de ses descendants  d’où l’habitude donner au nouveau-né le nom de l’un de ses ancêtres .La nouvelle naissance n’était possible que si les restes du mort étaient bien conservés car selon la croyance il demeurait dans toutes les parties du cadavre une parcelle de l’esprit (« aya »).
Comme les Incas étaient animistes, ils croyaient que toutes les choses qui les entouraient possédaient une essence divine, une âme. Ils rendaient donc aussi un culte direct à l'eau, aux sources, aux rivières…
.

Les enfants de Llullaillaco la montangne dont la masse grise et rocailleuse marque la frontière andine entre le Chili et l’Argentine.

Cinq siècles après le sacrifice de trois enfants par des prêtres Incas sur un sommet argentin, des archéologues les ont retrouvés intacts en 1999. Au sommet du volcan Llullaillaco, le Club Andin Chilien note déjà en 1952 la présence de ruines archéologiques lorsqu’il réalise sa première ascension sportive. Plusieurs expéditions archéologiques sont ensuite menées, des relevés marquent le dessin précis d’une plate-forme cérémonielle datant des Incas. Cette information est communiquée à des scientifiques. Mais c’est John Reinhard qui étudie le plus en détail les sites et publie les résultats dans diverses revues scientifiques. Une expédition, ( Une expédition dont le but n’était pas connu de tout le monde au sein de l’équipe d’archéologues.  ) menée par l'américain John Reinhard et financée par le "National Geographic " part au matin du 26 février 1999. Ils sont quatorze chercheurs, aguerris aux techniques d’escalade et de résistance à l’altitude, et ils se déploient sur les flancs du volcan.

Immortalisées dans la glace, trois petites momies figent un moment de l'histoire des Incas et de leurs rituels.  Cette découverte archéologique a été faite à 6 739 mètres d'altitude. Le Llullaillaco ou Llullay-Yacu est le troisième plus haut volcan actif au monde.
Le volcan se trouve dans les Andes à la frontière entre l'Argentine ( dans la province de Salta ) et le Chili ( dans la IIe Región de Antofagasta ). C'est le site archéologique le plus haut du monde.


Les trois enfants du Llullaillaco, Un garçon et deux fillettes, ne portent aucune blessure apparente et semblent paisibles. Ils ont certainement été plongés dans l’inconscience avant leur mort.
Le garçon était âgé d'environ 8 ans. Il porte une tunique assez grande pour lui permettre de continuer à grandir après sa mort. Les sandales sont destinées à son voyage dans l'autre monde.
Avec lui, les prêtres ont déposé une offrande plus prisée que l'or : un collier en coquilles de spondylus. Ces coquilles incarnaient l'eau, ressource très précieuse dans les régions arides des Andes.
Le garçon a été retrouvé à 2 mètres de profondeur.

L'une des deux fillettes est une jeune fille d'environ 14 ans. Des statues et des céramiques sont disposées à ses côtés.
Curieusement, une tunique d'homme couvre la partie droite du corps.
De telles tuniques correspondent à un statut social élevé.
Pour les archéologues, il se peut que son père ait souhaité que les vêtements utilisés lors du rituel l'accompagnent au royaume des dieux.
Cette tunique était sans doute une offrande.
Des morceaux de feuilles de coca sont placés sous son nez. Ces feuilles, sacrées pour les Incas, ont dû être placées après sa mort.

Les Incas plaçaient les corps et les offrandes dans des niches naturelles qu'ils creusaient jusqu'à 3 mètres de profondeur.
C'est dans l'une d'elles que l'équipe a retrouvé la troisième momie qui a été frappée par la foudre à plus d'un mètre de profondeur.
C'est une fillette d'environ 8 ans partiellement brûlée mais dont le visage est resté intact. La fillette sent encore la chair brûlée quand les archéologues l'exhument.
A ses côtés, ont été déposés divers objets dont des statues, des poteries, des sacs emplis de nourriture et un sac de coca fabriqué avec les plumes d'un oiseau, peut-être amazonien.

On les anesthésiait avec des feuilles de coca ou de la chicha – pour les aider à supporter l’effort en altitude et le manque d’oxygène – , de l'alcool à base de maïs. Bien qu'une des momies porte un coup à la tête, La position dans laquelle ils ont été retrouvés laisse penser qu’ils sont morts de froid : en position assise. Les enfants ne semblent pas avoir été violentés. Enfin, une grosse couche de neige rendit les tombes complètement hermétiques à l’air peu après leur fermeture.

En effet, le froid ( il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° voire - 35 ° au sommet du volcan ), le manque d’oxygène ( la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut ) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants. Ils étaient sous une couche de cendre volcanique. Même la poussière aurait été conservée. La cendre empêche également le développement de bactéries et de champignons pouvant décomposer les corps. Ce phénomène était sûrement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin.

C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.

Les trois momies d'enfants, parfaitement conservées, sont exposées dans un musée de Salta, en Argentine, spécialement construit pour elles, sous une cloche de verre, afin de respecter des conditions climatiques très rigoureuses ( un seul corps exposé à la fois, sous une cloche à -20 °C, dans une atmosphère composée à 98 % d'azote et un taux d'humidité de 40 % ) n'altérant pas leur conservation.
Il a fallu construire cet équipement complexe permettant d’héberger les momies ( contrôle de l’oxygène, de l’azote, de la lumière, de l’humidité ). "Pendant 6 ans, nous n’avons pas eu accès aux corps ".
 

Les diverses polémiques :


1 ) « Nous avons été meurtris » disent les indigènes :

Comme on pouvait l’imaginer, l’enthousiasme des chercheurs est bien loin de faire l’unanimité. Le projet initial consistait à vérifier si différents sites situés sur des montagnes de plus de 6000m présentaient des traces de pillage, et d’effectuer en conséquence des actions de sauvetage correspondantes. Pourtant, John Reinhard avait d’autres idées en tête. Avec une certaine pression sur les épaules, ( Imaginez : l’expédition archéologique la plus haute du monde et les caméras du National Geographic qui filmaient le tout ) l’anthropologue voulait des résultats. "C’est là que la dispute a éclaté ". Le groupe s’est scindé en deux, avec d’un côté, ceux qui creusaient et de l’autre ceux qui ne voulaient pas être impliqués.
Dans cette région andine où une bonne partie de la population a des ascendants indigènes, la nouvelle qui fait à l’époque la une du New York Times suscite de vives protestations, notamment de la communauté Kolla.  «En tant que Kollas, nous avons été très meurtris. Les Kollas sont en désaccord avec l’exposition des momies. Ils ont le sentiment qu’un lieu sacré a été profané. Nous considérions ces enfants comme vivants, protégés dans le ventre de notre Pachamama ( nom Inca de la Mère Terre ). Notre demande est qu’ils reviennent sur la Puna, ( La puna est la région de la Cordillère des Andes située entre 3 500 et 4 800 mètres d'altitude )  là où ils reposaient depuis des siècles et non en centre-ville. »  Les enfants étaient vivants et sont morts au moment où on a réalisé l’excavation. Il s’agit d’une profanation, parce que cette sépulture a été réalisée par nos ancêtres il y a plus de 500 ans. Les enfants font partie de notre patrimoine culturel, et pour cela ils devraient être respectés et protégés. ».

2 ) Une gestion trop longtemps inappropriée

Les momies extirpées du cimetière, l’équipe restante a entrepris de les transporter dans des caissons réfrigérés jusqu’à Salta. Ensuite, une gestion catastrophique a eu de graves conséquences. Les momies ont subi des dégâts importants, à cause du stockage inadapté et des prélèvements. «C’est seulement en 2010 que les momies se sont stabilisées, après des années passées dans le freezer. Aujourd’hui encore elles se détériorent. Nous ne faisons que ralentir le processus » poursuit Mario Bernarski.

Des analyses « non-invasives » sur les corps sont effectuées ponctuellement. On sait même ce qu'ils avaient ingéré. Leur régime alimentaire était celui des élites, riche en maïs et protéines.
En charge du système sophistiqué de préservation, l’ingénieur Mario Bernarski précise :  « Pour les enfants du volcan Llullaillaco, nous parlons de momies instables ou de corps en processus de momification. Ce ne sont pas des momies complètes car leur intérieur contient tous les organes, avec une hydratation de 70%. Notre objectif est avant tout la conservation. ».

3 ) Arrêter les recherches : en trois ans seulement, au Pérou, seize ou dix-sept corps ont été extraits, dont six du volcan Misti en une seule expédition. C’est trop. Dans une province archéologiquement très riche, il faut freiner cet élan, pour avant tout résoudre le conflit social et travailler dorénavant en accord, en relation, voire avec dialogue entre les communautés.
 « Il existe un accord tacite dans la province de Salta pour qu’on ne réalise plus d’excavations de ce type. D’une part parce que 20 corps de plus ne changeront rien à la science et d’autre part parce qu’il faut respecter le souhait des peuples indigènes ». Il ne s’agit là que d’une parole d’honneur et elle ne concerne que la province de Salta. Au Pérou et dans d’autres pays, on continue à descendre des momies des montagnes.

4 ) Le MAAM, qui abrite les enfants du volcan, a été ouvert en 2004 par le gouvernement de la province de Salta et dispose de fonds propres. Avec près de 3000 visiteurs par jour, il est assurément le musée le plus visité d’Amérique du Sud. Au Secrétariat des peuples indigènes de Salta, on admet que les avis sont partagés. Son directeur, Augustin Fernandez, signale que le musée permet la promotion de la culture indigène. Chacun émet un avis personnel et cela n’a pas de poids car aucune loi, aucune institution ne régit le problème.
D’une manière générale, les milieux de l’anthropologie et de l’archéologie adoptent depuis plusieurs années une position à l’encontre de l’exposition de restes humains et leur restitution aux peuples d’origine. Pourtant, remettre les momies dans leurs tombes respectives au sommet du Llullaillaco serait risqué; les collectionneurs privés peu scrupuleux sauteraient sur l’occasion.

5 ) Une nouvelle polémique : envisager un autre déplacement !
La polémique au sujet des momies du Llullaillaco a récemment été remise au goût du jour par Cristina Fernández lors d’un voyage à Washington. Dans une discussion au sujet de l’exposition sur la Route des Incas au Smithsonian Museumen 2013, la Présidente de la Nation a suggéré d’inclure les momies. « La Doncella, La Niña del Rayo et El Varón, âgés de 500 ans, parlent aussi d’une culture qui a imprégné toute l’histoire précolombienne et qui imprègne encore la culture actuelle de tous nos peuples dans le nord de nos provinces » a-t-elle dit. Ces déclarations ont surpris les premiers concernés, à savoir les peuples indigènes, qui n’ont pas hésité à réitérer leur opposition à l’exhibition des corps.

La symbolique de ces sacrifices ?  : Mariage princier avec dame de compagnie ? Simple sacrifice aux dieux ?

Les « enfants du Llullaillaco », entre 6 et 14 ans, sont tous en habit de cérémonie, chacun entouré d'objets destinés à les accompagner dans l'éternité.
Parfois, les familles faisaient don de la vie de l'un de leurs enfants mais parfois, le sacrifice leur était imposé afin de conjurer les intempéries graves, les calamités et les cataclysmes.
 Les prêtres obtenaient des enfants de tout l'empire et récompensaient les familles par des fonctions gratifiantes ou des biens matériels.
Il ne faut pas croire que les Incas pratiquaient les sacrifices humains à tour de bras. Ils étaient plutôt rares.
Les enfants étaient considérés comme plus purs que les adultes. Ceux qui étaient sacrifiés étaient honorés.
Ils devenaient les représentants du peuple, vivant pour l'éternité parmi les dieux. Ils étaient déifiés comme les dieux honorés.
Ils ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité. Chez les Incas, les sacrifices d'enfants ne servaient pas seulement d'offrande aux dieux ( et plus précisément au soleil ). Les petits suppliciés étaient considérés comme des ambassadeurs de l'au-delà. À leur mort, les enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.

En résumé, l’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants, choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles, avant que des processions ne les conduisent jusqu’aux sites de leur immolation. . Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité, puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas ), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.

De quelles régions venaient ces enfants ? Quel chemin ont-il suivi depuis Cuzco ? Beaucoup de réponses sont attendues d’eux, tout en sachant déjà par exemple qu’ils n’étaient pas frère et sœurs,( Ils n'auraient pas le même ADN ) et qu’ils ont été bien alimentés jusqu’au dernier jour de leur vie.
 

Asie

Iran ( Perse autrefois )

 

On lit parfois que la Perse a marqué l'origine du concept des droits de l'homme au VI e siècle av. J.-C., sous le règne de Cyrus le Grand. Un document, découvert en 1879, est en effet parfois mentionné comme la «première charte des droits de l'homme ». En 1971, l'Organisation des Nations unies ( ONU ) l'a traduit dans toutes ses langues officielles. Le document ( cylindre ) décrète la règle persane : tolérance religieuse, abolition de l'esclavage, liberté de choix de profession et expansion d'empire. Dans une tradition mésopotamienne ce document présente l'idéal du roi juste. L'inscription de Cyrus a cependant quelques caractères novateurs, notamment sur les décisions concernant la religion.

Ce document retrace les événements ayant précédé la prise de Babylone, puis expose les décisions de Cyrus pour les Babyloniens : il règne pacifiquement, délivre certaines personnes de corvées injustes. Il octroie aux gens des pays déportés le droit de retour dans leur pays d'origine, et laisse les statues de divinités autrefois emmenées à Babylone revenir dans leurs sanctuaires d'origine. Il proclame la liberté totale de culte dans son empire.
Les Sassanides régnèrent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et religieux. Sous bien des aspects, elle représente l'accomplissement au plus haut degré de la civilisation Perse avant l'adoption de la religion musulmane. La Perse sassanide eut un impact certain sur la civilisation romaine et les Romains considéraient hautement les Perses sassanides; en témoignent les lettres de l'empereur romain au Shahanshah : « A mon frère... ». Leur influence culturelle s'étendit bien au-delà des frontières de l'empire pour atteindre l'Europe de l'ouest, l'Afrique, la Chine et l'Inde, et joua un rôle proéminent dans la formation de l'art médiéval européen et asiatique. Cette influence cependant se perçoit encore à l'apparition du monde islamique et lors de la conquête de l'Iran par les musulmans. La culture aristocratique et unique de la dynastie en est la preuve. Certains vont a même jusqu'à affirmer que ce que l'on appellera ensuite la culture, l'architecture, l'écriture islamiques... devront beaucoup aux Perses sassanides, avant de se propager dans les autres pays islamisés.

La notoriété d’Alexandre
le Grand ou Alexandre III de Macédoine s’explique principalement par sa volonté de conquête de l'ensemble du monde connu. Cette aspiration, à la fois illusoire et pourtant presque réalisée, avant qu’il ne soit foudroyé à l’âge de trente trois ans, a pour conséquence — durant un temps très court — une unité politique jamais retrouvée ensuite entre l’Occident et l’Orient.

L’héritage d’Alexandre, marqué par une tentative de fusion des cultures grecque et orientale, est partagé entre ses généraux pour former les différents royaumes et dynasties de la période hellénistique.

Gengis Khan né vers 1155 et mort en 1227 dans le district de Qingshui, fut le premier dirigeant mongol et empereur de l'Empire mongol. Il utilisa son génie politique et militaire pour unifier les tribus turques et mongoles de l'Asie centrale et ainsi fonder son empire, le plus vaste empire contigu de tous les temps.
Un derviche ( mot qui vient du persan et qui signifie mendiant ) est une personne qui suit la voie ascétique soufie, et requiert une pauvreté et une austérité extrêmes.
Le derviche est initié et participe aux rituels de la confrérie qui consistent souvent en des invocations répétées du nom de Dieu, ou en d'autres pratiques hypnotiques comme la danse ou le chant jusqu'à l'extase mystique.
La confrérie la plus connue est celle des derviches tourneurs en Turquie et en Iran.
Quand leurs prières commençaient, ils se mettaient à tourner, à tourner comme les planètes autour du soleil et cela durait toute la nuit.
La première danse ne gagna son caractère de cérémonie religieuse et son esprit d'élévation de l'âme qu'avec l'Ordre Mevlévi.
A l'époque de Mevlâna, il existait très peu d'instruments de musique et le " semâ " était joué en improvisation. Plus tard, on créa des ensembles formés d'instruments spéciaux pour ce type de musique, mais le "ney", une sorte de longue flûte, y tenait une place particulière; on composa des mélodies uniquement pour cette cérémonie. Elles étaient interprétées par un grand nombre de musiciens. " Écoute la flûte de roseau enseignait Mevlana le mystique ".
Cette musique est triste comme une plainte.


Les kurdes sont au même titre que tous les habitants des autres régions d’Iran, des iraniens. Cette tactique d’assimilation fonctionne mieux d’ailleurs que les tactiques plus radicales turques ou irakiennes. En Iran, on ne se sent pas forcément kurde « grâce » aux forces armées. Cette façon d'agir a eu pour conséquence d'interdire l’enseignement ou l’utilisation de la langue kurde, puisque comme toute langue, elle est l’outil d’une identité culturelle qui est trop proche de l’identité iranienne pour ne pas lui faire d’ombre (décret de 1935 décidant de la fin du kurde comme langue écrite ). D’ailleurs, le dernier recensement des langues influentes dans le monde témoigne bien d’une réelle rivalité culturelle : le passage du kurde devant la langue persane dans son potentiel d’influence nous conforte dans l’idée que les entreprises iraniennes d’étouffement culturel à l’encontre des kurdes trouvent vraiment un fondement dans la peur de l’évincement culturel.
 

iNDE

( Le satî ou sacrifice rituel des veuves, est une pratique aujourd’hui révolue et consistait pour les femmes survivant à leur mari à se placer, vivante, à ses côtés sur le bûcher de la crémation. )

Laos


Les ruines khmères : Vat Phou ( classé au patrimoine mondial de l’Unesco)  et Oum Muang, situé sur les bords du Mékong.
« Oum Muang » était jadis le point de relais des bateaux marchants venant du Cambodge. Les principaux sanctuaires en brique ont été presque entièrement détruits. Le site n'a pas connu les fouilles archéologiques aussi approfondies que le site « Wat Phou ». Le dégagement de la forêt n'a commencé que dans les années 1950. « Au plus profond de la jungle subsistent, comme en sommeil, les vestiges d'une civilisation perdue » préangkorienne, datant du 6 e siècle, à peu près à la même époque que le Wat Phu. On dit d'ailleurs que les pierres dont sont battis les pavillons du Vat Phou auraient été extraite à Oum muang.

Les organes de la génération furent adorés comme des dieux, l'organe masculin, le phallus, fut représenté par la pierre debout, le bâton pointu du nedj générateur du feu, et, l'organe féminin par les cupules des pierres, le bâton troué du nedj et le mullos. Le lingam est symbole phallique de Shiva et donc le symbole de la création adorée chez les Indiens sous la forme des parties sexuelles de l'homme et de la femme en état de copulation.

Un lingam, symbole phallique sacré, à Vat Phou et Oum Muang,  était aspergé d'eau lors de cérémonies.
Ces temples existent dans plusieurs pays : Cambodge, Laos... Ils se composent de structures anciennes datant à peu près du 8 e siècle, en brique, en latérite et en grès. Ils sont dédiés à Shiva. Ils contiennent des segments de Linga et Yoni ( forme des parties sexuelles de l'homme et de la femme ). L’eau aspergée coulait le long du linguam et devenait bénite.


Thaïlande


Des ethnies montagnardes ( Lao, Yao et femmes-girafes ) ne servent plus malheureusement qu'à divertir les touristes.

Les femmes au long cou, une ethnie karen, regroupée dans des villages non authentiques, fuit la junte militaire. Les Padongs ou padaungs ( une ethnie Karen ) également  avec " Femmes girafes ", originaires de Birmanie, ont tenté de fuir le Myanmar, la guerre avec la junte et les persécutions.

En Thaïlande, ceux qui mangent du chien ne sont pas légion, à part la région nord-est du pays. D'ailleurs, les mangeurs du chien sont généralement d'origine vietnamienne ou d'ethnies minoritaires. D'après notre guide, Akhas, Karens, Lisus, Hmongs,... mangent du chien.
Pays d'environ 65 millions d'habitants, la Thaïlande est composée d'une grande variété de groupes ethniques qui se fondent peu à peu dans la population. La grande majorité de la population est thaïe ou issan, mais il y a également des Chinois, des Malais ou des Khmers, et de nombreuses tribus, chacune avec ses propres coutumes et traditions. Voici quelques-unes de ces tribus.

Groupe tibéto-birman, branche birmane
Akha   :  80 000 dans le nord de la Thaïlande, dans les provinces de Chiang Rai et Chiang Mai à haute altitude. Présents aussi en Chine et au Laos.
Karen ( ou Kariang )  :  400 000 en Thaïlande ( Chiang Rai, Chiang Mai, Mae Hong Son et tout le long de la frontière birmane ), la plus grande des tribus montagnardes. 7 millions de Karen vivent en Birmanie, où certains revendiquent leur autonomie et sont engagés dans une lutte armée contre le gouvernement.
Lisu    50 000 dans les provinces de Chiang Rai, Chiang Mai et Mae Hong Son.Également présents en Chine ( 730 000 ) et en Birmanie ( 350 000 ).

Groupe miao-yao
Hmong    150 000 dans le nord de la Thaïlande, la plupart réfugiés du Laos où ils combattent le communisme.
Yao    40 000 dans le nord de la Thaïlande ( Chiang Mai, Chiang Rai, et camps de réfugiés le long de la frontière laotienne ), mais vivent principalement en Chine et au Vietnam.

 

Vietnam


 

Les mandarins étaient les grands commis et fonctionnaires de l'ancien Empire chinois, qui devaient passer de nombreux concours pour accéder aux charges civiles et militaires. De nos jours, une bonne définition serait « personnages choisis pour diriger parmi les meilleurs hommes d’esprit ». Pour devenir mandarin il fallait passer un concours après 3 ans d'études. Il était nommé pour 100 ans. 80 000 candidats se sont présentés pour 3 000 places dans l'histoire du mandarinat. Ils étaient nommés docteurs. Le nom des nommés était gravé sur des stèles rouges. Ce titre a été supprimé au début du XXe siècle avec l'arrivée des français.
Le roi prenait des aphrodisiaques pour honorer ses nombreuses concubines.. La vie amoureuse est aussi réglée selon les cycles du mois lunaire et les concubines sont divisées en grades.
Le roi nommé est l'aîné mais tout de même après intervention du conseil des mandarins.


Le Royaume de Champā ou Tchampa est un État de culture hindouiste et de langue malayo-polynésienne qui exista dans la zone centrale du Viêt Nam moderne entre les IIes. Le nom de Champā provient d'une région de l'ancien Bengale, dont la capitale était Champâpuri. Descendant du royaume Champa, le Champa de Marco Polo, dont la capitale, Vijaya, contemporaine d'Angkor, se trouvait au centre du Vietnam, dans l'Annam. Les derniers Chams survivants des Khmers rouges coulent enfin des jours tranquilles au nord de Phnom Penh et dans la région de Kompong Cham.

Europe

RAPPORTS SARDAIGNE CORSE

 


Une même culture s'est étendue en Sardaigne et en Corse.

La culture nuragique apparaît en Sardaigne au cours du premier âge de bronze, vers le XVIIIe siècle av. J.-C. et ce nom dérive de son monument le plus caractéristique : le nuraghe. Cette même culture s'est étendue également en Corse, où l'on en trouve trace en maints endroits, notamment en Corse du sud.

Les rapports sont historiques, linguistiques et culturels.
 
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                                                                  Drapeau de la Sardaigne.

L'origine du symbole sarde n'est pas bien définie, mais on retrouve sa trace historique attestée en 1281. On doit noter son analogie avec celui de la Corse voisine. Plusieurs faits historiques peuvent peut-être l’expliquer.

En effet, le premier événement historique se déroule en 1014, par la victoire sur Museto à Cagliari, et ainsi, les têtes de maures représenteraient les vaincus, et seraient au nombre de quatre en référence aux régions sardes.

Mais le fait historique le plus explicatif du symbole, serait celui de 1096, lorsque le roi Pierre Ier d'Aragon vainquit les Maures, lors de la bataille d'Alcoraz. Il expliqua cette victoire sur les quatre rois arabes tués sur le champ de bataille, par le concours providentiel de saint Georges ( dont la bannière est une croix rouge sur fond blanc ). D'ailleurs, d'anciennes représentations montrent parfois quatre têtes couronnées.

C'est le 5 juillet 1952 que l'emblème devient par décret, le symbole officiel de la Sardaigne. La Loi régionale du 15 avril 1999, a relevé le bandeau sur le front des Maures ( à l'origine, il leur bandait les yeux ), pour des raisons diplomatiques.


Les Phéniciens sont les premiers à fonder des comptoirs commerciaux en Corse et en Sardaigne : Caralis ( Cagliari ), Tharros ( Torre di San Giovanni ), mais les Grecs de Phocée les concurrencent avec leurs colonies d’Alalia ( actuelle Aléria ) en Corse ( fondée vers -560 ) et de Terranova Pausania ( Olbia ) en Sardaigne. Les Carthaginois aidés des Étrusques vainquent les Phocéens à Alalia en -535. La Sardaigne, puis la Corse, passent sous le contrôle de Carthage.

 

La Corse et la Sardaigne dans l'Empire romain


Les Romains exportent la guerre en Sardaigne et en Corse afin d’affronter les garnisons carthaginoises et afin de piller ces îles.

La Corse-Sardaigne ( Corsica et Sardinia en latin ) est une province romaine.

Lors de la première guerre punique, les Romains attaquent la Sardaigne dès -259, mais ne s’en emparent pas. Après la défaite de Carthage en -241, les mercenaires sardes au service de Carthage se révoltent en -238 et demandent l’aide des Romains. Ceux-ci déclarent à nouveau la guerre à Carthage et envoient leur flotte de guerre. En -229, Carthage cède à Rome la Corse et la Sardaigne, perdant ainsi deux places stratégiques en mer Tyrrhénienne. Lors de la seconde guerre punique ( 218-201 ), les Carthaginois tentent en vain de reprendre la Sardaigne.


 

 
Sardaigne

 
La Sardaigne appartint au monde mégalithique qui s’exprima à Malte par exemple, " elle évolua de manière originale pour donner naissance à cette civilisation nouragique qui reste encore largement mystérieuse " (
Roger Joussaume  ).
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La civilisation nuragique, civilisation originale, ( C’est en effet durant cette ère qu’une véritable société voit le jour. ) est le pilier de la culture sarde proprement dite, elle est répandue sur toute l’île de la Sardaigne. Elle est composée de plusieurs périodes et peut être divisée en différentes phases.
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Le terme nuragique ( ou nouragique ) est issu de l’empreinte la plus marquante de cette société, les nuraghes­ Dès l’âge du bronze, la Sardaigne connut cette civilisation originale ( tours, tombes, dolmens ). Pendant la deuxième partie du III° millénaire av.J.C., l'architecture mégalithique continue à évoluer radicalement, jusqu'à produire des monuments fortifiés. Ce sont alors des élévations plates, bâties sur un plan quadrangulaire, puis ovoïde, puis circulaire. Conformément au modèle, la terrasse porte une ou plusieurs huttes et, dans la plupart des cas, un escalier mène à la plate-forme.
Rapidement, ces éléments cachés vont évoluer en systèmes plus complexes et les constructeurs, qu'on peut imaginer soucieux d'assurer la solidité de la pesante structure, vont finalement opter pour le plafond en ogive, qui préfigure le tholos des tours nuragiques.
Les tours nouragiques, sont des tours de forme conique en pierre, avec une chambre intérieure dont le toit est une fausse coupole, appelée tholos. Dans la partie intérieure de la tour centrale, qui conserve encore parfois intacts ses deux étages, peut se trouver une cour ayant la forme d'hémicycle avec un puits de 20 mètres de profondeur.
Antérieures aux premières invasions puniques, elle sont constituées d'une série de couloirs, postes de garde et chemin de ronde pour former des édifices souvent dotés de nombreuses pièces et pouvant atteindre 20 à 25 mètres de haut sur 2 ou 3 étages.
C
es tours préhistoriques construites avec des blocs de pierres, sommairement taillées, sont utilisées comme habitations, lieux de culte et forteresses entre 2000 et 500-300 avant J.-C. Dès 1400 apparaissent les premiers nuraghes que les archéologues nomment « complexes »,  comprenant jusqu’à 17 tours et des murs épais de plusieurs mètres : Nuraghes avec parfois ajouts concentriques ou reliées par une mur d’enceinte pour former un véritable bastion muni de tours, constituant des édifices imposants et bien articulés : du simple ajout d’une petite tour latérale à la véritable forteresse avec un bastion pourvu de tours angulaires, (  Losa, ), souvent pourvus d’une cour intérieure où se trouvait également un puits pour l’eau.. (  à titre de repère historique, c’est l’époque où règne Toutankhamon en Egypte ).
Avec le temps, les nuraghes sont donc devenus des ensembles architecturaux d’une complexité étonnante. Les blocs massifs constituant le bas des murailles sont choisis avec soin. Leur origine géologique varie selon les régions. Ils sont très souvent parfaitement ajustés et parfois même taillés. Aucun mortier n’est utilisé pour les assemblages : il s’agit de constructions en pierres sèches.
La fonction des nuraghes est encore sujette à réflexion. Il peut être aussi un poste de surveillance et de communication à vue, il a été utilisé encore comme lieu de stockage de denrées périssables ou de produit précieux.
Cependant,  les archéologues sont désormais d’accord pour considérer que les nuraghes étaient des édifices à caractère à la fois civil et militaire, destinés au contrôle et à la défense du territoire et de ses ressources.

Situé au centre de l’espace relevant de l’intérêt commun, certainement donc résidence fortifiée de l’autorité politique, civile et militaire, le nourague était  probablement aussi le centre religieux de la région car des critères sacrés  semblent entrer en jeu dans le choix des sites.

Le nourague : édifice à caractère civil :
Il existe des nuraghes privés et d’autres qui assurent la fonction de résidence de l’autorité d’un village. Ils devaient aussi être le siège des activités publiques, politiques, administratives, juridiques...
Chaque communauté possède une sorte de territoire « cantonal »
autour d’une cour commune, peut-être destinée à différentes activités artisanales, et réservée à une famille particulièrement influente. L’utilisation du nuraghe est limitée à peu de familles, qui détiennent un pouvoir tant social ( statuts privilégiés ) qu’économique ( possession de magasins ). Mais une communauté bien patriarcale. Chefs, cultivateurs, bergers, guerriers habitent certainement le nuraghe, tandis que le reste de la population se loge dans de petites huttes en pierre, placées autour de celui-ci.

 La vie sociale se développant, les Sardes vont se regrouper en petites tribus. La société nuragique se complexifiant, on trouve plus tard deux structures importantes dans certains villages. La première est la salle du conseil, qui sert à réunir les chefs de familles afin de régler les problèmes de la communauté. La seconde est la salle du conseil fédéral, qui a pour fonction de traiter les affaires qui concernaient l’ensemble du peuple nuragique, en réunissant les chefs des tribus. Les temples deviennent des centres de réunion inter-tribus, ce qui révèle l’homogénéité de ce peuple, malgré les diverses coalitions. A l'intérieur de la cabane des réunions se trouve des sièges de pierre, adossés aux parois ( siège du chef ). C’est pour cette raison qu’elles ont été interprétées comme des cabanes de réunions pour les assemblées des chefs de familles, ou des chefs de plusieurs tribus limitrophes. De plus, dans cette catégorie de cabanes, on retrouve quasiment tout le temps un vase de pierre ( ou niche ) adossé à la paroi, certainement destiné à contenir de l’eau pour les rites de purification qui devaient précéder ce genre d’assemblées.

L'île est probablement divisée en territoires autonomes, qui commercent ensemble. Les riches ressources minières de l'île attirent l'attention et l'intérêt commercial des populations de la Méditerranée orientale, comme les Mycéniens et les Chypriotes, mais ce sont les Phéniciens qui, à partir du IXe et du VIIIe siècle av. J.-C. constituent les premières colonies stables, occupant des sites le long de la côte, dans le sud de la Sardaigne essentiellement,  facilement accessibles, favorables aux échanges et au commerce. On constate l’apparition d’armes importées d’Orient ce qui montre l’existence d’un commerce manifeste. Il devait y avoir des marchés.
Plusieurs comptoirs phéniciens s’installent au Sud de la Sardaigne au cours du huitième siècle.
 

Le nourague : édifice à caractère militaire :
 
C'était sans doute une société guerrière ( On a trouvé beaucoup de guerriers parmi les figurines déterrées )  : guerres entre tribus, ou altercations.  Des murs d’enceinte extérieure, parfois pourvus de tours de guet pouvaient entourer les bastions et constituer une ligne de défense avancée. La plupart du temps, les nuraghes sont situés sur des surplombs, des sommets bien isolés, des points stratégiques, voies d’accès aux vallées, sentiers grimpant sur les plateaux, cours d’eau ). Les valeurs stratégiques, nous ne pouvons pas encore toujours les établir.
« Les Sardes ont toujours dû surveiller les envahisseurs […], ainsi, de cachettes naturelles, puis de nuraghes en villages perchés, le peuple de Sardaigne assiégé a toujours su résister. »
Avec les dernières civilisations de cette période, on voit apparaître de véritables systèmes de défense et le développement d’armes en métal. Une nouvelle classe sociale dominante est alors créée, celle des guerriers, ce qui témoigne du besoin que ce peuple a de se défendre.
Des murs de protection protègent l’ensemble des tours ; des couloirs étroits permettant de relier un édifice à un autre. La courbure d’une muraille dissimule une entrée, un étroit passage ou parfois un puits profond. Des cabanes viennent se grouper aux pieds de ces forteresses massives comme les alvéoles dans une ruche.
Le nourague : édifice à caractère religieux :

Les aspects principaux de la religion nuragique sont le culte des morts, le monde des Enfers, ainsi que le culte de l’eau.


Le culte des morts : les rites étaient souvent funéraires : cf. tombes de géants qui expriment l'apogée de cette civilisation. " Géants car les gens pensaient que c'étaient les restes d'une seule personne ". En réalité ce sont des sépultures collectives. Elles sont formées d'une pièce allongée obtenue par la disposition de rangées de deux pierres enfoncées verticalement dans la terre et d'une troisième, toujours plate, posée dessus, de plaques rocheuses grossièrement travaillées.


Le culte de l'eau :
 

La facette la plus attestée de la vie religieuse et spirituelle des populations nuragiques est celle d'un culte rendu aux eaux, en tant qu’issues du sein de la Grande Terre Mère. Pour ce culte, ils ont construit quelques dizaines de sanctuaires, appelés Puits Sacrés, caractérisés par un escalier rectiligne qui descend au niveau de la nappe d'eau, bien qu'ils aient souvent été placés sur une source.
Ce culte nuragique, certainement animiste, apparaît en Sardaigne vers le XVIII e siècle avant Jésus Christ. On faisait des offrandes à des divinités, à des chefs de tribus : les plus courantes sont les offrandes de nourriture et de vin, de céréales, de pain. .C'est autour de ce monument que se formait en général un village.
A proximité des sources ou dans les vasques aménagées, les fouilles archéologiques ont révélé d’importants dépôts d’offrandes votives qui constituaient la majeure partie du trésor nuragique : statuettes de bronze, bijoux et divers objets précieux soit de fabrication indigène, soit importés. Comme le prouvent les offrandes découvertes dans les Puits Sacrés. Les cérémonies liées au culte de l’eau ont été maintenues pendant plus de 2 millénaires.
Il semble que les Puits Sacrés étaient la propriété des clans locaux et que certains d'entre eux étaient de grands centres religieux, points de rencontre des clans, tribus ou confédérations Nuragiques, lieux de cérémonies mais aussi de palabres, de marchés et de fêtes. Selon l'historien Strabon, c'est en prenant le contrôle de ces centres que les envahisseurs Romains ont réussi à " pacifier " l'île des Bâtisseurs de Tours.
C’est surtout autour des puits sacrés que se construisirent les principaux sanctuaires nuragiques. Ils sont considérés comme communs à plusieurs villages.

Les temples « à megaron » et temples à puits
Des temples, des constructions rectangulaires, peuvent être isolés ou associés à un autre édifice religieux constitué d’une fontaine sacrée annexée à un petit amphithéâtre de gradins pour des ablutions rituelles et collectives. Ces petits temples sont sûrement toujours en lien avec le culte de l’eau.
 Il existe également des édifices constitués de chapelles circulaires peut-être liées à un culte domestique.

  Attenant aux édifices de culte, on retrouve des édifices  non-religieux comme : la cabane des chefs aussi nommées « cabanes des assemblées fédérales » ainsi qu’une aire festive. Tous ces éléments montrent bien que les sanctuaires sont destinés à recevoir des pèlerins ( des hébergements pour les pèlerins s’installent à proximité également. ).

Des villages de plus en plus importants se groupent au pied des ensembles fortifiés, ( les archéologues ont dénombré jusqu’à plusieurs centaines de bâtiments sur certains sites ). 
Le village nuragique est situé à l'extérieur de l'aire sacrée.
Les villages-sanctuaires :
A proximité du Puit Sacré, s'étendait donc parfois un grand village, le sanctuaire faisant souvent partie d'un complexe nuragique. La majeure partie de la population résidait dans les villages de cabanes plus ou moins simples ( maisons circulaires en pierre, premiers villages fortifiés ). La vie quotidienne se déroulait à l’intérieur de modestes demeures de pierre au toit généralement constitué de branchages, souvent crépies à l’intérieur avec du torchis et quelques fois isolées avec du liège.
Les techniques de construction évoluent aussi au fur et à mesure que les nouragues se complexifient. Le contact avec d’autres civilisations, grâce aux nombreux échanges commerciaux qui ont lieu avec les villes du pourtour méditerranéen, enrichit le savoir-faire des bâtisseurs et des artisans.
Le « nuraghe » de Losa a des traces de quelques remparts chargés de protéger les habitations et les greniers. Les sites sont souvent entourés d'oliviers  très anciens.

Le peuple nuragique travaille bien le métal, la pierre et la céramique. Les manifestations artistiques les plus considérables sont constituées sans aucun doute des statuettes en bronze qui reproduisent des figures humaines et d’animaux, ils nous ont donné ainsi la possibilité de connaître leur vie quotidienne, les usages et les coutumes du temps.
 
Les divers objets trouvés sur les différents lieux, parfois sous des pierres, dans les puits sacrés,  et conservés au Musée de Cagliari par ex. ou au "Palazzo Parpaglia " d'Oristano où ils sont exposés : des trouvailles faites sur les fouilles archéologiques de Tharros, des objets du moyen-âge d'Oristano, des outils et d'objets utilisés pendant les rites, pour les cérimonies, des vases décorés  à usage certainement rituel, des bronzes guerriers avec des couvre-chef à plumes ( h 6,4 cm ), des archers avec casque cornu, des lutteurs d'une civilisation où les armes étaient à l'honneur ( armes en cuivre et en bronze ), des vestiges et des fragments d'animaux stylisés ( les animaux élevés étaient les ovins, les porcs et les bovins ),  des créatures fantastiques, des reproductions en miniature d'objets usuels. Les vases sont au cours des ans, finement décorés de cercles et de demi-cercles. Les exemples les plus raffinés sont les représentations des chefs de tribu. Des représentants de la classe populaire se retrouvent dans les formes de bergers et de paysans, souvent représentés pendant leurs activités journalières avec des animaux et des produits agricoles ( artisans, joueurs de flûte et héros ). Ils sont représentés de façon surprenante comme des soldats avec quatre yeux. Certains soldats ont  aussi quatre bras, deux boucliers et deux épées. Très intéressantes sont les " nacelles nuragiques " petits modèles en bronze utilisés souvent comme des lampes à huile. Il n’a pas été encore vérifié s’il est licite de les considérer comme de simples symboles de voyages ou comme de véritables miniatures de bateaux réels à l'époque.
 
Les nuraghes sont connus dans le monde entier comme le symbole historique de la Sardaigne. Ces constructions présentes sur toute l'île étaient finalement le centre de la vie sociale des anciens Sardes Diffusés sur tout le territoire sarde, on en compte entre 7.000 et 8.000 selon les sources, soit en moyenne un tous les 3 kilomètres carrés et il est certain qu'ils étaient plus nombreux à l'époque. On estime qu'ils étaient plus de 20.000 par le passé. Les nuraghes constituent les plus grands monuments mégalithiques d'Europe, mais surtout les mieux conservés.
Du 8e siècle au 6e siècle avant Jésus Christ, la civilisation connut son apogée : les petites villes fleurissaient, prospéraient autour du Nuraghe; ils développaient le commerce et les contacts autour de la Méditerranée. C’est vers -900, que cette civilisation commence à décliner lentement, avec l’arrivée de colonies phéniciennes, pour voir sa fin vers -238, avec l’arrivée du pouvoir romain.
Ce culte a été perpétué pendant plus de deux millénaires Quand ce culte est tombé en désuétude, les sanctuaires construits sur des sources ont été convertis en fontaines publiques.
Dans la Sardaigne d'aujourd'hui, certains aspects des festivités nuragiques semblent transparaître lors des pèlerinages aux églises champêtres, innombrables et presque toujours placées près d'une source...
Lorsque le développement des nuraghes est entré dans sa phase finale, le rythme des constructions a ralenti considérablement. Au moment de la conquête de l’île par les Carthaginois, au VI e siècle avant notre ère, les nuraghes sont toujours occupés, mais il semble qu’aucune forteresse nouvelle n’ait été érigée depuis pas mal de temps…

Depuis 1997, les nuraghes, et ainsi la civilisation nuragique, sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco
 


Date de création : 07/12/2011 . 20:16
Dernière modification : 06/12/2014 . 16:14
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par institut-des-arts-ou le 10/05/2018 . 18:57

Quel bonheur de vous suivre dans vos voyages ! Merci infiniment pour toutes ces informations qui nous passionnent

Merci pour ce message. Mireille


Phrase du mois

A l'an que ven, que se sian pas mai, que fuguen pas mèns

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