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Sur les voyages et ce qu'ils nous apprennent

 A toute évasion, je joins un frisson
Et doucement dans le lointain
Le souvenir d’un voyage écrin
A chaque pas
Un visage, une pensée
Une habitude, une tradition
Un paysage nouveau
Une vie et d’autres visions
Au regard des enfants
Une autre manière de penser
Au regard des parents
Une autre jeunesse à inventer
Le roulement des valises est un rituel
La porte de l’avion s’ouvre sur des senteurs nouvelles
Comment oublier la musique de ces pays ?
Les voyages me nourrissent encore
Et je dévore de mes yeux

Leur éternel décor.

Guillaume V.

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Pendant longtemps j'ai été dans l'incapacité de distinguer un noir d'un autre noir, un chinois d'un autre chinois. 

Lorsque j'étais enfant, je me suis souvent demandée ce qu'Ulysse avait entendu, lié au mât de son navire, tandis que ses compagnons avaient les oreilles bouchées de cire. Il suppliait qu'on le détachât pour se jeter à l'eau et nager vers la voix de la sirène. Je sais maintenant ce qu'il a éprouvé : la curiosité, l'envie de découvrir, de savoir, le besoin de s'évader...

J'ai à la fois adoré et craint les aéroports.  Une grande activité y règne en permanence. Faire la queue pour enregistrer ses bagages. Poser les valises sur le tapis mobile. Se trouver parmi les avions, parmi tous ces gens avec leurs bagages. Le choc du tarmac qui stoppe pour un instant les rêves et les pensées. la peur de m'égarer.
Pendant longtemps, pour les grands parcours aériens, nous n'avions pris que des lignes du monde occidental  connues et qui nous semblaient sécurisées. Les autres comme air India, les charters nous faisaient éprouver un certain malaise. Ce n'est plus le cas. Nous savons aujourd'hui apprécier une sécurité au moins identique le plus souvent avec en plus une grande sollicitude et de la place  pour ceux qui ont besoin d'allonger leurs jambes. Dans certains pays, une équipe asperge même tout l'avion d'insecticide... Bon ou mauvais ??
Les grands voyages ont toujours quelque chose de merveilleux et leur enchantement commence avant le départ par le rêve, les souvenirs culturels, l'imagination.
Si je devais rapporter les récits des aventures, les hasards extravagants, il me faudrait un volume....

Au retour de chacun de nos voyages notre monde est toujours là, il n'a pas été modifié. Mais nous, nous avons chaque fois un peu changé. C'est une belle parenthèse que nous ouvrons régulièrement dans notre vie de famille et tant que nous le pourrons, nous parcourrons les sentiers du monde, nous découvrirons des paysages extraordinaires, nous humerons les parfums des forêts loitaines, nous profiterons du sourire des autochtones... et nous en ferons profiter après nos enfants, nos petits enfants qui ont déjà connu avec nous pas mal de pays : le Maroc, la Grèce, la Lybie...  et même la Chine pour certains.
Lors de notre premier voyage en Chine, j'ai été intérieurement révoltée par notre accompagnateur qui se jugeant supérieur aux jeunes chinoises qui nous servaient au restaurant voulait d'un air hautain " leur apprendre la correction, la civilisation ". Comment pouvez-vous être certain que vous êtes dans le vrai, ai-je osé lui dire ? ". Il a été vexé pour le reste du voyage, m'a considérée comme une pestiférée communiste infréquentable. Or c'était un grand maître de conférence en faculté ! Un jour il m'a dit qu'avec mes airs de sainte Nitouche j'envoyais tout de même des flèches...
Pourtant je suis fière d'avoir osé lui faire la remarque. Je me laisse souvent écraser par les autres. Mais cette fois-là, ce fut trop important pour moi. Je n'aime ni le dédain, ni les gens qui donnent des leçons et se croient supérieurs.  Chacun a sa civilisation et si nous voyageons ce devrait être pour apprendre des autres. Les civilisations sont multiples et souvent nous choquons aussi. Demander son nom à un indien d'Amérique du Sud est de la dernière grossièreté car nommer quelqu'un revient à violer son intimité.

Avec les progrès nous n'avons plus besoin de cartes de téléphone locales, pas même d'un cybercafé ou d'un ordinateur d'hôtel. Les téléphones portables servent partout et gratuitement en Europe.
Les touristes ont parfois des attitudes à faire rire les indigènes. Ils obéissent aveuglément à leurs livres. Si le guide conseille les glaces " très connues " de tel bar, ils sont capables d'y goûter par grand froid !

En dehors de la fatigue de journées interminables de déplacements, des arrivées tardives qui ne laissent que la force de tomber titubants, assommés entre les draps des hôtels, il faut reconnaître qu'il y a beaucoup de points positifs à voyager. Le voyage imprime sa marque en nous plus profondément que ne le feraient des discours.
De ces longs voyages, des paysages grandioses, des montagnes, des villages et des oueds asséchés, des caravanes de dromadaires, des tentes des nomades, des vastes étendues des terres rouges traversées que reste-t-il ?
Peut-être la vieille dame aux mains rousses de henné qui avait offert des gâteaux ??? ... L'apparent n'est rien, c'est ce qui reste après les courts moments où un oiseau vient picorer vos miettes, un enfant vous regarde étonné mais non agressif, une mère sourit...
Une odeur nouvelle vous surprend dès l'arrivée dans un nouveau pays. La soupe aux liserons d'eau, les crevettes sautées à l'ail, le nouilles aux légumes, le porc à la sauce aigre-douce... Les repas y sont comme l'air des villes nouvelles traversées, on ne les reconnait pas  Des parfums subtils et délicieux, parfois de citronnelle, de coriandre fraîche, de cannelle, de gingembre... et c'est soudain tout l'inconnu d'une ambiance différente qui vous saisit... .
Les croisières sont agréables et tout est programmé pour charmer lorsque la mer est calme, ce qui n'est pas toujours le cas. Les concerts, les jeux de bingo font paraître la traversée plus courte.
Nos valises ont une sangle qui les entoure afin qu'elles ne puissent pas s'ouvrir lorsqu'elles sont malmenées. Elles sont traînées souvent jusqu'à nos chambres par des porteurs un peu négligents mais qui le font pour avoir un pourboire....

 

Le rythme des charrettes tirées par des ânes, des chevaux ou même en Asie, des buffles, leur lent et souple balancement, leurs chaos parfois aussi font rêver. Le paysage y change avec une atmosphère précieuse qui permet de regarder le monde, les champs, les forêts, les rivières et de parler avec ceux que l'on croise, d'entendre leurs voix, d'échanger des nouvelles, alors que la voiture est comme un coffre fermé, lancé à toute vitesse.

Les mets présentés lors des repas sont aussi une façon de voyager par le dépaysement du goût en quelque sorte.  La façon de les disposer sur la table aussi : les tables qui tournent, les bols, l'abondance des petits plats... Les soupes parfois surprenantes parfumées à la citronnelle, les insectes sautés à l'ail, les nouilles aux légumes, le porc à la sauce aigre-douce, les beignets de banane et les gâteaux de riz gluant. c'est de véritables festins qu'ils nous offrent pour mettre en valeur leur pays, leur accueil. Toutes les nourritures répandent dans les salles de restaurant leurs parfums exceptionnels de coriandre fraîche, de cannelle, de gingembre, de légumes, de caramel qui nous encouragent à goûter.
Un seul regret de plus en plus fort, les hôtels atteignent souvent un sommet de luxe et d'impersonnalité. Ils possèdent quelque chose de rassurant soit, d'universel, mais brisent tout dépaysement, tout sentiment d'exotisme.

Avec les voyages nos communes s'ouvrent au monde.  beaucoup d'anglais se sont installés dans le sud ouest. On pense à ouvrir des lignes pour eux mais peu jouent le jeu de l'intégration totale. Sont-ils mal accueillis. Sont-ils fiers de leur langue utilisée partout ? Ils vivent assez repliés sur leur communauté, enseignent leur langue, critiquent notre thé ( évidemment les français ne font pas un gros effort pour un produit que peu d'entre eux apprécient ). Ils consomment donc les produits de leur pays ( les Hollandais font de même ).

Pourquoi les Allemands nous paraissent-ils si orgueilleux ? reste de souvenirs de guerre ou vérité ? " Vous ne savez pas ce dont un Allemand est capable ! " dit l'un. Le mépris affiché par un touriste allemand en Chine qui avait vraisemblablement pris mon petit fils et moi pour des locaux !

En Amazonie : Il cessait d'actionner les avirons pour prendre des photos et alors nous dérivions vers les  arbres sur les bords. Une légère brume matinale planait sur l'eau.. Il n'y avait pas un souffle de vent, c'était le calme parfait. Des gouttes d'eau s'écoulaient lentement de la pale de la rame et venaient troubler la surface mate et sombre de l'eau de l'eau, avant de se propager en  cercles concentriques qui se dissolvaient l'un après l'autre.

Quelques poignées d'indiens sont clairsemés dans ces espaces  presque illimités. Ni les espagnols, ni les portugais, ni les missionnaires malgré l'utilisation du fer et du feu... n'ont vraiment réussi à leur inculquer religion ou civilisation occidentale.

Les étapes de la vie donnent des sensations diverses et variées. Lorsque nous avons quitté le Maroc, nous avons réalisé que nous avions quitté la France depuis si longtemps qu'elle nous procurait à la fois les attraits d'un pays inconnu et son étrangeté.
Lorsque la vieillesse nous obligera à ne plus voyager, comment réagirons-nous ? Plus de cieux chauds et lumineux, plus de langues nouvelles parlées autour de nous, plus de marchés aux produits étranges et merveilleux, ni de palmiers courbés par le vent sur des plages de sable blanc.

 En Afrique du Sud : A l'arrivée à Johannesburg, elle suivit la cohue qui accueillait les passagers après les portes coulissantes. Une pancarte affichait le nom de leur groupe. Un monsieur déjà d'un certain âge, portant des lunettes la tenait. Il se présenta dans un français un peu précieux et annonça qu'il se prénommait Daniel..

Une fois à l'aéroport, il fallait chaque fois passer sous un portique de détection des métaux, ôter même ses chaussures et écarter grand les bras pour qu'on nous passe à la baguette magique.
Dans les chambres, parfois, un gecko les regarde immobile sur le mur, corps antique et transparent.

Dans certains pays on dresse un petit hôtel ( surtout en Amérique du Sud )  qui s'aligne à côté de l'eau bénite avec des images de saints.

L'ancienne Tchécoslovaquie : Nous allâmes tous à l'épicerie du coin. Elle avait ses rayons à moitié vides. La boutique évoquait un étrange désert avec quelques conserves. Un homme au camping trainait autour de notre réchaud où cuisait du riz.

En Angleterre : Les pigeons voletaient au milieu de leurs nombreux admirateurs. Soudain, sans raison apparente, ils prenaient leur vol, faisaient un tour et revenaient se poser au plus grand plaisir des enfants. Certains leur jetaient des miettes, d'autres  ravis ou apeurés les sentaient qui se posaient sur leur épaules.
Les petits pois nous semblaient plus gros qu'en France et luisants. La cosse avait une petite teinture verte étrange qui ne rappelait que de fort loin la couleur d'un végétal. Nous allions faire une cure de crème synthétique !
On mangeait des petits pois en boîte, certainement, plus gros  et plus luisants que tous ceux qu'ils avaient jamais mangés. Ils avaient le goût de la farine de soja. leur teinture verte, comme celle de certains desserts à la crème synthétique, se mêlait désagréablement au jus de viande.

En Argentine : L'espèce de froid se fit glace au cours de la promenade en bateau après Ushuaïa.

Le pays des nandous, les autruches d'Argentine qui trottinent dans la brousse, de l'asado et de l'impanada, sorte de chausson farci à la viande. Rien de plus sacré chez eux que le barbecue !.
Le pays de l'élimination. Le point final à tout. Après avoir torturé les subversivos ( opposants ), par centaines, par milliers, il faut s'en débarrasser. C'est el vuelo pour cacher, faire disparaître. Les prisonniers sont soi-disant vaccinés avant d'être transferés. C'est une piqûre d'anesthésiant qui leur hôte toute volonté de résistance. On les amène groggys, certainement dans un avion-cargo. On balance les corps nus dans les eaux de l'Atlantique sud. Disparition totale de milliers de détenus. Pas de corps, pas de trace, pas de tracas.
Kristina Fernandez Kirchner a succédé à son mari à la présidence du pays. Le couple avait réformé la cour suprême et déclaré les lois d'impunité inconstitutionnelles.
Ce sont pourtant ces disparitions qui vont provoquer un sentiment de révolte à Buenos Aires. Dès 1980, des mères en colère exigent de savoir ce qui est arrivé à leurs enfants. Elles n'ont même pas pu récupérer leurs dépouilles. Ces femmes deviennent les fameuses " Madres de Plaza Mayo ". Celles que les militaires surnomment " les folles de la place de Mai ". Elles manifestent sans relâche, chaque jeudi, face à la Casa Rosado, le palais présidentiel. Cette révolte coïncide avec la déconfiture de la junte militaire, qui se fourvoie et est écrasée, en 1982, dans la guerre des Malouines.

A Beyrouth on peut encore voir les traces d'obus sur les murs. Les gens racontent, montrent la forêt pas loin. D'autres s'assoient et regardent en silence les murs transpercés. Ils pensent à l'impact, à l'obus qui déflore le silence, détruit et anéantit des vies. Ils regardent sans les voir des vies de proches à travers ces parois démembrées, ces plaies que personne n'a jamais refermées.

En Asie, les femmes en chantant repiquent les jeunes pousses de riz. leurs pieds disparaissent dans la mare chaude et boueuse. On se salut en inclinant la tête et en joignant les mains. Des cochons noirs se roulent dans la poussière devant les modestes maisons sur pilotis.Des buffles ruminent la tête basse, tandis que des pique-bœufs ébouriffent leurs plumes blanches  sur leur dos. A l'ombre du banian d'autres jeunes femmes s'occupent à leurs ouvrages.

En Birmanie :( Myanmar ) : Le longyi est un terme générique désignant différentes pièces vestimentaires.

C’est avant tout, une sorte de sarong noué en triangle autour de la taille. Il fait aussi office de serviette, de ceinture, voire de protection pour la tête lors des fortes chaleurs. Il est généralement en tissu à carreaux, comme certains vêtements ethniques birmans, thaïs ou tibétains.

Le longyi  va aux chevilles, il se noue sur le côté pour les femmes, sur le ventre pour les hommes.
Le cornak est juché pieds nus sur l'encolure colossale des éléphants.

Ils passèrent sur un petit pont de bois branlant qui surplombait l'eau  qui s'étalait pour former des bras morts.
Deux jours après, nous volions au-dessus de la jungle sauvage de Birmanie. Un immense serpent liquide, couleur métal représentait l'Irrawaddy. Rangoun s'étendait à l'amorce du delta. La placidité aimable des hommes nous accueille.

Un jeune homme en longi à petits carreaux ( ceux des hommes sont presque toujours à petits carreaux, ceux des femmes sont plus variés et peuvent avoir des fleurs ) était comme beaucoup, dans leur jeune âge, d'une minceur surprenante. Le longi, tissu enroulé autour des reins comme des jupes, va jusqu'aux chevilles, il se noue sur le côté pour les femmes et sur le ventre pour les hommes. Ses compagnons et lui-même, ne montraient rien de leurs sentiments, même face à des événements qui en général bouleversent les européens et eux certainement aussi. Leurs doigts étaient incroyablement fins, souples et sensitifs.
Le ciel touchait presque en cette période de pluie, les toits luisants des maisons. La foule grave et lente des moines, au visage sérieux, au crâne rasé, vêtus de longues robes orangées, ocre ou safran, la marmite du mendiant à la main.

Les Karens ne sont pas bouddhistes.
Les odeurs: sucrées des fleurs de jasmin, frôlant le pourri pour les poissons séchés ! Au milieu des buissons épineux et derrière quelques maigres buffles; des buffles domestiques, bossus et hâves, broutaient mélancoliquement. Un camion sans âge, couvert de houille servait pour les transports. Il amenait aussi des passagers. la ville était poussiéreuse avec ses maisons en bois de tek presque toutes pareilles, montées sur pilotis pour qu'elles soient protégées contre les inondations aux saisons des pluies. les larges fenêtres sans vitres étaient protégées par des lattes et des barreaux de fer. Sous des auvents de fortune, des femmes vendaient des soupes chaudes, des nourritures chaudes. On y jouait aussi au  Mah-jong. Une procession débouchait de rues transversales. Elle était composée d'hommes et de femmes aux figures avenantes éclairé d'un sourire joyeux plein de douceur.. Les vêtements étaient des vêtements de fête. des parasols en soie, aux couleurs éclatantes se balançaient. retentirent des chants aigus, des coups de gong, des atelages de bufles aux bosses ornées de rubans et de fleurs.
Les prisonniers étaient exilés souvent dans la jungle au milieu des lacs. Ils se protégeaient des fauves et des insectes en vivant au début dans les arbres. Ils imaginèrent de découper le sol du lac et de la soulever au moyen de bambous.
Ils ont connu le despotisme des souverains, les problèmes liés aux mines de rubis. les réfractères étaient considérés comme voleurs et brûlés. Le dernier grand despote Mindon MIn était allié aux Indes et la Birmanie n'était qu'une province des Indes. Les rubis enflammèrent la cupidité des anglais; des banquiers puissants obtinrent le monopole d'exploitation ce qui fit que les mines appartinrent désormais aux Britaniques. le gouvernement anglais des Indes loua les mines de Mogok. Sur de nombreuses hauteurs s'élèvent des pagodes. certaines sont d'une blancheur éclatante, d'autres couvertes de feuilles d'or, tout au moins au sommet. Les cloisons sont en teck, ce bois  fort et dur. Elles n'ont qu'un étage. Personne ne vit au rez de chaussée. Il y a encore quelques toits de chaume, mais parfois la tole ondulée les a remplacés. La foule considère les étrangers avec une curiosité placide. Les petites balances, poids infimes, sont pour les rubis...
Les restaurateurs de plain air avaient installé leurs provisions, leurs réchauds et leurs banquettes. Ils avaient disposé dessus tasses à thé et bols pour le riz. Assis à la turque, ils servaient le thé avec minutie et jetaient les ordures dans le caniveau. Des enfants d'une beauté remarquable vous regardaient avec des yeux  pleins d'un voyante détresse mais avec sérénité et dignité. Un sourire intérieur tranformaient les visages d'une tranquillité cependant singulière. Tant d'ethnies différentes, de chinois et de métis se rassembalient en ce lieu. Ils buvaient leur thé chaud par grandes goulées bruyantes. Des jeunes filles aux yeux bridés et vêtues d'étoffes vives  revenaient de l'école à la lueur du soleil couchant pour un dîner tôt et frugal dans la nuit proche, si pure.
On se déchausse à cause des nattes dans les familles. Dans les maisons on fait des offrandes dans les pagodes en réduction. Les gens assis sur leurs jambes croisées, à même la natte sur le plancher.
il y a denombreux chiens qui semblent maldes ou enragés. De nombreux serpents grouillent près des ruisseaux et font peur...
Les joueurs de Mah jong sont nombreux ils fument un tabac puissant et jouent au milieu de murs délabrés, des quartiers pauvres, au milieu des frêles maisons de bambou et de roseaux. l'argent gagné est pour beaucoup gardé pour les jeux de cartes, de Mah jong ou pour Bouddha.

Bolivie : Il en sortit  une demi douzaine de feuilles de coca qu'il mit dans sa bouche et commença à mâcher. En peu de temps, à l'aide de sa langue, de ses dents et de ses lèvres, il en forma une petite boule qu'il roula dans sa bouche, en tous sens, tandis qu'il débouchait une petite gourde, également suspendue à son cou par une lanière. Dans la cheville de bois qui la fermait passait une aiguille assez longue pour en atteindre le fond. Il porta l'extrémité inférieure de cette aiguille à ses lèvres, puis la plongea dans la gourde. Il l'en sortit couverte d'une fine poudre en partie humectée. Cette poudre c'était de la chaux vive pulvérisée mêlée à des cendres alcalines. Il introduisit le tout dans sa bouche, sans la toucher de ses lèvres et amalgama la poudre à la boule de coca. Quand la poudre piquée en plusiseursd endroits fût absorbée, il replaça la tige bien essuyée et mâcha le mélange pendant pas loin d'une heure...

Au Brésil : autrefois les gens de ces villages de cases, dans ces favelas,  allaient puiser l'eau à près d'un kilomètre.
En Amazonie, à mesure que le soleil se levait, ils assistèrent à l'embrasement des lointains. Le rouge ne venait pas du ciel ou de l'eau, mais de la terre. Ensuite, plus le soleil se levait, plus le sol s'assombrissait. A perte de vue, l'eau au contraire, prenait des teintes soutenues d'ocre et de carmin.
J'ai même touché des dauphins roses. J'ai passé ma main sur leur tête. J'ai regardé sous l'eau lorsque d'un coup de queue, ils filaient à dix mètres de profondeur emportant les poissons que je leur avais offerts tandis que d'autres remontaient en quelques ondulations.

A Rio de Janeiro, au-dessus d'une forêt de toits et de terrasses, quelques bougainvilliers, quelques flamboyants égayaient. On distinguait la baie de Guanabara, au centre avec la passe d'entrée sous le pain de sucre, les quartiers historiques de Flamengo, Botafogo puis les résidences de Copacabana, enfin, la zone industrielle reliée par le pont de Niteroi. Les premiers orages arrivaient. Le pain de sucre était coiffé de brume. Sur Copacabana, déserte et froide, la mer prenait des couleurs métalliques sous un ciel noir. D'énormes vagues arrivaient de loin, soulevaient des rouleaux d'écume et finissaient en une fine dentelle d'eau sur le sable. Elle décorait un quartier qui n'était plus vraiment le lieu chic de Rio Les plus anciennes favelas se trouvent autour des quartiers historiques. les plus récentes s'étendent chaque jour dans la grande plaine. Les maisons les plus anciennes du centre ville ont fini par se construire en dur. On y trouve actuellement des rues même si par jour de pluie elles sont encore envahies par la boue. Les maisons de la plaine sont des cabanes fabriquées de tôles, de caisses, de branches... Et les gens s'entassent dedans. Pendant longtemps, il n'y avait aucun équipement collectif ou presque.
Dans les années soixante, les forces de gauche tiennent le haut du pavé. On construit Brasilia, la grande utopie de ces temps.

Au Burkina Faso : des savanes, des forêts, des huttes, des petits villages perdus au milieu de terres sauvages. Bobo-Dioulasso avec ses allées de terre rouge bordées de grands arbres avec un marigot presque à sec bordé  de cases de terre d'où sortaient des gamins nus.

Cambodge : L'air était saturé d'humidité et la boue lors de la saison des pluies recouvrait tout. Alors, des pluies torrentielles y tombent sans relâche

Canada : Nous avons découvert la Colombie britannique. les vues magnifiques au bord des lacs.

La Chine et ses soldats de terre cuite alignés qui dévoilaient le tombeau du roi Tcheng à Xian. Les fouilles se prolongent. Chaque statue est parfaitement individualisée comme un véritable portrait.. Il y en a des milliers. Même les outils sont beaux jusqu'aux petits bols dans lesquels les ouvriers mangeaient.
Quel que soit le pays, pratiquement les objets fabriqués pour touristes surtout viennent de Chine. Et souvent, pas seulement les objets pour touristes !
La grande muraille si incroyablement longue est le seul monument de la terre qu'on voit de l'espace.
On peut voir à l'infini, dans certaines régions, des rizières où les femmes travaillent, leurs jupes remontées et nouées à la taille, le visage caché par d'immenses chapeaux de paille en forme de cône.

A Cuba : Hemingway adorait les chats. Il en possédait une cinquantaine. Dans son bureau de Cuba on peut découvrir ses objets personnels : sa vieille machine à écrire qui l'avait suivi dans l'Espagne de la guerre civile, une céramique offerte par Picasso, une collection de stylos à plume, un masque africain à l'air menaçant, des coupures de presse et des photos.

États Unis :  Est-ce une idée ? Une réalité ? Avec les américains, on se heurte fréquemment à un sentiment national de supériorité morale, cette croyance si commune chez eux de servir de phare  dans un monde des ténèbres de l'erreur. Un peu comme les allemands en Europe ! De l'arrogance ?  Sentiment plutôt d'appropriation.  Persuadés d'assurer la sécurité partout. Mais tout le monde a tendance à considérer que les autres groupes se comportent d'une manière donnée, sans que personne ne semble jamais être d'accord sur ce qu'est exactement ce comportement.

Certaines personnes portaient les stigmates de consommations immodérées.  Mais les écureuils dans les parcs étaient plus confiants que les nôtres et se laissaient nourrir.

Nicaragua : Des horreurs, des horreurs, des horreurs. La révolution sandiniste, dédiée à l'alphabétisation, au partage des terres, au respect des paysans. L'espoir enfin. Tout ce qui date d'avant la révolution a été perdu ou détruit. Trois siècles d'exploitation américaine. Quarante ans de dictature sanglante. Une révolution. Une contre-révolution, financée par Ronald Reagan, grâce au trafic d'armes avec l'Iran. Tout ça pour sombrer dans une corruption larvée, devenue endémique, incurable. Laz dictature hallucinate de violence d'Anastasio Somoza Debayle, héritier d'une longue lignée d'assassins : les tortures, les morts, les viols, les spoliations.

San Francisco, Las Vegas est un lieu spécial, c'est la capitale du jeu.  On y aborde un bronzage spécial et des dents blanchies à l'eau oxygénée.. Dans tous les casinos, même organisation, mêmes joueurs interchangeables à la poursuite de rêves quasi impossibles. La cacophonie de l'argent, des machines et joie et angoisse tout aussi assourdissants.Ils avaient fait un court passage au Circus Circus.
Le dimanche à San Francisco, on faisait griller des chamalows.

Depuis le Strip de nombreuses fontaines crachaient leur eau en un véritable rythme de ballet aquatique.  Et à quelques kilomètres le désert débutait !  Elle commença à traverser le désert. Elle aimait ces étendues arides, la paix qui y régnait. Devant elle la chaleur montait en vagues de la chaussée.
Une américaine fanée fait une expérience. Elle commande un café dans un français hollywoodien. Il n'y a pas à dire. Les langues ne s'apprennent que dans l'enfance.

C'était une journée baignée d'une lumière intense. Au loin, drapé d'une brume légère, le Golden semblait flotter sur un tapis de nuages laiteux. Puis il disparaissait peu à peu, dévoré par la brume et les nuages bas. Immense et élégant, le célèbre pont enjambe la baie sur 2 km jusqu'à Sausalito. Ses piliers démesurés, solidement ancrés dans la Pacifique, ne redoutent ni les courants glacés ni cet épais brouillard qui s'enroule comme du lierre autour de leur structure au métal flamboyant.Depuis quelques années, les gays avaient supplanté les hippies comme groupe phare de la cité. Les rues de San Francisco, abruptes et escarpées, dessinaient de drôles de montagnes russes.Certains jouaient à faire décoller leur voiture au-dessus des croisements. Une fois en haut des collines, il fallait se garer en épi en tournant les roues vers l'intérieur du trottoir selon la réglementation municipale. Les cable-cars transportent les touristes vers China town.
Pourtant même les jours de pluie ne décourageaient pas les touristes qui se pressaient en masse au croisement de Powell et de Market pour voir les opérateurs faire tourner les voitures des cable-cars, à bras d'homme.

Lombard street et ses 8 virages en épingle à cheveux valait bien à l'artère son surnom de rue la plus tortueuse du monde. Le passage était splendide. .


Le parc dédié au monde marin. de San Diego vous offre le spectacle des orques. Il est à couper le souffle. Quelques minutes plus tard débute le spectacle des dauphins.
La-bas, dans la famille j'eus l'impression d'entrer dans un monde nouveau et anormal. Je n'avais jamais imaginé qu'un citoyen de la libre Amérique, pût considérer les chinois ou les Indiens comme des sauvages, voire des inférieurs. L'histoire même lointaine avait marqué les esprits.

La Grèce : Ils en avaient rêvé longtemps après, jusqu'à ce que ce périple leur parût infiniment lointain.Avec nostalgie, elle revoyait  les plages de sable blanc, l'eau turquoise, les repas méditerranéens...

En Inde autrefois, en Iran aujourd'hui :

Des femmes, cachées sous leur burqa s'intéressent à la grande variété de voiles des magasins spécialisés : les uns sont petits comme des mouchoirs, d'autres de la taille d'une grande écharpe. Il y a des burqas à résille comme celle des Afghanes, tout un échantillon de vêtements pour se dérober aux regards lascifs des hommes. Ces pays sont beaux certainement, mais elle les déteste. Les repas sont trop épicés en Inde. La chaleur, les insectes ne sont pas rassurants.

Lors de ce séjour en Chine, nous avons fait une extension vers Hong kong

Il n'avait qu'à se tourner pour apercevoir les dômes de San Marco.

En Inde :

L'enclos sur les bords du Gange était plein d'énormes branches et de troncs d'arbres empilés. Une foule muette glissait entre ces bûchers à l'odeur lourde de chair brûlée. Ces brasiers flambaient là et sur chacun grésillait un cadavre. Les flammes grondaient, attisées par des hommes à demi-nus.
 Dans les rues menant au fleuve, la foule envahissait l'espace. On y voyait toutes sortes de gens, même des mendiants ulcéreux à côté d'enfants d'une grande beauté sous leurs haillons et leur crasse.
Sous le soleil ardent, les saris, les fleurs, les turbans animaient la foule de merveilleux coloris. Lorsque nous allâmes dans un temple sikh, il fallut enlever les chaussures devant des hommes à la barbe longue et sauvage et aux cheveux enserrés d'un turban..

Les nuits d'Orient sont sans rivale : colorées

Italie :  La ville de Venise n'était plus qu'une ville de province somnolente.  Pendant les mois d'été, elle pouvait s'imaginer revenue au temps de sa splendeur galante, tant que les touristes la visitaient et n'avaient d'yeux que pour la façade de la basilique St Marc et tous ses dômes. Lorsque le beau temps se prolongeait, ils passaient aussi devant  le Campanile, devant la façade rectangulaire au motif en damier du palis des doges, devant le désordre joyeux des coupoles... L'obscurité de la nuit dissimulait la mousse qui envahissait les marches des palais, le long du canal de l'Arsenal ou du grand Canal. Elle faisait disparaître les fissures des églises. La ville avait besoin de cet éclairage trompeur pour donner l'illusion de sa beauté pourtant déclinante.  On pouvait encore s'enfoncer dans le labyrinthe des rues étroites. On croisait un pont, une arche typiquement vénitiens avec encore leur aspect altier.  vu de loin. Mais de près, on se rendait compte qu'ils s'enfonçaient solidement dans la boue de la ville.
 De nombreuses boutiques chics, des vendeurs de souvenirs, des gondoles fluo de Taïwan, des masques en papier mâché made in Hong Kong... Il; faudrait peu de temps pour que Venise devienne une sorte de musée vivant destiné uniquement à être visité mais non habité.

Nous avons été volés en Éthiopie, au Maroc mais aussi dans le métro en Italie. Et les contrefaçons ? Si elles viennent d'Asie, elle se vendent aussi à Venise !!!.

Au Japon

Il fallait entrer dans la chambre sans chaussures.
On n'a pas le droit de rentrer dans les maisons avec des souliers crottés. C'est aussi un geste de respect. Les européens en chaussettes ou pieds nus ressentent la situation comme incongrue et peut-être dévalorisante.
Les japonais on les voyait en France depuis quelques années. On avait d'eux une image  précise, celle de ces groupes qui pour les européens étaient composés de personnages à lunettes qui se ressemblaient, qui souriaient avec des appareils photos près à l'emploi ou en bandoulière, des guides essoufflés et qui se lançaient à l'abordage des sites à visiter le plus rapidement possible ... Mais  chez eux tout est différent.  En France les hordes de touristes laissent derrière elles sacs verres et assiettes de plastique, bouteilles vides, boîtes de bière, papiers sales... Chez eux, tout est propre.
Nous nous enveloppons de kimonos. Colmme au cours de nombreux voyages, il y a un chocolat sur l'oreiller..

Au Laos : Ce sont les femmes qui travaillent sur les routes, avec de petits paniers qu'elles remplissent de terre ou de cailloux et qu'elles portent sur la tête, en chantant ou en silence...
A
Madagascar : Les freins grinçants, dans un déchirement de ferraille, le bus que nous suivions à pied descendit la pente abrupte jusqu'à la rivière encaissée qui roulait ses boues grises. Il traversa le pont délabré, jeté sur des  pieux, des troncs. D'autres troncs d'arbre, des rondins en vrac formaient les traverses.

Au Mali comme dans les pays de mousson d'ailleurs,  les enfants ne se protègent pas de la pluie. Quand la pluie tombe, au contraire, ils sortent, se coursent  en riant. Quand la rue devient ruisseau ils se vautrent nus dans la boue  bienfaitrice

Elle avait vécu 8 ans en Afrique avec son mari. Avec ses paysages nus et lunaires, le désert surtout avait pour elle ses beautés. Mais des beautés, elle en était consciente, dures, dangereuses. Elle aimait ces lieux plus ou moins vierges, plus ou moins arides et sévères où l'homme a l'air d'un intrus.
Pas la moindre brise, pas le plus petit souffle d'air, la ville était écrasée sous une chape de moiteur. Les coups d'avertisseur tentaient d'intimider les passants qui voulaient traverser. Les paquets de cigarettes écrasés, les déchets divers se mêlaient à la poussière. Du linge séchait dans certaines rues.
Dans le sable, était tracé le quadrillage d'un jeu de dames qui se joue avec des cailloux noirs ou rouges.

Leur premier pays ensemble a été en dehors de leur voyage de noces en Belgique, Hollande... le Maroc. Ils aimaient se promener dans les souks de ce pays, sur les places où l'animation croissait au fil du jour. Le bruit aussi s'amplifiait tandis que la foule devenait plus dense. Le cri " belek " des hommes montés sur leurs ânes revenait à intervalles réguliers tandis qu'homme et monture fendaient la foule. Dominaient aussi les cris entrecroisés des vendeurs, des porteurs d'eau. Quelques musiques locales rassemblaient les badauds autour des charmeurs de serpents. Le spectacle était plus dans les rues qu'au cinéma.  Les touristes devenus plus rares avec la mauvaise publicité du routard  faisaient l'objet.

Leur père lorsqu'il avait retrouvé le couscous de Meknès avait joué de la fourchette comme un robot.

Une bouilloire lâchait sa vapeur sur le dessus d'une antique cuisinière à bois. Elle sortit des petits verres et au milieu des mouches, servit le thé à la menthe. Le verre était brûlant.

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Un homme grand et maigre, portant un caftan de grosse toile, serré d'une large ceinture et avec une sorte de calotte de feutre rouge, ronde et un autre plus costaud avec sa coiffe de mousseline plus ou moins sale, enroulée autour de sa tête s'agitaient à côté de nous, au milieu du Mouloud poussant en nous regardant, des exclamations en arabe et nous prenant à témoins comme si nous pouvions comprendre.
Une vieille femme aux mains rousses de henné avait offert ses gâteaux. Les hommes appelaient nos femmes et nos filles des gazelles.

Les couples avec plusieurs femmes existaient bel et bien.
Ce changement de situation dérangeait les européens que nous sommes mais ne chagrinait que rarement la nouvelle épouse, instruite de ce fait, le trouvant naturel... Celle-ci ne voyait aucun inconvénient à être admise parmi les anciennes compagnes de ce monsieur. Le mariage lui assurait le confort, la richesse même, très souvent, et un certain rang... Les maris pauvres ne peuvent pas payer plusieurs dots et beaucoup de jeunes gens doivent attendre longtemps d'avoir le moyen de se marier. Chez les riches, si le mari paraissait paisible aux parents, c'était finalement tout ce qu'ils demandaient  et la fille obéissait ou plus rarement se révoltait. Mais ce cas ne concernait que des jeunes femmes instruites...

De ce long séjour, des paysages grandioses, des montagnes, des villages et des oueds asséchés, des caravanes de dromadaires, des tentes des nomades, des vastes étendues des terres rouges traversées... que nous reste-t-il ? Nous avons suivi des chemins muletiers, en Afrique du nord. Nous y avons croisé des ânes au dos défoncé par des années de fardeaux et qui marchaient enchaînés à leur maître, à leur tâche. Ils marchaient vers un horizon toujours repoussé, sans espoir, sans attendre, sans même imaginer la fin.
Ségou est une petite ville à 200 km de Bamako : une grande route de goudron, infinie.


Au Maroc, Dans pas mal de pays musulmans, le mariage comprenait il n'y a pas si longtemps encore, des rites consacrés à ces jours mémorables.
A Algésiras, en Espagne, juste avant d'arriver, on se trouve en face du ferry, une  véritable et gigantesque maisons flottante. Et toutes ces voitures qui rentrent dans le bateau ! Même les gros camions ! 
Parfois il fallait passer la nuit à l'hôtel tant l'attente était longue. Une nuit alors que j'étais enceinte, je souhaitais une bonne nuit. mais la foule était telle qu'il n'y avait plus de chambres libres dans les hôtels. Nous ne trouvâmes qu'un vieil hôtel délabré aux murs sales et lépreux. La chambre n'inspirait guère confiance mais avions-nous le choix ? même le sol était moisi par endroits. Des cafards grouillaient dans la sale de bains. Nous nous regardâmes dibitatifs, mais faute de mieux, nous acceptâmes.

De l'autre côté, le passage de la frontière était l'occasion d'une bonne  leçon de patience.  Il fallait attendre des heures avant qu'un douanier marocain vous fasse signe. Il fallait alors rassembler les papiers nécessaires, rejoindre le bureau des douanes, y rester des heures encore... à moins de glisser la pièce à un jeune dégourdi !!!

Dans les villages, des rangées de maisons, toutes identiques en torchis badigeonné de terre et toiture plate le long d'une rue principale.
Sous les tentes, dans le sud, les femmes tournaient dans la nuit les petites meules qui écrasaient le grain..

Même dans les déserts, les choses se savent vite grâce au téléphone arabe !  La chaleur y est telle qu'il nous est arrivé de dormir sur les terrasses !
A Safi, la principale ville des potiers,  des hommes modelaient la pâte d'argile pour façonner  des écuelles, des cruches que le soir, en se suivant à la file indienne, les femmes et les filles vont remplir d'eau à la fontaine.

Les voitures et les camions roulent jusqu'au dernier boulon, chargés d'humains comme de marchandises ou d'animaux !

Au milieu des bazars, des hommes aux longues djellabas buvaient des verres de thé chaud et fumaient des narguilés. Des femmes voilées suivies de leurs jeunes enfants. leur tradition veut qu'elles ne s'affichent jamais avec les hommes.
Nous étions parfois reçus comme des rois ( l'invitation gênante qui vous oblige à rester alors qu'à la maison votre bébé hurle sa faim et vous n'osez pas être impoli ! ). Quelque part dans la cuisine mijotait un tajine et la demeure embaumait les épices. mais rien ne vaut un bon thé chaud et un couscous maison.
    Les femmes de ce pays aiment la simplicité des choses, elles sont joyeuses bien qu'elles vivent de peu.
Imilchil : nous y étions allé pour les fiançailles de jeunes gens éloignés de tout. Ils se retrouvaient là pour se rencontrer. C'était extraordinaire comme il pouvait faire froid aussitôt le soleil couché. On avait l'impression de passer de l'été à l'hiver et sous la tente je m'étais couchée avec le manteau !

Dans pas mal de pays musulmans, le mariage comprenait il n'y a pas si longtemps encore, des rites consacrés à ces jours mémorables. Souvent, les femmes et proches amies de l'une et l'autre famille se réunissent d'abord pour examiner le trousseau de la promise, préparer les fleurs, les vêtements tout en se gavant de friandises, selon le lieu, par exemple de loukoums en Turquie, de cornes de gazelles au Maroc, d'amandes, de pistaches... Les femmes ululent d'allégresse ou poussent d'interminables youyous. Le lendemain le cortège des femmes conduit la future aux bains publics tandis qu'un musicien avertit les hommes de détourner la tête au passage de la jeune femme couverte de voiles... Lorsque la fille est dévêtue, la famille doit constater sa bonne santé, la mère se doit d'éclater en sanglots ! On lui met du Henné sur les mains, on lui épile tout le corps à la cire, on la masse à l'aide de crèmes, on la coiffe en ornant ses cheveux de perles de fantaisie, on chante, on danse, on mange de nouveau des friandises tout en buvant du thé à la menthe, on offre des cadeaux. Le troisième jour, une clé sur le front de la mariée symbolise l'ouverture de son esprit vers la franchise et l'affection, du miel dans ses babouches symbolise le chemin de la douceur pour entrer dans le mariage. Le quatrième jour la jeune femme doit prouver ses capacités culinaires. Elle apprend à cuisiner tajines et moussakas, feuilles de vigne farcies, galettes de seigle, aubergines, couscous... Elle doit aussi savoir faire des sauces au safran, des gâteaux au miel et aux noix. Le cinquième jour, elle doit résister aux pièges tendus pour la tenter à la grivoiserie.
Ils se désaltéraient encore, dans les années 70, à la gourde en peau de chèvre, pleine d'une eau tiède un peu saumâtre. Des vendeurs d'eau circulaient au milieu des passants. 
Pendant ce temps, les hommes font leur propre fête. Le mari doit supporter aussi les quolibets. C'est le sixième jour qu'ils se marient à la mairie, le septième qu'ils sont présentés au cadi. Enfin on mange, on quitte les parents et dans la chambre préparée pour la circonstance le couple s'unit et doit secouer au balcon, devant témoins, le drap ensanglanté à cause de la virginité perdue.
Au Maroc en justice, le cauchemar semblait permanent: corruption à tous les niveaux, droits de l'homme presque inconnus, prisons où l'on pouvait pourrir dans des conditions abominables. Pour les femmes, elle étaient soumises dans l'engrenage épouvantable inexorable de la société musulmane.
Les européens imaginent toujours que les immigrés sont chez eux pour profiter des avantages. C'est plutôt une question d'attentes de la part des parents qui sont venus les premiers, d'attentes et de sacrifices. Ces gens ont tout quitté : leur maison, leur ,famille, leur travail, le respect dont ils jouissaient parmi les leurs, tout. Seulement pour que ce soit mieux pour leurs enfants car pour eux, ils n'ont récolté que le pire ! Il ne reste dans leurs yeux fatigués que le mal du pays. Leurs enfants sont nés en Europe, ils n'ont comme souvenirs du pays que quelques vacances d'été. mais le pays n'existe pas dans leur coeur et l'Europe non plus !. Ils ne se sentent chez eux nulle part..

Au Mexique : des patios avec des myrtes et des bougainvilliers et dans les cours arrière des arbustes.

On leur servit en dessert des papayes dans leur sirop, cueillies dans les chaudes régions du pays. Ils les caressèrent du regard avec volupté prenant plaisir à manger doucement pour différer et prolonger le plaisir.

Parfois je me demande avec audace si la dictature ( attention pas la dictature qui consiste à enrichir les riches ! ) n'est pas nécessaire à certains peuples, voire dans certaines situations. Les pays chauds engendrent beaucoup de paresseux, je sais il ne faut pas généraliser !  La liberté à tous prix déclenche beaucoup de révoltes. Certaines religions conduisent au fatalisme ! Comment dans ces conditions faire respecter la loi et l'ordre et je commence à penser la même chose de l'Europe !

En Namibie : La piste de terre, d'un rouge de sang, s'enfonçait tantôt  dans une sorte de désert, tantôt dans des bois, des fourrés. Le ciel gris semblait lui aussi chargé de boue.
L'Afrique  venait pour la première fois, de me montrer ses grandes antilopes, à dix pas.

Un éléphant en promenade ralentissait le rythme du bus.

Des baobabs, des buffles dont la bosse pendait de côté.

Dans cette sorte de désert, les pistes se croisaient. Les élans, les gazelles, les buffles avaient piétiné ces espaces pour aller à l'eau. le soir tombait. Au couchant, le soleil déployait sur l'horizon une éclatante banderole rouge. Nous avons alors aperçu  des animaux, toutes sortes d'animaux. la harde des pachydermes qui avançait doucement, les mères énormes et ventrues protégeaient leurs éléphanteaux entre les gigantesques piliers de leurs pattes de devant. Les éléphants avançaient à moins de 50 pas. L'un d'eux était même contre le bus. Déroulant sa trompe il la tendait jusqu'à la cime  de grandes ronces dont il arrachait délicatement les épines énormes, avant de pouvoir manger un bouquet de jeunes pousses tendre qu'il se fourrait tranquillement dans la gueule.

Un jour nous traversions un jardin d'hôtel. C'était une journée magnifique. Je fus la première à apercevoir le serpent à sonnette enroulé sur lui-même et mon mari avait failli mettre le pied dessus.

Pérou : les hispano indiens laissent à chacun le soin de sa vie. Il ne viendrait pas à l'esprit des dirigeants de songer à ces personnes,de créer une route par exemple. Il n'y avait ni pont, ni sol stable. Il fallait franchir à gué les torrents ou  traverser  un pont de corde au-dessus du tourbillon des eaux.

A la Réunion : La mer était démontée et les vagues énormes projetaient leur écume sur plusieurs dizaines de mètres.

En Thaïlande :

Autrefois des dames vous offraient d'énormes colliers en fleurs de jasmin ou d'orchidées. Elles nous les passaient autour du cou avec grâce et amabilité.

En Turquie

Au petit déjeuner, nous mangeons des olives et je grossis...
Les derviches arrivent à tourner sur une danse incroyablement complexe, les bras et les jambes découpant l'air avec des mouvements impeccablement synchrones.

Au cours de la cérémonie de mariage, comme dans beaucoup de pays musulmans, , les femmes et proches amies  de l'une et l'autre famille se réunissent d'abord pour examiner le trousseau de la promise, et préparer rubans et fleurs d'oranger tout en se gavant de loukoums, de cornes de gazelle, d'amandes et de pistaches, elles ululent d'alégresse, poussant d'interminables youyouy qui se répandent dans la rue jusqu'à parvenir aux oreilles des gens dans la rue. Le lendemain, le cortège conduit la future épouse aux bains publics, recouverte de sept voiles léger pour que les hommes ne puissent pas la voir. On la déhabille pour le bain et pour constater qu'elle était bien nourrie et qu'elle était dépourvue de marques. Sa mère éclate en sanglots, ainsi que le veut la coutume. On met du henné sur les mains de la jeune fille, on lui épile tout le corps à la cire et au soufre, on la masse à l'aide de crèmes et d'onguents, on lui natte les cheveux en les ornant, puis on chante, on danse,  et on s'empifre encore de gâteaux et de thé à la menthe. Pendant ce temps, non loin se déroule la fête des hommes. Le mariage en lui-même n'a lieu que les 6 e et 7e jour de la fête, à la mairie et chez le cadi. Après la première nuit du couple, celui- ci doit secouer au balcon ou à la fenêtre le drap ensanglanté de la virginité perdue.

USA :

Le souvenir du hot dog que nous avons mangé en plein air sur une place animée où de nombreuses personnes mangeaient aussi et semblaient même se gaver.
Pour les fêtes, les invitations, on  avait l'habitude  de faire cuire les viandes au barbecue avec des marshmallows.

Au Vietnam, on nous servit des repas remarquables avec un mélange d'herbes fraîches et d'épices, des viandes parfumées à la citronnelle et au gingembre frais, des fruits délicieux.

Au Zimbabwe, les cormorans pêchent dans le Zambèze. Ils plongent et restent longtemps sous l'eau et en ressortent brusquement en laissant derrière eux un sillage rempli de vaguelettes. Presque immédiatement ils replongent. Le long du Strip de nombreuses fontaines crachaient leurs eaux au rythme d'un véritable ballet et à quelques kilomètres le désert commençait

 


Date de création : 19/09/2013 . 10:02
Dernière modification : 15/04/2015 . 07:54
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