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Œuvres importantes : les comprendre

Structure de Bel Ami

Le contexte historique et social :

La troisième République, instaurée en 1871, se caractérise, dans ses premières années, par une progressive emprise du parti républicain, et de son idéologie, et par l'avènement à la vie politique de classes sociales plus nombreuses et plus diversifiées.

Les élections et campagnes électorales sont passionnées, et la presse joue là un grand rôle. Elle est à la fois écho des opinions et occasion de débats, de polémiques. Elle les répercute d'autant plus facilement que depuis 1881 les libertés publiques, notamment celles de la presse, ont été étendues.

L'histoire de l'art

Dans cette première partie du XX e siècle, les écrivains qui s'imposent sont, à la suite de Flaubert, mort en 1880, Zola, les frères Goncourt dont les œuvres sont traversées par un parti pris de réalisme et de et de naturalisme : dire la société et en exhiber les tares à travers l'évocation du peuple des humbles, des existences misérables.
Ce parti pris de représentation s'accompagne d'un parti pris stylistique : l'œuvre doit montrer à travers ses descriptions, ses personnages, le déroulement de son action cette réalité sociale que l'on veut à la fois " vraie " et édifiante. Le rapport au réel induit un langage qui par exemple impose le corps, ses dérèglements et ses outrances.

Maupassant a été plus marqué par l'apport des peintres impressionnistes, le souci qu'ils ont de dire le monde dans sa réalité à travers les impressions de lumière et de mouvement. Il s'éloigne ainsi avec " Bel-Ami " du projet didactique et privilégie une écriture qui insiste sur les sensations, quelles qu'elles soient.

Analyse du titre

Les fonctions d'un titre sont multiples. Toutes établissent entre l'auteur et son lecteur un réseau complexe de liens. Mais, le titre vise d'abord à enclencher un processus de lecture, de sorte que le lecteur ne se méprenne ni sur le contenu, ni sur la tonalité de l'œuvre.

Un titre aux effets de sens multiples

Le titre, un surnom : à la différence des titres qui inscrivent un personnage dans l'unité de son nom comme La Duchesse de Langeais, Madame Bovary, Eugénie Grandet, le titre du roman de Maupassant s'identifie à un surnom. On retrouve ce même phénomène avec des nouvelles comme Boule de Suif, Melle Fifi,ou Madame Baptiste. A travers le recours au surnom, on constate que le personnage est appréhendé à partir du regard que les autres portent sur lui, et ainsi, s'inscrit d'emblée un décalage entre ce qu'il est et ce que les autres voient en lui. Le surnom vaut ici comme la reconnaissance d'une singularité, une identité conquise, un titre de gloire, au même titre que par ailleurs il peut valoir comme l'écho outrageant, celui du charme et de la séduction, de ce à quoi on ne peut échapper, la bassesse morale.

Un surnom très connoté : l'association de l'adjectif et du nom souligne la dimension séduisante du personnage, l'inscrit dans dans la famille des séducteurs, et désigne son pouvoir de séduction comme étant celui d'un courtisan familier et socialement acceptable, ouvert à tous et à toutes, habile en relations faciles à construire autant qu'à défaire. Les deux termes bel et ami jouent l'un par rapport à l'autre, l'adjectif tendant à rendre futile tout ce que le substantif pourrait signifier de constance et de fidélité. Bel-ami évoque aussi par ses connotations, à la fois affectueuses et familières, un personnage populaire, archétype de l'arrivisme facile auquel autorise le fonctionnement social de la troisième République.

Un titre  de rupture par rapport au roman traditionnel

Avec ce titre le roman rompt avec les modèles sur lesquels il travaille : le roman d'éducation et de personnage. le titre isole le masque, le rôle, la fonction publique et privée du personnage Georges Duroy : le " tombeur " qui accède au succès par les femmes. le roman semble ainsi dire qu'il n'a plus de caractère à étudier, qu'il a en revanche des attributions et des postures sociales à rendre visibles.

Les personnages du roman

On peut répertorier les personnages du roman selon leur place dans le texte. On en distingue ainsi trois sortes.

1 ) La figure Héroïque

George Duroy, dont le nom est donné dans la première phrase du texte, dont l'évolution patronymique reflète la succession des réussites et sur qui se fonde toute l'intrigue.

2 ) Les personnages importants

On peut dissocier les figures continues et les figures temporaires :

* Les figures continues : Madeleine Forestier, Clotilde de Marelle - elles sont les doubles féminins de Georges Duroy avec qui elles partagent le désir de réussir et de jouir du monde; M. Walter, porteur par sa fortune et son milieu de l'évolution sociale de la troisième République dont le roman veut rendre compte;

* Les figures temporaires : Forestier, le premier éducateur, Norbert de Varenne, le " mentor ", Mme Walter, l'épisode passionel. leur fonction n'existe que par rapport à Georges Duroy.

3 ) Les personnages secondaires

Les parents de Georges Duroy, Rival, le marquis de Cazolles, La Roche-Mathieu, Rachel. Ils servent à accentuer la diversité sociale dont le roman se veut le miroir.

Lorenzaccio

Juste avant le meurtre, tandis que la mère et la tante de Lorenzo se désolent de son cynisme, la marquise Cibo essaie vainement d'user de son influence sur Alexandre pour faire changer la situation de Florence.

Sc 3, chez le marquis Cibo.
Le marquis embrasse son fils :
Je voudrais pouvoir t'emmener petit, toi et la grande épée qui te traîne entre les jambes. prends patience... "

La marquise : " Je ne suis pas comme vous; cela m'a révoltée. Il est vrai que je ne sais pas bien ce qui se peut et ce qui ne se peut pas, selon vos règles mystérieuses. Dieu sait où elle mènent ! Ceux qui mettent les mots sur leur enclume, et qui les tordent avec un marteau et une lime, ne réfléchissent pas toujours que ces mots représentent des pensées, et ces pensées des actions.... "

La marquise : " Le duc de Florence... préfet de Charles Quint, le commissaire civil du pape, comme Baccio est son commissaire religieux ...Ah ! le clergé sonnerait au besoin toutes ses cloches pour en étouffer le bruit et pour réveiller l'aigle impérial, s'il s'endormait sur nos propres toits...."

Agnolo : " Hélas ! Éminence, c'est un péché. "

Sc 4

Le duc : " Allons donc, vous me mettriez en colère ! Renzo, un homme à craindre ! le plus fieffé (  qui a atteint le dernier degré d'un défaut, d'un vice ) poltron ! une femmelette, l'ombre d'un ruffian ( un débauché ) énervé !

Marivaux : l'île aux esclaves

Déroulement :

La première tirade sc 3, révèle la joie de  Cléanthis de débonder son cœur. Phrases courtes, rapides énumérations se succèdent  dans un flot ininterrompu. Cléanthis est d'abord comme étourdie par ce bonheur inattendu : " Je m'y perds " puis elle se reprend, regroupe ses souvenirs et trouve la définition brillante : " C'est madame, toujours  vaine ou coquette, l'un après l'autre, ou toutes les deux à la fois... "
Cette accusation reste cependant trop vague et trop abstraite; elle dessine ensuite un portrait animé en deux tableaux symétriques, qui représentent l'antithèse; contente ou fâchée. L'allure primesautière n'est donc pas un effet du désordre, mais une grâce qui masque l'habileté de la composition. Tout naturellement, la journée glorieuse est plus vite expédiée : la maîtresse étant heureuse de vivre et de se savoir en beauté, la soubrette a moins à souffrir de son despotisme; elle supporte mal cependant l'ordre impérieux : " qu'on m'habille ", qui résonne comme un coup de clairon. Pour nous il évoque la toilette compliquée et raffinée des élégantes, dont les atours exigeaient les soins d'une femme de chambre, et dont la chevelure réclamait souvent l'adresse d'un serrurier, pour dresser la charpente métallique nécessaire au fragile échafaudage. Visiblement, Cléanthis enrage de ne pas avoir, elle aussi, une camériste; elle se sait jolie et raffole de toilette tout autant que sa maîtresse. Comme la Lisette de la " Double inconstance ", elle doit rendre son minois plus aguichant par une mouche galante, artistement posée. Dorine, au siècle précédent goûtait fort les réceptions, les visites et les bals, mais elle se contentait de ceux qui avaient lieu dans la maison de ses maîtres. Cléanthis envie sa jeune maîtresse d'occuper agréablement ses après-midi hors de la maison, détail qui indique combien les jeune filles ont conquis de liberté au XVIII
e siècle : on ne voit pas Henriette ou Marianne aller " aux spectacles, aux promenades, aux assemblées... ". L'émancipation de la maîtresse stimule les désirs de sa soubrette.

Le second tableau évoque la coquette après une mauvaise nuit; toute la journée est organisée en fonction de son visage, tous ses gestes ne visent qu'à faire de sa fatigue un attrait de plus. Pour la dépeindre, Marivaux n'hésite pas à employer des termesq réalistes, tels que " yeux battus, teint fatigué ", qu'il reprendra avec plus de précision dans " le jeu de l'amour et du hasard ", lorsque Silvia décrit la femme de Tersandre : "  Je la trouvai tout abattue, le teint plombé, avec des yeux qui venaient de pleurer. " Il excelle surtout à reproduire le dialogue, les minauderies et même les silences des personnages; ce que dans sa haine, Cléanthis pressant les moindres réactions de sa maîtresse, peut-être en songeant à celles qu'elle aurait elle-même; aussi déclare-t-elle : " nous autres esclaves, nous sommes doués contre nos maîtres d'une pénétration !... oh ! ce sont de pauvres gens pour nous... ", aveu qui fit sourire la société de 1725, mais qui devait faire frémir celle de 1793. Peut-être Marivaux se contentait-il de développer le vieil adage latin " tot hostes quot servi ", mais il est plus naturel de penser que ses propres observations lui avaient permis de deviner non seulement les ressorts du cœur humain, mais ses révoltes. Les soubrettes sont les égales en beauté et en intelligence de leurs maîtresses; elles souffrent de leur condition subalterne. Même une Lisette, si fidèle, et si loyale, osera dire à Silvia : " Si j'étais votre égale, nous verrions ! " Cléanthis, dans " L'île des esclaves " est maintenant la supérieure. Pourquoi se gênerait-elle ? Dans le domaine du cœur, valets et servantes ne se reconnaissent pas la moindre infériorité. Le naïf Arlequin de " La double Inconstance " n'est  nullement impressionné par le prince. Qu'il aime ailleurs, dit-il, à Trivelin, qui lui annonce l'amour du prince pour Silvia, sa fiancée " car il n'aurait que la femme, moi j'aurais le cœur... "

L'étranger de Camus

Introduction

Les jeunes existentialistes ont pu se sentir concerné par l'œuvre de Camus.

Un monde informe

" L'étranger " est-il une démonstration que le monde est absurde ?
" L'étranger " veut nous donner le sentiment de l'absurde.

Ce monde qui répondait aux exigences de la raison de Roquentin et de sa sensibilité, perd toute consistance : les mots se détachent de leur sens et prennent  un aspect étrange, les êtres et les choses cessent de s'intégrer à une vision cohérente pour surgir dans une complète gratuité. Son regard s'attarde sur les vis brillantes qui se détachent des planches du cercueil, sur les visages des amis de sa mère, chargés de peu de signification à ses yeux. A partir du procès l'univers sentimental de Meursault s'organise étrangement : ainsi sa mère à qui il ne pensait que par association d'idées avec le chien de Salamano lui fournira-t-elle à la fin du roman une image de tendresse et d'espoir.
Camus a toujours dit qu'il ne considérait pas la découverte de l'absurde comme une fin en soi, mais comme un point de départ.
La vérité est que Meursault ne saurait être considéré sans ambiguïté comme un " exemple " à suivre, non plus que comme un symbole négatif de la nature humaine..
Meursault nous parle. L'étranger nous prouve qu'entrer dans l'intimité de quelqu'un, c'est presque à coup sûr le comprendre et l'excuser.
Nous ne pouvons que reconnaître une prise de conscience chez Meursault, découvrir en même temps que lui son attachement aux êtres et aux choses. Disons en totu cas de Meursault qu'il est une victime, victime d'une société qui a besoin de tout savoir, de tout expliquer, et qui préfère à l'homme l'idée qu'elle s'en fait. Pour avoir été lui-même, Meursault ne peut attendre aucune indulgence.

Le déroulement du procès ressemble si bien  à une comédie que l'avocat de Meursault et le procureur apparaissent comme des complices plutôt que comme des adversaires. Les personnages sont vus au travers d'une vitre.... Mais au fur et à mesure que progresse le procès, la vitre disparaît. Tant qu'il était en deçà de la vitre Meursault n'était qu'un spectateur neutre; mais à partir du moment où le monde va prendre un sens pour lui, il trouvera intolérable que la pantomime continue, qu'on prétende l'y inclure, et il se révoltera.

La critique politique.jpg

Le pere Goriot.jpg

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Date de création : 05/10/2015 . 20:51
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C'est une habitude chez certains en France de critiquer le pouvoir en place, dès qu'il est en place. Stupidement reprochant même parfois ce qui était dans le propre programme de ces gens.

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