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Parler, connaître, agir

Parler est-ce connaître ou agir ?
 

kant :" Toutes nos connaissances débutent avec l'expérience... La connaissance par le sens a déjà quelque chose d'une science... la science est une vision exacte des sens...

Pascal ( Pensées ) : " Nous connaissons par la raison mais aussi par le cœur. "

Connaître, c'est identifier, classer : ex : Le flamant rose est un échassier.
La connaissance évolue par correction de ses premières erreurs.
Agir, c'est transformer.
La pensée est une activité mentale.
la parole est une activité sociale, nous communiquons avec les mots


 

Ne connait-on que par la science ?

Étapes préliminaires : Constatation, réflexion avant de poser le problème...

Ex : la science apparaît souvent comme la discipline la plus sûre de la pense humaine.
Sens exact de connaître...
étymologie.
Sens et limites de la science, concept...

Science = ensemble de vérités reliées par une méthode
Autre définition : démarche rigoureuse d'observation de phénomènes choisis en vue de définir une théorie

Questions à se poser : La science est-elle un moyen de connaître ?
Est-ce un moyen sûr ?

Est-elle source de toute connaissance ?
Est-ce un moyen suffisant?
Les autres moyens sont-ils efficaces ?
La science se construit-elle sur le vécu, le connu ?
Connaître est-ce saisir par les sens ?

Sens = outil défectueux
Est-ce saisir par le concept?
Le concept est-il universel ?
Le " moi " de chacun déforme-t-il la connaissance du réel ?

Tentative d'introduction

Depuis plusieurs siècles, tous les espoirs ont été mis dans la science. Elle parvient plus que la philosophie, aux yeux du chercheur, comme aux yeux du non chercheur, à faire admettre que les connaissances qu'elle permet d'acquérir sont certaines. On pourrait donc admettre en effet que la science et elle seule nous donne une connaissance véritable. Toutefois, dès la fin du XIXe siècle, les chercheurs eux-mêmes dénoncent une certaine faiblesse de la science :

" La science ne progresse que par erreurs " affirme de son côté Bachelard. Teur résoudre ces opinions divergentes, nous allons nous demander d'abord en quoi consiste cette connaissance scientifique ?
 

Indiquer comment on va aborder l'étude en soulevant aussi le problème de la connaissance.
Connaissance de qui ? Monde, autrui, soi ?

 

Thèse : On ne connaît que par la science

Pascal : les deux infinis. " L'imagination se lassera "

Newton : la gravitation universelle. Tout ce qui découle d'expériences peut-être considéré comme vrai.

Caractères généraux de la science : elle rejette toutes les interventions de l'imagination, de la croyance, des puissances occultes, de notre être intérieur qui peut être trahi, manipulé, maladroit. La science s'efforce de rendre les choses intelligibles à l'homme. Elle substitue par exemple aux notions de froid ou de chaud, trop subjectives, des mesures... Elle s'efforce de faire en sorte que l'homme, grâce à sa raison, comprenne. Elle nous donne du monde une interprétation rationnelle, accessible à la majorité des hommes. En cela, les sciences expérimentales ressembleraient aux mathématiques, aux méthodes déductives, sur lesquelles rêvait de s'appuyer Descartes.

Le monde que la science expérimentale nous révèle

Pascal nous a fait prendre conscience de " l'infiniment grand ". La terre n'est qu'un infime élément dans le firmament et les étoiles sont à des années lumières de nous.

Pascal nous a également révélé " l'infiniment petit ", du sang dans les veines, des gouttes, des vapeurs....La science moderne a décomposé ces vapeurs en molécules, en atomes dont le noyau doit être grossi des milliards de fois pour être vu à l'œil nu.
Ce monde  dont les " deux infinis " nous déconcertent. n'a été véritablement observé et démontré que grâce à la science.

La science dans ses applications pratiques nous a permis de découvrir le monde par avion. Nous ne faisons plus le tour du monde en 580 jours comme l'avait rêvé Jules Vernes, mais en quelques jours. Quelques heures suffisent pour relier Paris à New York. Nous connaissons chaque jour grâce à la science, un peu mieux le mode que nos ancêtres.

Toute affirmation scientifique peut être soumise au contrôle expérimental, mais l'expérience ne suffit pas. Une fois les expériences observées, il faut les comparer, les classer et en tirer une théorie. Kant : " mais si toutes nos connaissances commencent avec l'expérience, il n'en résulte pas qu'elles dérivent toutes de l'expérience. " Si  l'idée : " la terre tourne " est une évidence. Elle ne l'a pas été pour tous les hommes dans l'histoire. Nous observons donc les expériences avec des idées préconçues.
Illusion des sens : la vue peut baisser. La pensée corrige l'illusion d'optique. ( mythe de la caverne de Socrate )

Pour Kant, nous ne connaissons pas les choses elles-mêmes (noumènes).
Pour Alain : "
On n'observe jamais que ce que l'on a supposé ". Il faut être savant pour comprendre une expérience.
Après l'expérience, le scientifique généralise en théorie au moyen de raisonnements plus ou moins intuitifs ( analogies, associations d'idées ). Ex : l'électron positif a été prévu avant son observation directe.
Conséquences : rigueur du concept scientifique. Le concept, instrument privilégié de la connaissance scientifique est le fruit de la raison, de l'esprit qui selon Kant met de l'ordre dans la perception extérieure. Toute notre connaissance selon Kant commence par les sens et passe par la raison. L'espace qui nous entoure, nous le construisons en associant nos diverses sensations : vue ( table, chaise dans une chambre ), toucher ( bois, plastique ), déplacement ( de la table au lit...), auxquelles nous lions le concept " espace " ( symboles mathématiques, espace, verticales transmis depuiq  des générations par Euclide ou Einstein. Acquisition quasi définitive et à travers le temps, le concept s'enrichit, le concept de masse immuable autrefois, augmente avec la vitesse. Donc la sensibilité physique et raison, compréhension, sont  nécessaires et inséparables.

" Des pensées sans matière sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles " affirme Kant.La justesse des résultats sera garantie par l'utilisation de l'outil mathématique. Toute imprécision est bannie. Toute connaissance scientifique exige que l'on soumette les intuitions ( c'est-à-dire les impressions que nous laissent nos sens face au monde extérieur) aux concepts qui sont la forme intellectuelle de nos connaissances extérieures.
 

Critiques et objections

Face à un même fait nous réagissons différemment. Dès l'expérience, contrairement à ce que dit Bacon, pour qui : " l'esprit est une table rase sur laquelle viennent se déposer les expériences " , déjà intervient la pensée.
On n'est jamais sûr de la justesse de la théorie.
L'impossibilité d'une prévision exacte de certains phénomènes est aujourd'hui admise. La science de l'électricité, des ordinateurs nous révèlent que les notions intellectuelles doivent être perpétuellement corrigées et le " scientisme " né de l'enthousiasme du XIXe siècle pour la science a perdu de sa crédibilité.

Critique : Bergson pour qui la science n'est qu'une construction artificielle parce qu'elle est l'œuvre de l'intelligence " qui est incapable de saisir le fond des choses "

Descartes : accorde à la raison une certaine infaillibilité mais la raison, elle, n'est qu'une habitude de penser née souvent des nécessités vitales ou de l'orgueil de l'homme qui a toujours voulu dominer le monde. Il se croyait autrefois le centre de l'univers. La réalité de nos connaissances du monde, c'est celle que nous désirons.

Nous voyons les choses comme à travers des lunettes ou comme des ombres ( mythe de la caverne de Platon )
L'esprit modèle la matière selon son désir

 Ne connait-on donc que par la science ?
Bachelard : " La science ne progresse que par erreurs "
La justesse d'une théorie peut être modifiée par les événements au cours du temps.
La science procède par bonds et retournements successifs. Claude Bernard a  bien expliqué ce processus : à partir d'une observation contredisant une théorie en vigueur naît une intuition  qui pousse le scientifique à élaborer une expérience; celle-ci décidant de la justesse de l'intuition.
Les réponses données par la science ne sont ni définitives, ni fausses mais partielles. L'évolution amène les hommes de science à reconsidérer les questions. La science tournée vers le progrès reste ouverte à la nouveauté. Il convient donc d'accepter les réponses proposées par la science comme une étape et non comme un aboutissement.
La connaissance scientifique laisse échapper pour Bergson ce qu'il y a d'unique, d'original. Comme elle est intéressée ( résultat, progrès utile, sorte de pragmatisme ), elle laisse échapper les problèmes humains ( destinée, liberté, conduite ) qui relèveraient non de la science mais de la philosophie .

Connaître, c'est aussi autre chose

Souvenons-nous du mythe de la caverne ( Socrate )

Ne pouvons-nous cependant plus comme Descartes douter de tout. Compte tenu de la pluralité des opinions et des illusions des sens, il n'était sûr d'aucune connaissance. ela a conduit au doute méthodique : " Je pense donc je suis ". Mais tout vouloir vérifier conduit aussi au scepticisme: le  " Que sais-je ? " de Montaigne
* Il est des connaissances qui ne dérivent pas de l'expérience. Les mathématiques sont un pur produit de la raison..

* Le monde n'apparaît jamais identique à lui-même, dix ans après et pour une même personne. La connaissance est donc subjective et elle dépend de la personne. La médecine elle-même a d'abord été appelée un art.
* Nos sens évoluent avec l'éducation

La science fait progresser l'humanité, mais elle laisse le philosophe rechercher la vérité pure, le bien, l'existence de Dieu, les questions de foi...

Socrate : " Connais-toi toi-même "

Pascal : " Nous connaissons par la raison mais aussi par le cœur " ( la foi )

Stendhal : " cristallisation "

Mais l'amour est aveugle, il aime sans connaître.
La philosophie, autrefois reine des sciences est devenue un art de vivre. Dans son sens premier elle aurait permis de comprendre plus globalement l'homme et le monde. Elle ne se limite pas aux objets perceptibles mais cherche le pourquoi des choses (  métaphysique ), alors que la science se limite souvent au " comment " .
La vie, il n'en est nullement question dans la biologie, la vie n'est pas un instrument scientifique rigoureux. Le vivant ne peut être étudié qu'à travers des exemples comme les dinosaures ou les araignées aveugles des grottes préhistoriques...

La connaissance de l'homme et de soi

Elle ne peut être scientifique. Nous connaissons l'autre par ses gestes, ses dires, ses goûts, ses attitudes.
J'apprends aussi à me connaître à travers autrui. Enfin Freud nous a révélé qu'une partie de la connaissance humaine est refoulée dans l'inconscient de chacun et souvent inaccessible.

Or, apprendre à se connaître, n'est-ce pas analyser sa pensée donc philosopher ?
La biologie qui ne considèrerait le vivant que comme une machine reproductrice chargée d'hérédité commettrait des erreurs et la médecine ne peut plus travailler sans la psychologie. L'angoisse entraîne des maladies et l'être vivant forme un tou qu'on ne peut disséquer.

Le sens de l'existence

relève de la métaphysique
La morale est aussi objet de connaissance  et elle reste soumise à la science. Enfin la science ne peut pas résoudre tous les problèmes : psychologiques, sociaux ou politiques mais les thèses philosophiques, théologiques, métaphysiques ne pourront jamais être soumises au contrôle expérimental.

L'homme ne pourra jamais cesser de se poser des questions sur son destin, mais l'homme équilibré qui saurait unir réflexion et expérience, sans prétendre détenir la vérité, la connaissance toujours inaccessibles dans l'immédiat, lutterait tout de même contre le positivisme qui tend à étouffer le monde des sentiments, de l'art, des illusions.
Sans culture, sans musique, sans lectures, sans espoir... L'homme dépérirait.

Le langage


 

Wittgenstein : " Les limites de mon langage sont les limites de mon monde ".
Le signe linguistique est-il naturel ou artificiel ?
Signe = signifiant / signifié. Signifié désignant le sens du mot, le concept, la représentation mentale de l'objet; signifiant étant sa représentation graphique ou orale du mot.
 Le rapport qui unit le signifiant et le signifié est-il naturel ? Existe-t-il au-delà du langage une pensée inexprimable ? Ou bien " tout l'art de raisonner se réduit à l'art de bien parler ".  ( Condillac )




1 ) Langage, langue, parole

La langue, c'est différent du langage. La langue représente un système particulier de mots, fixé dans une société donnée ( langue française, anglaise... )
Le langage est la fonction générale de communication.
La parole est un acte individuel par lequel s'exerce la fonction du langage.
Le langage est la faculté d'exprimer verbalement sa pensée. Le sens du mot s'étend à tout système de communication et de signes : art, informatique, gestes, signaux, regards...



Le signe et le symbole

" Le lion symbole de la magnanimité, le renard de la ruse, le cercle de l'éternité. " ( Hegel )
Symbole = liaison entre la représentation sensible et le concept.
Signe = pas de liaison, de rapport naturel entre signifiant et signifié. La preuve en est que le même signifié " chien " changer de signifiant d'une langue à l'autre.



Identification

Le langage se trouve lié à la pensée et permet sa communication. Il est sujet à controverses depuis l'antiquité.
A travers le signe, l'homme peut deviner l'action qui se prépare.
Le signe est le premier langage : gestes, mimiques, cris, cinéma muet...




Platon : Hermogène contre Cratyle


Réflexion philosophique : pour Cratyle, les mots imitent les choses; pour Hermogène, ils sont conventionnels. " Le change-t-on, le second n'est pas moins juste que le premier " .



Saussure, partisan d'Hermogène ( début XX e )


Créateur de la linguistique. Pour lui, le signe est arbitraire et conventionnel : " preuve, les différences entre les langues ".


Critique de la théorie Saussurienne E. Benveniste


Pour lui, il existe une relation nécessaire puisque le signifié " bœuf "est forcément identique dans sa conscience au signifiant ( ensemble phonique ) [bœf]. Ils ont été créés en même temps dans mon esprit et s'y évoquent ensemble en toutes circonstances. Ce qui est arbitraire, c'est l'attribution, au départ de tel signe à tel objet. D'ailleurs, l'acquisition des idées chez l'enfant est liée à l'acquisition du vocabulaire.


Parler pour ne rien dire

Pourquoi est-il si difficile de se faire entendre et d'écouter l'autre ?
Histoires de projections, d'émotions... Le malentendu est au cœur de la communication. ( Isabelle Taubes )


Pour les psychanalystes et les psychologues, le malentendu est la norme des échanges. Même des individus passionnés par des thèmes similaires, des causes identiques, trouvent le moyen de ne pas s'entendre, de ne pas s'écouter, de ne pas se comprendre. rien de plus logique selon l'historien des idées Marc Angenot. A travers nos échanges, nous cherchons moins à dialoguer, à informer ou à nous entendre mutuellement qu'à jouir d'avoir le dernier mot.

En 1830, le philosophe Arthur Schopenhauer rédigeait déjà un petit traité intitulé  " L'art d'avoir toujours raison " : trente huit stratagèmes pour terrasser l'adversaire même en ayant tort. Régulièrement, nos discussions n'ont d'autre but que de renforcer nos nos convictions de départ. débattre serait surtout une façon de dire : " J'existe " ! Et c'est ainsi que nos conversations prennent trop souvent la forme de monologues... où chacun attend impatiemment que l'autre se taise pour embrayer...
Écouter et entendre semblent être des actions élémentaires : il suffit de prendre le temps, de se rendre disponible, de respecter l'autre, d'essayer d'adhérer à sa façon de voir les choses pensons-nous. En réalité, nos peurs et nos conflits internes tendent à nous rendre sourds.

Objet de la linguistique

La linguistique est la science du langage.
Le langage se présente à nous, extérieurement comme un instrument de communication entre les hommes; il apparaît partout où des hommes vivent en société, et il n'existe pas de langage qui soit pratiqué sans servir de moyen de communication :

Le langage est très divers dans ses manifestations; il se réalise sous des formes extrêmement variées.
 

La linguistique, clés : langage et communication

Qu'est-ce qu'un langage ?  " N'importe quel moyen de communication entre les êtres vivants. "

Le rire, les larmes, la peinture, la sculpture, la musique, le cinéma, les spectacles, le catch, un math, un office religieux, le code de la route ou de la mer, le chant des oiseaux, les cris, les danses, les frottements d'antennes de certains animaux, le choix de couleur de certains vêtements, le choix d'un plat pour les fêtes, le choix des meubles, du style d'une maison, les règles d'une civilisation... Tout est langage.
Par contre tout cela n'est communication que s'il y a intention.

Le port d'une veste peut avoir dix motivations différentes : je veux faire comme tout le monde par pur conformisme; ou bien c'est un cadeau que je n'ai pas choisi, ou bien c'était la dernière, ou la seule de ma taille dans le magasin; ou bien c'est ma couleur préférée, quelle que soit la mode; ou bien enfin, je veux paraître à la mode....C'est une communication, c'est un message.

Combler la distance
 

Le langage est une tentative pour combler la distance qui nous sépare d'autrui. Mais jamais nous ne rencontrons " l'être " de l'autre. Pire encore : il y a presque toujours erreur sur la personne. A qui s'adressent réellement la plupart de nos demandes ? A des individus qui, inconsciemment, nous rappellent nos premiers " autres " nos parents, nous apprend la psychanalyse !
Freud a découvert un mécanisme psychique de nature à favoriser les malentendus et à parasiter la communication : la projection. " La projection vous renvoie à une vulnérabilité enfantine première ", explique la psychanaliste Virginie Megglé. Aussi pour améliorer nos capacités à entendre les autres, nous conseille-t-elle d'apprendre " à nous mettre à l'écoute de l'enfant que nous avons été et de nous réconcilier avec lui ". Un premier pas indispensable si nous voulons renoncer à polluer nos relations et nos discussions par nos projections. Pour écouter et échanger, il est nécessaire d'être à la fois capable de dire " je " et d'accorder une place à un " tu ".
Des parents qui prescrivent à leur enfant ce qu'il doit éprouver et penser, et nient  son ressenti réel, risquent d'en faire un handicapé de la communication. Ainsi que des parents incapables d'exprimer leurs envies et leurs désirs. Plus rarement des tendances dépressives peuvent expliquer un repli sur soi ou un narcissisme démesuré, et empêcher de trouver l'autre franchement intéressant.


Pause silence pour la réflexion

" Il faut d'abord se taire pour bien parler ensuite " affirmait l'abbé Dinart en 1771 dans " L'Art de se taire " . La pause silence est un temps nécessaire pour analyser, comprendre et surtout, écouter. Mais le silence fait peur.

Quel est le secret des bons communicants ? Entre la peur du silence et la menace du malentendu, comment s'en sortir ?
Grâce à une meilleure connaissance de soi. En cessant de nous prendre pour celui que nous ne sommes pas. Généralement, une assez bonne image de soi, pas grand chose à prouver et peu de pulsions agressives font d'un individu un bon écoutant.
 Il est bon d'apprendre à repérer le mode de communication de l'autre pour faire passer plus facilement notre propre message. Il faut faciliter les échanges en douceur alternés avec une écoute respectueuse, même en cas de désaccord.

Sommes-nous dépendants des autres ?
Comme l'écrit Marie-Hélène Léon, docteur en psychologie : " Chaque être humain est relié à l'autre dans la chaîne de la vie sociale; et dans la chaîne globale de la vie, chaque être vivant dépend de l'autre. " Une dépendance que les mots servent mieux que tout, malgré tout; finalement, peu importe le contenu des messages, nous parlons parce que nous sommes humains...
Pensons à ces conversations inutiles, à bâtons rompus, dans lesquelles il est question de tout et de rien. A ces repas sauvés grâce à des hôtes capables de s'adresser à tous les convives en multipliant les anecdotes, les petites histoires pleines d'esprit. Car, quand " un ange passe ", que le silence s'installe, nos regards gênés ne savent plus où se poser. Et brutalement, chacun se sent vulnérable. Nu face à l'autre, sans voix.



 

Y a-t-il un langage animal ?

" Les bêtes ne pensent pas disait Descartes parce qu'elles ne parlent pas ". Les abeilles peuvent se communiquer de l' information sur les lieux où trouver du pollen. L'information se fait par danses. Mais cela ne signifie pas échange dans le sens de dialogue. L'information aboutit à une certaine conduite et n'amène aucune réponse. L'homme est capable de tout dire, de combiner à l'infini les éléments linguistiques. Ceux de la ruche sont restreints et fixés définitivement, ce sont des codes, des signaux à finalité pratique. 
Un être qui pense réfléchit avant d'agir. Les mots sont les véhicules des concepts. 
Cependant, le chien connaît peu de mots. Il ne peut pas les prononcer, mais il obéit à un signal comme : promenade, viens... "  Mon chien après s'être cogné à une vitre, hésite devant la même porte ouverte cette fois !. J'ai vu aussi mon chien creuser dans un bac de fleurs croyant qu'il communiquait avec le compost situé derrière un muret...Il lui arrive donc de penser ( superficiellement ! ) avec peu de mots...



Le langage, propriété spécifiquement humaine


Boileau : " Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement
                 Et les mots pour le dire arrivent aisément ".
L'homme semble créateur du langage, cet aspect a été souligné par Descartes  et Chomskz. Mais il n'y a pas que les mots pour parler et communiquer... Il y a les signes, les sons et les intonations. Les abeilles, les chimpanzés, les bonobos ont une forme de langage qui leur est propre me semble-t-il ?



Le langage et la pensée : Bergson

Il est lié à la connaissance intellectuelle. 
Il est indissociable de la pensée qui se forme dans les mots. La pensée crée le langage. Le langage enrichit la pensée. Mais le langage ne traduit qu'imparfaitement la vraie vie. Il est adapté à la pratique. Il déforme la vrie vie spirituelle dont nous avons l'intuition.


Le langage et la pensée : Hegel

" Vouloir penser sans les mots, c'est une tentative insensée. " Tout ce que nous saisissons de précis, nous le saisissons par le langage. Pour Hegel, seul le mot détermine, structure et forme la pensée. " Le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie " .


Conclusion : du bon usage des mots
Bergson a eu raison cependant d'insister sur les pièges du langage. Le langage est puissant. Il est outil de compréhension de création et de communication : " L'homme pense sa parole avant de penser sa pensée " ( De Bonald ). Le mot est le véhicule du concept. Mais penser vraiment, c'est donner un sens à ses paroles contrairement au verbalisme. " La vérité disait Saint Exupéry, c'est le langage qui dégage l'universel. " La pensée véritable est universelle, elle est accord de tous les esprits sur le contenu. Le langage porte la pensée, il ne doit pas se substituer à elle. Ceci exclurait les croyances donc.
Wittgenstein : " Ce qu'on ne peut dire, il faut le taire. "


Quels sont les rapports entre langage, pensée et connaissance?

" Tout l'art de raisonner, disait Condillac, se réduit à l'art de bien parler " .Le langage et la pensée seraient donc indissolublement liés. Cependant on se plaint souvent de l'insuffisance du langage et de son impuissance à exprimer toutes nos pensées. Faut-il admettre alors qu'il existe une pensée informulée, indépendante du langage ?

Le langage, bien que ce soit une activité sociale, est la condition de la réflexion, donc de la pensée. On pense toujours grâce aux mots. Nous ne connaissons d'une pensée que son expression verbale.


L'esprit humain saisit le monde dit Kant à travers des cadres " à priori ". Mais, même si le penseur représente ses théories d'abord par des concepts, il ne peut que les traduire en mots s'il veut vraiment les saisir et surtout éclairer les autres. Il doit donc parler ou écrire pour communiquer ses concepts.



 

Rapports de fait entre langage et pensée

 
Des signes aux mots

L'Être intelligent qui perçoit un signe devine par là l'action qui se prépare. Tel fut sans doute le premier langage : gestes, mimiques, cris sont des signes naturels qui ont communiqué d'abord des pensées, des intentions, des sentiments. ( cf l cinéma muet ). Mais à côté de ce langage naturel apparaît bientôt un langage conventionnel constitué par les signes vocaux, c'est-à-dire des mots. par ses origines même, le langage se trouve donc lié à la pensée puisque sa fonction première est de communiquer des pensées.


Des mots aux idées

D'ailleurs l'acquisition des idées chez l'enfant est liée à l'acquisition du vocabulaire. C'est avec les signes que l'enfant reçoit ses premières idées, c'est en s'efforçant de comprendre les signes  qu'il forme ses premières pensées. Comme dit Alain " nous allons aux choses armés de signes "; en essayant les signes reçus du monde humain, nous commençons à penser et c'est en ce sens que " l'homme pense sa parole avant de parler sa pensée " ( De Bonald ). Penser sa parole, c'est donner un sens aux signes, c'est-à-dire penser les choses à travers les mots. On comprendrait ainsi que l'intelligence  ait à la fois précédé l'acquisition du langage et se développe, s'affermisse  chez l'enfant en même temps que le langage.


La pensée " conceptuelle "

" Les bêtes ne pensent pas disait Descartes, parce qu'elles ne parlent pas ".  Un être qui pense réfléchit avant d'agir. Or, réfléchir, c'est se représenter mentalement la situation, le problème et l'action. Et ce sont les mots précisément qui rendent possible cette pensée. Les mots sont en effet les véhicules des concepts, symboles abstraits et généraux qui résument toutes nos expériences, représentent toutes nos connaissances. On appelle pensée conceptuelle cette pensée dont le langage est l'instrument essentiel.


Critique de la pensée conceptuelle

Le langage, selon Bergson, est nécessairement lié à la connaissance intellectuelle. Mais l'intelligence, qui est au service de l'action, ne saisit des choses que l'aspect qu'il est utile d'en retenir pour vivre, c'est-à-dire pour agir : ce qu'il y a d'original et d'unique dans le réel lui échappe. C'est pourquoi son instrument est le concept, exprimé par le mot qui " ne note de la chose que sa fonction la plus commune ". Ainsi, " nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles ". Une connaissance qui voudrait atteindre le fond des choses, devrait donc renoncer à cs intermédiaires déformants que sont les mots. tel est précisément le rôle de l'intuition, connaissance sans concept, qui nous fait pénétrer au cœur des choses.


La nécessité du langage

Mais précisément parce qu'elle est sans concepts, cette connaissance est inexprimable, et il s'agit de savoir si l'on peut considérer la sympathie comme un mode de penser. On reconnaît une vraie pensée à ceci qu'elle supporte l'épreuve d'être repensée par les autres et il faut donc d'abord qu'elle puisse affronter cette épreuve. " Vouloir penser sans les mots disait Hegel, c'est une tentative insensée. Le mot donne à la pensée son existence la plus haute te la plus vraie. " C'est grâce au langage en effet que la pensée peut ne pas s'éparpiller dans la diversité infinie des sensations et se communiquer entre les hommes pour être mise à l'épreuve.



Du bon usage des mots

Bergson a eu raison cependant d'insister sur les pièges du langage. Le mot est le véhicule du concept, mais c'est le sens qui constitue l'élément essentiel du concept. or il arrive souvent que l'on raisonne sur des mots sans se soucier des choses qu'ils représentent , tel est le verbalisme. Penser vraiment, c'est donner un sens à ses paroles, c'est-à-dire un contenu concret aux mots que l'on emploie. Le concept n'est qu'un instrument à saisir les choses. Il faut aussi qu'il y ait accord entre les hommes : " La vérité disait St Exupéry, c'est le langage qui dégage l'universel " ; la pensée véritable est universelle en ce sens qu'elle suppose un accord de tous les esprits sur le contenu qu'il faut donner aux mots.


Conclusion


Comme le dit Hegel, " c'est dans les mots que nous pensons " , mais, si le langage porte la pensée, il ne doit pas se substituer à elle. " Toute la force d'un penseur, disait Alain, est terminée peut-être à savoir ce qu'il est ".

 

La raison et le raisonnement
 
L' homme est un animal raisonnable qui recherche un certain ordre dans les phénomènes : " l'ordre est un ami de la raison et son propre objet ", Bossuet.



 
La raison
 
Les principes rationnels

La raison est formée de principes que l'on peut avec Kant ranger ne trois catégories :
1 Les principes logiques, c'est l'accord de la pensée avec elle-même

2 Les principes qui définissent l'entendement : ex  causalité
3 Les principes régulateurs

Empirisme et rationalisme


Pour le rationalisme : Descartes, Leibniz ou même Kant, ces principes sont innés, c'est-à-dire universels et nécessaires, donc immuables. Mais sous l'influence de la physique moderne, de la sociologie et de la psychologie de l'enfance on a tendu peu à peu à admettre des thèses empiristes qui considèrent les principes relationnels comme acquis. Cette acquisition dépendrait pour certains de l'expérience individuelle qui fait de la raison une habitude, ou de l'expérience ancestrale, pour Bergson qui voit les origines des principes dans les exigences de la vie pratique, ou de l'expérience sociale, pour les sociologues qui considèrent que la raison est fille de la cité.

Raison constituante et raison constituée

La raison constituée est capable d'évoluer et la raison constituante est une tendance fondamentale.. En fait c'est seulement la  " mentalité " qui change. Elle subit les influences extérieures, la raison peut ainsi être déformée ou masquée.. La raison ne doit pas évoluer, elle doit se dégager peu à peu à la sortie de l'enfance.

Le raisonnement : qu'est-ce que raisonner ?

Raisonner, c'est chercher la cause. Il est de la nature de la raison de concevoir ce qui paraît juste et nécessaire. Elle établit des relations logiques, telle conséquence qui découle de tel principe, tel phénomène qui est l'effet de tel autre.



Le raisonnement déductif

La déduction est la conséquence d'un principe. Le raisonnement déductif conclut qu'une proposition est vraie parce qu'elle est la conséquence d'une autre proposition dont la vérité est admise ou connue. Il y aurait contradiction à admettre des principes en refusant leurs conséquences.


Le raisonnement inductif

Induire consiste à faire une hypothèse sur la cause d'un phénomène.  Le raisonnement inductif conclut qu'une hypothèse est vraie, lorsqu'on en peut tirer des conséquences vérifiables, prouvées, vraies. Il faut prouver la vérité des principes. Il faut savoir cependant qu'on peut tirer des conséquences qui peuvent paraître vraies, de principes faux. Toutefois, si les conséquences vérifiées sont nombreuses et précises, il nous paraît invraisemblable  que l'hypothèse soit fausse, parce que notre esprit répugne à admettre l'intervention du hasard.
L'induction formelle va de l'énumération de tous les cas particuliers à l'énoncé d'une règle générale. Mais elle risque de ne se construire que par accident s'il s'agit de plusieurs cas particuliers.

Conclusion

Raisonner, c'est toujours comprendre : retrouver dans les phénomènes comme les discours, la raison.



 
Penser est-ce agir ?
 
Il y a une différence entre la pensée et l'action. Il y a une différence entre le travail de l'ouvrier et celui de l'ingénieur. Pourtant, si l'homme à ses début a commencé à penser, c'est bien pour subvenir à ses besoins et donc pour agir en quelque sorte.
L'étonnement devant le monde, la nature, le réel a conduit à comparer, à admirer et à penser.
Il y a donc un rapport entre pensée et action comme il y avait un rapport entre pensée et connaissance.
Or la pensée est indissociable du langage.


Le langage est nécessaire pour connaître et agir :
Le langage, c'est la pensée traduite en mots, elle est éclairée par la connaissance.
La pensée, par le langage trouve les moyens d'agir. Mais l'action à son tour a besoin d'être repensée au moment des problèmes : par exemple en politique ou pour un problème social. Car aucune connaissance ne reste à l'état de concept ou de mots. Les vérités découvertes se pratiquent, se corrigent.
L'action sert de contrôle pour la pensée, d'expérience.

Langage, pensée, connaissance et action se complètent. La pensée traduite en mots est informe, l'action vérifie et modifie la pensée, la corrige, lui redonne forme.



Pensée et volonté

" On ne pense pas ce que l'on veut " dit Alain, la pensée est un chemin tortueux. La vérité se dérobe malgré les théories qui se multiplient. On ne croit savoir quelque chose disait Valéry, que lorsqu'on s'arrête de chercher la vérité. Mais la croyance est loin d'être une certitude... La recherche de la vérité est pleine de contradictions. La vérité est inséparable de l'histoire qui l'a fait naître.

La connaissance serait une aventure dans laquelle nous serions " embarqués " pour parler comme Pascal, sans savoir où nous allons. Il y a toujours en nous un je ne sais quoi qui nous échappe. Nous avons le sentiment d'être libre alors que même la pensée, notre pensée apparaît souvent comme quelque chose d'extérieur à nous.

Pourtant les cartésiens ont soutenu que la forme supérieure de notre liberté était la pensée. Elle est la caractéristique de l'humain.

Où est le juste ? Si nous isolons une pensée, il y aura toujours un " pourquoi ou un comment " à cette pensée. Elle peut être transmise par le milieu, la religion, le pays, l'expérience. Elle peut être une évidence plus forte que notre volonté : " le ciel est bleu" !!! Évidence qui nous prive de notre liberté ou de notre volonté. Nous devenons spectateur passif du monde et de phénomènes prédéterminés.

Mais la volonté n'est-elle pas elle aussi prédéterminée ? Illusion ? Ignorance des causes qui nous font agir ?

En réalité le " ciel est bleu" n'est pas une pensée pure, mais un " objet" extérieur. C'est cet objet qui est déterminé. Nous ne pouvons pas créer les objets. Ils sont là à priori. La pensée obéit à la raison. Nos pensées ne sont pas libres, ne sont pas en notre pouvoir parce qu'alors nous pourrions penser n'importe quoi !!! Dire même que la terre est cubique. La pensée n'a pas le droit de s'éloigner du vrai. La pensée pour les cartésiens doit être un effort vers la vérité. Descartes y va par le " doute méthodique ". Il s'achemine du faux vers le vrai... et cet acheminement n'a rien contre sa liberté puisqu'il le poursuit volontairement. C'est un engagement. La servitude n'est pas dans l'impossibilité de se tromper, mais de rester dans l'erreur sans faire l'effort de s'acheminer vers la recherche de la vérité.

Donc si nous pensons, nous sommes obligés d'aller vers le vrai, nous ne sommes donc pas libres, notre volonté est impuissante, mais la pensée étant un moyen d'atteindre la vérité, de la comprendre, elle devient instrument de pouvoir. La pensée n'est pas en notre pouvoir, mais elle devient notre pouvoir. Elle n'est pas libre, mais elle est l'instrument de notre liberté, de ce que les Grecs appelaient " le Vrai ". La vraie pensée est concrète, elle affirme notre pouvoir sur le monde. L'idée pure est vaine si elle ne correspond à aucune expérience.

Il y a donc deux sortes de pensée. L'une permet d'analyser l'expérience, elle s'appuie aussi sur notre histoire... L'autre appartient à un domaine invérifiable et transcendant. La première affirme notre puissance et donne naissance à la science, l'autre est la métaphysique dans laquelle nos pensées nous échappent. Grâce à la science nous nous approprions peu à peu la réalité, et même si nous ne sommes pas libres de penser, nous devenons puissants en nous appropriant cette pensée. L'idée pure n'est que le produit du raisonnement. C'est un produit libre de la pensée, un produit statique, artificiel. Mais un produit faux parce que le raisonnement s'arrête... IL n'y a aucun cheminement de la pensée, aucune expérience pour la contrôler. Souvent elle reste dans l'erreur, sans admettre qu'il peut y avoir erreur. Et là, nous devenons esclaves d'une pensée non vérifiable et souvent transmise.


Penser par soi-même

" On ne pense pas ce que l'on veut " affirme Alain. La pensée s'imposerait à nous. Et pourtant nous avons l'impression d'être libres de penser !!! Pour Descartes, c'était la forme supérieure de notre liberté. La pensée serait un chemin tortueux, un effort vers la vérité.



 
La conscience
 
Mots et citations :
C'est savoir que l'on est
. Dès qu'il y a vie, il y a conscience.
L'oracle de Delphe dit à Socrate le secret de la sagesse : " connais-toi toi- même ".
" Je pense donc je suis ". Descartes
" Le corps est un accident de l'âme " Descartes
" L'âme doit être dans nos corps comme un pilote dans un navire ". Platon
" Penser, c'est dire non, qu'importent nos pensées, penser mal, c'est toujours penser " Alain
cf le poème " la conscience " dans la légende des siècles :
" l'œil était dans la tombe et regardait Caïn " Hugo; difficile de se mentir à soi-même.
Les jurés doivent juger en leur âme et conscience.
Être, ce n'est pas seulement exister, mais avoir conscience d'exister.

On appelle " conscience ", " l'intuition plus ou moins claire, plus ou moins complète qu'a l'esprit de ses états et de ses actes. " Lalande
Le concept de " conscience " est relativement récent. il appartient à une tentative pour définir l'humain.
Il est connaissance plus ou moins claire qu'un sujet possède de ses états, de ses pensées et de lui-même.
" La conscience est objet de la réflexion " Descartes
La conscience distingue l'homme de l'animal.
C'est avant tout une unité, une activité de synthèse.
Husserl a montré que la conscience n'a rien d'intérieur, elle ne peut exister que tournée vers le monde. Pour lui la vie intérieure est un mythe.
Enfin si Descartes était dualiste, si pour lui la conscience se différenciait du corps pour  certains philosophes après lui, elle ne se distingue pas du corps.



La conscience distingue l'homme de l'animal

Sous ces deux significations : conscience spontanée ou irréfléchie ( sentir, imaginer ) et conscience réfléchie ( sorte de dédoublement du sujet se saisissant lui-même en tant que conscience ), la conscience est ce qui définit l'homme car l'animal en reste au simple sentiment de soi, l'homme se saisit comme un " moi " c'est-à-dire qu'en plus de sa réalité il s'accorde une certaine dignité, la dignité humaine.


Le cogito :

Descartes a parlé de la conscience comme de la terre natale de la vérité. Pour lui, au sein même du doute universel, la vérité finit par surgir. Le " Je suis, j'existe " représente l'évidence de la réflexion.
Le " cogito ergo sum " exprime cette naissance historique du sujet pensant. ( Descartes discours de la méthode )
L'essence de l'homme c'est la pensée.



Unité de la conscience :

Qu'est-ce que la conscience ? " Le cogito " est d'abord unité et effort de synthèse. C'est la synthèse de la conscience qui établit un lien entre les différents éléments de la représentation.

Le cogito pratique

Quand l'homme se contemple intérieurement, la prise de conscience apparaît comme
l'acte intellectuel par lequel il réfléchit sur la pensée, c'est l'introspection ou réflexion. " L'homme se pense " dit Hegel dans l'Esthétique.

Sous l'angle pratique, la conscience nait de l'activité. Nous extériorisons alors notre " moi ". La conscience communique sa structure aux objets qui " prennent l'aspect de l'esprit en perdant leur caractère farouchement étranger ". Hegel


Le concept  d'intention dans l'aspect conscient

Avec Husserl la philosophie a approfondi l'aspect actif de la conscience. Selon lui : " toute conscience est conscience de quelque chose. " C'est l'idée d'intention : toute conscience vise un objet. La conscience est une projection de sa propre personnalité dans le monde.

Le mythe de la vie intérieure

" La conscience n'est pas intériorité, c'est un travail moral de formation de soi à travers les choses." (Sartre )


La conscience et le corps : la position cartésienne

Relations réciproques entre l'esprit et le corps. Pour Descartes en effet, la conscience et le corps, tout en étant distincts sont pourtant en union étroite. La conscience n'est pas seulement logée dans le corps comme un pilote dans un navire, elle forme un tout avec celui-ci. Ex: douleurs soudaines à l'estomac = faim ( cf: Descartes dans les Méditations métaphysiques )


La conscience est donc pour ainsi dire le corps

La pensée après Descartes va encore plus loin. Elle identifie totalement la conscience et le corps. Même dans le christianisme, si nous voulons sauver la conscience, nous devons sauver le corps aussi.

 


Conscience et volonté
Il semble que Selon le sens commun, il faille ajouter d'autres éléments à la conscience. Être consciencieux, en effet, ce n'est pas seulement connaître le bien et l'aimer, mais encore s'efforcer de le faire. En ce sens la conscience se confondrait avec ce que Kant appelle " la bonne volonté ", en entendant par là " non un simple vœu mais l'appel à tous les moyens dont nous pouvons disposer ". La conscience c'est la résolution de faire de son mieux ( CF. notamment la conscience professionnelle ). Du point de vue strictement moral, un homme animé de cette résolution mais n'aimant pas le bien ou se trompant sur lui, serait supérieur à un homme qui connaîtrait et aimerait le bien mais n'aimerait pas le faire. Toutefois la bonne volonté ne suffit pas à elle seule à définir la conscience, qui implique donc : d'une part la connaissance et l'amour du bien, d'autre part la volonté de le faire.
 
La mémoire
 
La conscience va de pair avec la mémoire. Sans mémoire nous ne serions que des esprits momentanés sans souvenirs : mémoire réfléchie, spontanée, conscience de l'histoire.  Comment sont acquis, conservés et rappelés les différents souvenirs ?

Explication intellectualiste :
En fait on peut se demander s'il y a vraiment réapparition des images du passé et si le souvenir n'est pas plutôt reconstruit. Cette reconstruction serait l'œuvre de l'intelligence. Nos repères sont sociaux, on utilise des calendriers... Se souvenir, ce n'est pas voir le passé réapparaître, c'est le revivre, c'est-à-dire plus ou moins le recréer.

 
Les conditions de l'acquisition et de l'oubli
A) Mémoire motrice
Acquise par les habitudes. L'agréable et l'intelligible se retiennent mieux.
B ) La mémoire représentative
Les souvenirs qui se fixent le mieux sont ceux qui nous ont le plus affectés. Pour Bergson il y a une mémoire pure et une mémoire-habitude, des images-souvenirs ( clairs et organisés ).
B ) La mémoire historique ( repères sociaux )
L'amnésie est une maladie, c'est l'oubli du présent.
Rivarol : " La mémoire est toujours aux ordres du cœur. "


Explication physiologique :

Les souvenirs se conserveraient dans le cerveau et seraient rappelés sous l'influence d'une excitation extérieure par association d'idées. Cf. thèse des localisations cérébrales.
  Explication spiritualiste :

Pour Bergson et Ribot le cerveau est l'instrument du rappel des souvenirs et non de leur conservation. Seuls réapparaissent les souvenirs qui sont utiles. Les autres restent dans l'inconscient et ne se manifestent que lorsque se relâche notre attention par exemple dans le rêve. Mais le cerveau peut-il filtrer les souvenirs ? Certains souvenirs inutiles réapparaissent aussi...

  Explication intellectualiste :


Le souvenir n'est-il pas plutôt reconstruit. Cette reconstruction serait l'œuvre de l'intelligence et s'appuierait sur les données du monde extérieur, des traces corporelles, des points de repère sociaux ( calendriers ). Se souvenir ce n'est pas voir le passé réapparaître, c'est le revivre, plus ou moins le recréer.
Conclusion : Entre notre mémoire purement intellectuelle ( penser c'est se souvenir ) et une mémoire purement corporelle ( les coutumes ) se situe la mémoire vraie qui est essentiellement affective et n'est qu'une forme de l'imagination.

 

 
L'intelligence


En un sens large, l'intelligence est la faculté de connaître, distinguée des facultés de sentir et d'agir. En un sens plus restreint l'intelligence est la faculté de comprendre après analyse et synthèse par opposition à l'intuition, et d'agir après réflexion par opposition à l'instinct.


L'apparition de l'intelligence

La notion d'intelligence pratique



L'acte intelligent est susceptible de progrès, d'erreurs; il suppose la prévision du but poursuivi, l'intention et la possibilité d'utiliser une même méthode dans des circonstances apparemment différentes. Mais une psychologie plus récente semble s'efforcer au contraire de rapprocher l'homme et l'animal et d'établir, de l'instinct à l'intelligence une certaine continuité. Le développement de l'intelligence pratique ou intuitive précèderait et préparerait l'apparition de l'intelligence.


 

Les faits

Cette intelligence pratique aurait inspiré, la fabrication des outils chez les premiers hommes, certains jeux de l'enfant et certains comportements animaux. C'est ainsi que certains singes sont capables de faire un détour ou de déplacer un objet pour arriver à leurs fins. Dans tous les cas, l'animal agit comme s'il se représentait le but à atteindre et calculait les moyens à employer.


Interprétation

En réalité il ne s'agit pas d'une intelligence pratique selon Descartes pour qui l'animal agit " naturellement et par ressorts ainsi qu'une horloge. Des réflexes suffiraient à expliquer la plupart des comportements animaux. Les autres viendraient du pur hasard.. L'intelligence ne marque pas un fait exceptionnel mais plutôt une façon habituelle d'agir. On peut accomplir un acte intelligent sans être intelligent. Il semble bien d'ailleurs que le comportement vraiment intelligent, dirigé par une idée, n'apparait que chez l'enfant qui est en possession du langage. L'animal en serait incapable.

Ses manifestations essentielles

Le discernement des rapports

Agir intelligemment, c'est agir après réflexion. Lorsqu'on perçoit un rapport entre le but à atteindre et les moyens à employer. Le problème doit être résolu avant mentalement. L'intelligence est liée à la représentation. Le langage permet à l'homme de se détacher d'une situation pour se la représenter. Descartes soutenait : " Les bêtes ne pensent pas parce qu'elles ne parlent pas. " et Hegel : " C'est dans les mots que nous pensons. " Un concept exprime des rapports entre des sensations, un jugement des rapports entre des concepts, un raisonnement des rapports entre des jugements.

L'invention


Ces rapports ne sont pas perçus directement. L'expérience ne les démontre pas, il faut comme au prémisses de la science les supposer, les inventer. L'esprit n'est pas qu' automatisme comme le pensaient les empiristes. Ce qui nous est donné apparait comme un chaos d'impressions sensibles et le rôle de l'intelligence est de mettre de l'ordre dans ce chaos en établissant des relations. Kant : " Un objet est ce dont le concept réunit les éléments divers d'une intuition donnée. " De même les lois scientifiques sont des hypothèses destinées à établir des relations nécessaires entre les phénomènes. L'intelligence loin d'être passive est active, elle est faculté d'invention.

Imagination, Entendement, Volonté

L'intelligence est finalement la faculté d'inventer des rapports destinés à mettre de l'ordre dans les apparences données; c'est la faculté de juger, de lier au moyen de rapports pour comprendre. Mais les liaisons qu'elle établit  correspondent souvent à nos affections, nos désirs, nos passions. L'intelligence n'est vraiment elle-même que lorsqu'elle saisit le réel tel qu'il est. Mais cela est difficile et suppose un effort d'attention et de volonté. Les différences apparentes entre les intelligences tiennent seulement à une plus ou moins grande lucidité, c'est-à-dire à une plus ou moins grande volonté et une plus ou moins grande habitude de juger sans passion.

Conclusion : Chaque homme possède cette faculté de connaître et de comprendre que n'a point l'animal. Mais il s'en sert plus ou moins, s'abandonnant soit aux mécanismes de la mémoire soit aux rêveries de l'imagination. L'homme intelligent, c'est l'homme lucide, et la lucidité ne va pas sans courage.

" L'histoire humaine peut bien dans ses passions, dans ses préjugés, dans tout ce qui relève de ses impulsions immédiates être un éternel recommencement, mais il y a des pensées qui ne recommencent pas, ce sont les pensées qui ont été rectifiées, élargies, complétées. "

Permanece des passions, des préjugés, des instincts : L'idée de l'éternel retour se trouve dans Nietzsche. C'est l'idée de l'unité de l'identité de l'être. L'homme toujours est semblable à lui-même. Il suffit de lire les auteurs anciens pour reconnaître dans l'homme d'autrefois l'homme de toujours. L'histoire de l'humanité c'est l'histoire éternelle, ou comme on le dit familièrement, l'éternelle histoire. les mêmes ressorts qui faisaient agir les contemporains de Socrate font agir les contemporains de Descartes, et nous font agir. Antigone n'a pas d'âge; elle est dans Anouil ce qu'elle était dans Sophocle;  L'ulysse de Giono est semblable à celui qui inspira Homère; les guerres d'aujourd'hui sont,  comme les guerres de Troie, des entreprises humaines : Ulysse est toujours disposé à la paix parce que Andromaque a le même battement de cils que Pénélope. Comment s'expliquerait le succès des tragédies contemporaines qui font revivre les thèmes d'Homère ou de Sophocle si l'homme ne se retrouvait à travers ces personnages antiques ? Tragédie c'est faiblesse et misère de l'homme, et l'homme est toujours en proie aux mêmes misères et aux mêmes faiblesses. Nous retombons toujours dans les mêmes fautes parce que la source même de ces fautes est intarissable, c'est la nature humaine. Les passions de l'homme n'ont point changé. L'amour, la colère, l'envie, l'ambition ne cesseront d'animer les hommes. Achille ne cessera de se retirer sous la tente, et Ulysse de rentrer chez lui en prenant par le plus long. Il se formera toujours pour gouverner la république un triumvirat dont chaque membre ne songera qu'au moyen de se débarrasser des deux autres. L'homme est l'éternel esclave de ses préjugés : quel peuple pourrait se vanter aujourd'hui d'être plus tolérant que les Grecs, qui ont donné le nom de barbare à tout ce qui n'était pas Grec ? Il est aussi l'esclave de ses instincts : le glouton et le débazuché sont des personnages qui ne " datent " jamais. C'est en ce sens qu'on peut dire de l'histoire humaine qu'elle est un éternel recommencement : ce qu'on appelle le coeur de l'homme a été mis à nu bien avant que Baudelaire y songeât, et c'est un même coeur qui bat dans toutes les poitrines depuis  3000 ans qu'il y a des hommes, et qui aiment ...

L'évolution des idées : Mais si les amours humaines ne meurent que pour renaître, il est du moins des pensées qui meurent et ne renaissent pas. Nous retombons toujours dans les mêmes fautes, mais non dans les mêmes erreurs. L'idée fausse qu'on a compris en quoi et pourquoi elle était fausse, on en est délivré. L'héliocentrisme de Copernic a chassé le géocentrisme de Ptolémée, qui ne reviendra plus. Et cela tient à la nature même de la vérité. Aussi la découverte de la vérité se fait-elle par un redressement progressif de l'erreur. S'il y a des pensées qui ne recommencent pas, c'est précisément parce que ces pensées ont été redressées et transformées en des pensées nouvelles. Ainsi l'idée naïve est celle d'un soleil à  deux cent pas, ou,  comme dit Berkeley, d'un disque plat et rouge. mais si je monte sur la montagne et que je ne me rapproche pas du soleil, je suis contraint de rectifier mon idée. D'observations en raisonnements et de raisonnements en observations, je fais reculer le soleil jusqu'à le concevoir comme un globe plusieurs fois plus gros que la terre et situé à des millions de kilomètres. Désormais je ne me laisse plus prendre au soleil à deux cents pas; l'apprence n'a point changé, mais l'idée qui rend compte de l'apparence a été rectifiée. Tout progrès de la connaissance se fait ainsi par des redressements des erreurs premières. sans doute nos idées ne conviennent-elles jamais tout à fait à la nature des choses: " Le rapport des l'idée au fait, disait Alain, est en ceci que l'idée ne  suffit jamais ". Du moins nous approchons-nous sans cesse de la vérité.

Nature et esprit : les âges de l'intelligence : Ainsi le progrès humain ne se situe pas au niveau des passions et des actes mais au niveau des connaissances. la notion même de " découverte " implique l'idée d'un progrès scientifique. Les savants, écartant l'un après l'autre les voiles que tisse l'imagination, nous découvrent peu à peu l'univers tel qu'il est. Il est bien remarquable, d'ailleurs, que l'idée même de progrès ait conquis les esprits à l'époque des succès les plus apparents de la science.

On peut parler d'une nature humaine. Les instincts, les passions, les préjugés relèvent de cette nature et c'est pourquoi ils sont éternels. mais l'esprit est ce qui refuse lza nature et la domine. " Par l'espace, disait Pascal, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends ". Dans la 1 ère moitié du XX e siècle, les travaux de la psychologie de l'enfance, de la sociologie et de la philosophie des sciences ont permis de préciser la notion d'un progrès de la raison. La mentalité de l'enfant n'est pas celle de l'adulte, ni la mentalité du primitif celle du civilisé. Les principes rationnels, que Kant croyait universels, on ne les retrouve ni chez l'enfant ni chez le primitif. Ceux qui ont réfléchi sur l'évolution des sciences admettent qu'il y a des âges de l'intelligence ". Des primitifs à Pythagore et à Platon, de Platon à Descartes, de Descartes à Kant, de Kant à Brunschvicg, la raison évolue et cette évolution est un progrès. " Le monde, écrit Brunschvicg, aurait été sauvé plus d'une fois si la qualité des âmes pouvait dispenser de la qualité des idées ". Et peut-être la qualité des  âmes reste-t-elle la même;  du moins y a-t-il progrès en ce qui concerne la qualité des idées.

Comment comprendre l'évolution des idées:

Il est flatteur pour notre amour-propre de penser que l'humanité atteint enfin à travers nous son âge mûr. L'hypothèse a ce mérite incontestable de rendre compte de l'évolution des sciences. S'il existe un " nouvel esprit scientifique " comme l'affirme M. Bachelard, n'est-il pas naturel de l'attribuer à une forme nouvelle de l'intelligence ? L'hypthèse toutefois reste une hypothèse.

C'est un fait que la science nous fait de mieux en mieux connaître l'univers. On ne saurait nier ses progrès. Le progrès de la science ne peut-il signifier autre chose qu'un progrès de l'intelligence, voila le problème.. Il s'agit de savoir si l'on ne pourrait pas interpréter l'évolution des connaissances humaines sans supposer une évolution de l'esprit humain. Ne pas confondre  l'esprit avec l'ensemble de ses connaissances. L'esprit n'est pas une somme, mais une source. De même ne peut-on supposer que l'accumulation et l'évolution des connaissances que l'esprit engendre ne  changent rien à sa nature d'esprit ? On peut concevoir qu'un même esprit ait engendré la physique aristotélicienne, la physique cartésienne et la physique contemporaine. Il ne faut pas oublier en effet que, selon  la profonde remarque de Comte, la société humaine se caractérise par la solidarité dans le temps, c'est-à-dire par la transmission de génération en génération des acquisitions humaines. L'humanité " se compose beaucoup plus de morts que de vivants " et cela  signifie que ni Aristote ni Descartes ne sont totalement étrangers à l'élaboration de la physique contemporaine. Les conceptes scientifiques sont des acquisitions humaines, des outils à saisir le monde, que chaque penseur reçoit et cherche à perfectionne, quoi d'étonnant si nos outils sont meilleurs que ceux de Descartes ? Les concepts scientifiques que Descartes avait  élaborés, nous les aovns rectifiés, complétés, élargis, comme il l'eût fait lui-même, sans doute, s'il eût été immortel. Cela signifie-t-il que nous soyons plus intelligents que Descartes ? S'il est vrai de dire, avec Pascal, que " toute  la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement ", nous pouvons comprendre le progrès de nos connaissances sans supposer un progrès de l'esprit.

L'intelligence est sans âge :

Il y a d'ailleurs bien de l'ambiguïté dans cette idée de progrès de l'esprit. Que les choses changent, nous pouvons le comprendre. mais l'esprit ? Naissance, maturation changement sont des termes qui n'ont de sens que dans le temps. Le temps est dans l'esprit, mais l'esprit n'est point dans le temps. S'il perçoit le changement des choses et des idées, n'est-ce pas  parce que lui-même ne change pas ? La raison se façonne aux diverses étapes de son histoire.

Les progrès de l'intelligence sont toujours à recommencer :

Mais si nous préférons à l'hypothèse des âges de l'intelligence l'hypothèse d'une intelligence  qui resterait identique à elle-même à travers les âges, ce n'est point sans raisons. Il n'est certes pas interdit de distinguer en l'homme les passions et les idées, le coeur et l'esprit. Mais il ne faut pas oublier ce qu'il y a d'artificiel dans cette distinction. L'homme n'est pas formé de pièces et de morceaux; l'union de l'âme et du corps forme une véritable substance. Cette unité de l'homme fait qu'on ne peut séparer radicalement les pensées et les passions, ou, pour reprendre des termes cartésiens, l'entendement et l'imagination, ou encore dans le style de Comte, l'esprit et le coeur. Telle est précisément la raison pour laquelle il nous parît difficile de croire à un progrès de l'esprit quand on affirme qu'il n'y a pas de progrès au niveau du coeur. " L'esprit doit toujours être le ministre du coeur " disait Auguste Comte, et c'était moins un conseil qu'uns constatation. Cette dépendance de l'intelligence qui ne nous empêche sans doute pas de concevoir un progrès de l'esprit qui consistera précisément  en une libération; mais elle nous donne à penser que ce progrès sera toujours à recommencer. Sans doute y e-t-il des pensées qui ne  recommencent pas si l'on considère l'histoire des sciences. Mais cette histoire est trompeuse. L'homme de science, en effet, vit dans un univers inhumain qui est l'univers réel, lentement découvert par la raison dans son effort pour dissiper les apparences nées de l'imagination, et les fantômes suscités par les passions humaines. On peut parler ici aussi bien d'une découverte que d'une construction ou d'une reconstruction du monde ; l'essentiel du travail scientifique en effet, consiste en cette victoire permanente de l'entendement sur l'imagination, grâce à laquelle on parvient au réel, " contenu de la représentation qu'élabore l'esprit dans son effort pour comprendre " ( Mouy ). mais le réel étant ainsi découvert peu à peu, chaque savant est à même de faire accomplir un progrès à la science: c'est que la victoire que remporte son entendement n'est point sur sa propre imagination mais sur ce qui restait d'imaginaire dans les constructions de ceux qui l'ont précédé. L'ennemi à vaincre lui est en quelque sorte extérieur, et par suite il peut le voir plus nettement. mais quand ce sont ses propres passions, ses propres préjugés qui sont en cause, alors le triomphe de l'entendement est toujours aussi difficile et le plus grand savant de notre siècle n'a point d'autres armes pour se défendre que celles dont disposaient Platon ou Descartes; le doute et la méthode. Assurer chaque démarche de la pensée et progresser par ordre, c'est le devoir constant de l'esprit qui exige le même effort à tout moment. Que cet effort se relâche un instant, et l'on voit revenir les mêmes erreurs, fruits de mêmes passions ; le monde à nouveau se peuple se fantômes, les puissances cachées se glissent dans les choses, la croyance prend la place et prétend à la dignité du savoir. Il est bien remarquable que l'homme de science, lorsqu'il s'aventurer en dehors de sa spécialité, n'est guère moins naïf ni moins crédule qu'un autre homme. Quand il lui faut redresser ses propres erreurs et non plus celles d'autrui, on voit bien qu'une même intelligence est aux prises éternellement avec les mêmes difficultés. Poincarré savait qu'il n'y a point de propriétés magiques dans les nombres, mais il croyait que son esprit continuait à faire des mathématiques pendant que lui  pensait à autre chose. Carrel savait qu'il n'y a point de force cachée qui fasse battre un coeur de poulet, mais il croyait à la thélépathie... Les progrès de la science ne signifient donc pas que l'homme de science soit plus intelligent ni qu'il le soit plus aisément aujourd'hui qu'autrefois.


Conclusion :

Ainsi nous avons vu que la permanece de la nature humaine dans ses instincts et ses passions nous détourne de croire à un progrès de l'esprit. Certes la science redresse lentement les erreurs mais l'effort à faire pour opérer ce changement est toujours le même et toujours l'oeuvre d'un esprit identique. S'il y a progrès, c'est que les concepts scientifiques se détachent pour devenir des outils que chaque génération transmet à la suivante après les avoir perfectionnés. Si des hommes venaient tirer les uns après les autres sur une barre de fer tordue pour la redresser, ils déploieraient tous à peu près une même force et les derniers pourtant seraient plus près du but que les premiers ! Alain avait raison de dire qu'une erreur du grand Descartes est plus vraie que la vérité d'un polytechnicien.

L'attention
 
Le problème de l'attention est lié au problème de la conscience. Est-elle une activité ou un état ?

L'attention peut être volontaire

Nous subissons parfois un dressage social, notre faculté de vouloir n'est pas toujours libre. L'argent ne devrait pas nous intéresser, mais il attire notre attention parce qu'à travers la société , nous sommes conditionnés à y voir ce que nous pouvons acheter ou surtout manger. C'est un transfert d'intérêts, un conditionnement de réflexes qui s'accomplit sous l'influence de l'éducation.

Mais l'attitude physiologique ( manger ) ne précède pas toujours l'attitude psychologique.

Les attitudes corporelles sont variables et parfois opposées selon les individus; elles ne sont pas utiles, car on peut être attentif en ayant l'air distrait, et elles sont peut-être nuisibles. Alain distinguait l'attention nouée et l'attention déliée...

Ce n'est pas aux objets qui nous touchent le plus que nous sommes le plus attentifs mais à ceux sur lesquels nous avons le plus d'idées, de notions acquises, de réflexions ( selon William James ).


Insuffisance de l'explication sociologique

Il existe bien une attention spontanée indirecte commune aux hommes et aux animaux, mais il existe aussi une attention volontaire véritable qui est spécifiquement humaine. C'est l'attention qui a son intérêt en elle-même, ainsi l'intérêt du collectionneur ou du savant tient à l'acte même de faire attention plus qu'à l'objet considéré. C'est qu'à côté des intérêts proprement vitaux, qui sont liés à des tendances organiques, il y a d'autres intérêts liés à d'autres tendances. : par exemple l'homme prend intérêt à toute action qu'il accomplit librement ( jeux, sports, arts, études ) et la joie qu'il éprouve dans certains de ces cas montre que cette attention répond à une volonté. C'est toute la différence entre " s'intéresser à et être intéressé par ".


Nature psychologique de l'attention

L'attention est donc un acte et non un état. C'est l'activité même de synthèse dont la conscience est le résultat. Faire attention, c'est prendre conscience et la conscience disparaît quand cesse l'attention, par exemple dans le sommeil ou l'hypnose. l'attention est activité de l'esprit utilisant des souvenirs rn vue d'une action. Elle fait peser sur le présent, par exemple, l'expérience du passé.  L'attention conduit à l'organisation.

Conclusion : L'attention est présence d'esprit, présence en ce monde : être distrait, c'est être ailleurs, voire nulle part.



 
La perception ( intellectualisme )

 
L 'idée d'objet

Les caractéristiques de l'objet sont :
- L'extériorité. Percevoir un objet c'est se représenter quelque chose qui est en dehors de nous, c'est-à-dire dans l'espace.
- " Un objet est ce dont le concept réunit les éléments divers d'une intuition donnée " dit Kant, ce qui signifie que percevoir un objet consiste à se représenter quelque chose d'unique aux apparences diverses et qui demeure identique, comme la cire analysée par Descartes.
- L'idée d'objet doit être la même pour tous. Elle doit donc impliquer quelque chose qui s'impose à tous les esprits placés dans les mêmes conditions d'observation. cf le sens du mot " objectif ".

L'objet étant ainsi défini, l'espace dans le quel il est perçu étant universel, l'identification doit venir de l'esprit et non des sensations trop diverses et trop subjectives. Les formes mêmes sont parfois subjectives. L'objet est donc apport de l'esprit dans notre perception des choses.

Intelligence et perception

On peut donc dire avec Alain que l'objet est pensé et non pas senti. percevoir un objet c'est, à partir d'une sensation, faire une hypothèse destinée à en rendre compte et la vérifier. Le point de départ est bien la sensation car " je perçois les choses d'après ce que je sens par leur action physique sur mon corps " mais ces sensations ne sont que des signes et la notion de sensation est d'ailleurs une abstraction. La sensation nous pousse à inventer ou à reconnaître un objet, c'est-à-dire à nous préparer à certaines actions : " la perception est exactement une anticipation de nos mouvements et de leurs effets " et c'est pourquoi il y a des erreurs de la perception improprement appelées erreurs des sens. On voit que la perception est l'œuvre de l'intelligence : " Le réel est le contenu de la représentation qu'élabore l'esprit dans son effort pour comprendre. " ( Mouy. )

Conclusion

Percevoir c'est penser.


 
L'invention
Conditions sociales

Une invention ne peut se produire que si les conditions sociales le permettent. cela explique qu'une même invention puisse être faite au même moment par des chercheurs différents.  De même dans les arts toute création suppose un public. Il faut penser aussi au génie propre de l'individu dans certaines conditions sociales aussi, mais cela ne signifie pas qu'une invention soit plus sociale qu'individuelle.


Nature de l'invention

Il y a une apparence mystérieuse à toute invention et c'est ce que signifie la notion populaire d'inspiration. L'inspiré serait l'instrument d'une force surnaturelle : " les poètes disait Platon sont les interprètes des dieux ". Mais peut-être que si on trouve plus facilement la solution d'un problème après un travail inconscient de l'esprit ou une nuit de sommeil, c'est simplement parce que étant reposé, on a l'esprit plus vif.



 
Le concept
 
Contre Aristote qui affirmait l'antériorité du concept sur le jugement, il faut considérer que le concept est déjà l'œuvre du jugement puisqu'il consiste à unifier une diversité d'impressions sensibles. Concevoir c'est déjà juger. Penser, c'est relier, la conscience est synthèse et il n'y a pas de connaissance qui résulte de la pure intuition d'un objet donné . " Un objet est ce dont le concept réunit les éléments divers d'une intuition donnée. " Kant

Concept et expérience

L'empirisme pour qui : " Il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait été auparavant dans les sens ", nie l'existence du concept sous prétexte que les sens ne peuvent nous fournir que des sensations concrètes. L'erreur de l'empirisme est de vouloir expliquer le concept à partir de la perception, alors que la perception suppose le concept.


Concept et société

Les concepts nous sont fournis par la société avec la langage : " Nous allons aux choses armés de signes " ( Alain ). Et tout progrès de la connaissance va de l'abstrait au concret. Penser, c'est donner un sens au langage.



 
L'intuition

Pour Bergson " l'intuition est une connaissance comparable à l'instinct et au sens artistique qui nous révèle ce que les êtres sont en eux-mêmes par opposition à la connaissance de l'intelligence qui nous fait saisir du dehors ".On parvient à l'intuition grâce à un effort, on se débarrasse des habitudes intellectuelles de penser. C'est un mode de connaissance original qui nous fait saisir les réalités dans ce qu'elles ont de plus profond, qu'il s'agisse de soi-même, d'autrui ou des choses.
 


Le jugement
 
Kant a dit : " Penser c'est juger ". On peut considérer le jugement soit comme un produit de la pensée soit comme l'acte même de la pensée.

 
Le jugement dans la pensée
 
Le jugement des réalités consiste à affirmer les faits, les jugements de valeur proposent un idéal.
Mais il y a aussi des jugements synthétiques à priori ( 7 +  5 = 12; la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre; tout phénomène a une cause...) et les jugements synthétiques à postériori ou jugements d'expérience :  ( les corps sont pesants ).

Définition : le jugement réalise l'unification de nos représentations diverses et nous permet de prendre conscience de notre unité.

Formation du jugement : Le jugement est objectif mais il part d'une sensation à laquelle il s'associe. Quand je soulève un corps, j'ai une impression de poids, mais, je dis que les corps sont pesants. J'associe une pensée subjective à une réflexion objective. Le jugement n'est pas le simple produit d'un mécanisme mental, il est invention de l'esprit et c'est pourquoi tout jugement comporte un risque. Mais les jugements qui se forment tout seuls sans réflexion objective, ne sont que des préjugés. Cela soulève le problème de la croyance...


 
La pensée dans le jugement

L'intellectualisme

Selon Spinoza, l'esprit qui conçoit ne se distingue pas de l'esprit qui juge, c'est-à-dire que l'entendement ne se distingue pas de la volonté. Les idées s'affirment d'elles-mêmes, avec plus ou moins de force il est vrai, selon leur plus ou moins grande clarté. Le doute n'est jamais volontaire, il est incertitude et l'incertitude tient seulement à la présence en nous d'idées contradictoires qui ne peuvent être que des connaissances par ouï-dire ou par expérience vague. L'erreur n'est pas un jugement positivement faux mais seulement une idée insuffisante.
 
Le volontarisme

Pour Descartes au contraire, l'erreur est positive. Nous sommes responsables de nos erreurs, il dépend de nous de les éviter en suspendant notre jugement tant qu'un doute est possible, tant qu'on ne parvient pas à des idées parfaitement claires. Le jugement est l'œuvre de cette volonté.
 

Le jugement vrai

Il est impossible de ne pas affirmer ce qui paraît évident selon Spinoza. Dans ce cas il faut distinguer les jugements où la volonté est poussée par l'imagination de ceux où la volonté  est liée à l'entendement. " Ce que le désir engendre est toujours ce qu'il y a de plus clair " dit Valéry. Or l'erreur vient toujours du fait que l'on juge après des affections corporelles, des coutumes... La maîtrise de soi est donc la condition du jugement vrai et le rôle de la volonté dans le jugement consiste essentiellement à repousser les idées que propose l'imagination pour penser selon l'entendement. D'où la nécessité d'une éducation du jugement par laquelle on s'exerce à juger d'abord les choses qui nous touchent le moins.

Conclusion : Il faut gouverner ses pensées : penser = peser et c'est fonction du penseur, non de la balance selon Alain; " il serait ridicule si, au moment de juger, je regardais seulement de quel côté j'incline " .



La connaissance d'autrui

Puisque nous vivons en société, un problème essentiel pour nous est celui des relations entre les hommes. Il ne faut pas isoler la personne du reste du monde. Descartes aurait peut-être dû dire : " Je vis donc la société est ".
De nos jours la connaissance d'autrui a pris de la valeur pour l'entreprise, le commerce, la publicité.... Le problème intéresse aussi les sociologues, les psychanalystes, les psychologues et les biologistes. Il ne faut pas non plus négliger l'étude des caractères, de la personnalité.

Ce qu'on peut voir le plus facilement dans autrui, c'est son corps. Par la voie des sens, chacun nous apparaît à travers diverses sensations : tactiles, acoustiques ou spatiales. On distingue un corps dont on peut donner le signalement, l'enveloppe corporelle, avec ses signes particuliers comme dans les cartes d'identité. On distingue aussi les tics, les gestes habituels... Mais si cela permet de différencier au premier abord, les humains, tout cela ne nous renseigne pas sur le caractère d'autrui.
Mais l'homme est depuis longtemps considéré comme un composé. Ce composé est pour certains fait d'un corps, de vêtements et d'une âme; pour d'autres il s'agit d'esprit.
Parler des vêtements, n'est pas une plaisanterie. Le choix, l'entretien, la manière dont est porté un vêtement révèlent quantités de traits de caractère chez un individu. Celui qui soigne sa mise fait preuve de coquetterie, ou obéit aux critères d'un rang social. La modestie, la pudeur, la simplicité, la négligence, la vanité, l'époque ou encore son attachement ou non à la mode sont autant de traits révélés par la tenue. C'est ainsi que sont nés les termes de dandy ( recherche de la fantaisie artistique ), de snob (se conforme jusqu'à plagier )...Que l'on songe à Diderot et à son texte si connu à propos de ses regrets " sur sa vieille robe de chambre ". L'auteur avoue que les longues raies noires étaient les marques qui restaient de sa plume essuyée; elles sillonnaient le vêtement usé et restaient la caractéristique de l'écrivain au travail. Avec la nouvelle robe de chambre, il n'avait plus l'air que " d'un riche fainéant ". " On ne sait plus qui je suis ".
En élargissant l'idée de " moi matériel ", en en faisant un symbole, on peut considérer que le lieu de vie donne comme le vêtement une idée de la personne. Son goût peut nous paraître bon ou mauvais, on peut considérer qu'il est ordonné ou désordonné, qu'il a ou n'a pas de tact. Diderot lui-même établissait un lien entre ses bibelots, ses meubles, ses tableaux et son caractère. Mais toutes ces remarques sont loin d'être scientifiques. Certains objets peuvent avoir été donnés, hérités...Enfin, il y a le " moi " dans le monde.

A ce moi qui correspondrait à " l'avoir " de chacun, plus ou moins précis, s'ajoute le " je" , le " sujet " , " l'être " qu'il soit âme ou esprit. S'il est assez facile d'interpréter " l'avoir " de chacun, connaître son être est très difficile, parfois on se heurte à une barrière infranchissable. Nous pouvons considérer toute la vie passée, tout le vécu...

Commençons comme le voulait Sartre par le regard; car le regard de l'autre nous montre que nous pouvons devenir " objet " d'étude pour lui. Mais cela ne nous permet pas de le connaître, même s'il quitte la position " d'objet d'étude " pour devenir éventuellement " sujet ", " être ".
Ce qu'il faut, dirait Bergson , c'est se transformer pour essayer de coïncider avec " l 'être " de l'autre, de s'en rapprocher au point de le comprendre., de comprendre ce qu'il a d'unique, voire d'inexprimable. Seule la sympathie totale, l'amour sans doute, pourraient permettre cette compréhension.

Connaissance et raisonnement

Notre connaissance d'autrui repose ordinairement sur une interprétation de son aspect physique ( physionomie, regard, attitude ) et de ses comportements ( actes, paroles ). cette connaissance résulte d'un raisonnement analogique : nous concluons qu'autrui quand il a telle attitude éprouve le même état d'âme que nous éprouvons quand nous avons la même attitude. Un pareil raisonnement est évidemment trompeur. Aussi la psychologie expérimentale a-t-elle cherché  à fonder une interprétation plus objective du comportement ( méthode des tests ).Cependant l'interpréattion ne fournit jamais qu'une connaissance artificielle et superficielle. Aucun être en effet ne se montre tout entier dans ce qu'il dit et ce qu'il fait. Il peut avoir " ses idées de derrière la tête". ou son " arrière-boutique " ( Montaigne ) dont rien n'apparaît à l'extérieur.

Connaissance et intuition

Aussi certains auteurs ont-ils prétendu que la connaissance d'autrui était moins l'oeuvre de l'intelligence que celle du sentiment. Selon le bergsonisme par exemple il faut faire un effort d'intuition pour se placer à l'intérieur même de la personnalité de l'autre. A travers certaines attitudes, gestes ou comportements, sont immédiatement perçus des états d'âme. La voix, l'écriture, les gestes d'une personne pourraient révéler au premier abord : colère, amour, orgueil...Il est certain que nous percevons directement des significations dans les attitudes d'autrui, mais les signes nous trompent souvent car ils peuvent résulter du naturel. Il faut se garder de juger autrui à partir de ses impressions immédiates que son attitude produit en nous, parce que ces impressions dépendent de nous autant que de lui.

Connaissance et amour

Le mal que nous avons à nous connaître nous-mêmes devrait nous rendre prudents quand nous jugeons autrui. " On ne connait jamais un être dit un personnage de Malraux, mais on cesse parfois de sentir qu'on l'ignore ". Il n'y a peut-être pas de connaissance d'autrui. Il n'y a pas de vraie connaissance de l'homme si l'homme est un être libre et non une chose. Il faut reconnaître en autrui son semblable et se fier à lui en supposant toujours de lui le meilleur. On peut ainsi se tromper; du moins a-t-on chance d'obtenir que l'autre se montre sous son meilleur jour, c'est-à-dire fasse effort, afin de mériter notre confiance, pour réaliser autant que possible cet idéal qu'il porte en lui et que nous aimons. Ce qui élève un être et le fait être ce qu'il doit, c'est l'estime que d'autres ont placée en lui. Il faudrait donc aimer autrui sans trop se soucier de le connaître.

Toute connaissance de l'homme est connaissance des faiblesses de l'homme.


Date de création : 11/04/2008 . 18:43
Dernière modification : 10/11/2013 . 10:37
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